2026-01-23
DÉVELOPPEMENT 1: Le 22 janvier 2026 cinq membres du Conseil Présidentiel de Transition
d'Haïti ont signé une résolution pour destituer le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé de ses
fonctions. Les signataires Fritz Alphonse Jean, Leslie Voltaire, Louis Gérald Gilles, Edgard Leblanc
Fils et Smith Augustin représentent une majorité de l'organe de neuf membres. Le membre du CPT
Leslie Voltaire et le Président pro tempore du CPT Edgard Leblanc Fils ont publiquement confirmé
l'action le 23 janvier déclarant que le Conseil remplacerait le Premier ministre dans un délai
maximum de trente jours. Voltaire a indiqué qu'il y aurait une pause pour permettre aux groupes
politiques de négocier un arrangement de succession acceptable avant l'expiration du mandat le 7
février 2027.
Le gouvernement des États-Unis a répondu avec une sévérité extraordinaire. L'ambassade
américaine à Port-au-Prince a émis un avertissement le 21 janvier déclarant que toute tentative de
modifier la composition du gouvernement à ce stade avancé serait considérée comme une manuvre
visant à saper les objectifs de transition et serait donc nulle et non avenue. Le bureau des Affaires
de l'Hémisphère Occidental du Département d'État a escaladé le langage le 22 janvier qualifiant les
membres du CPT poursuivant cette voie non de patriotes haïtiens mais de criminels comme les
gangs avec lesquels ils conspirent. Le Secrétaire d'État Marco Rubio s'est entretenu directement
avec le Premier ministre Fils-Aimé le 23 janvier pour réaffirmer le soutien des États-Unis à son
leadership continu. L'ambassade du Canada a émis une déclaration parallèle le 22 janvier
exprimant une profonde préoccupation et menaçant de mesures contre tout acteur compromettant
la paix et la stabilité d'Haïti.
January 23, 2026
L'action a créé une scission immédiate au sein du Conseil Présidentiel de Transition lui-même.
Laurent Saint-Cyr agissant en tant que Président pro tempore du CPT a émis une déclaration le 22
janvier rejetant tout changement de gouvernement à l'approche de la date limite du 7 février.
Saint-Cyr a averti que remplacer le Premier ministre à ce stade saperait la stabilité institutionnelle et
contredirait les objectifs de la transition. Cela crée des revendications concurrentes d'autorité au
sein du conseil avec cinq membres affirmant le pouvoir de révoquer le Premier ministre tandis que
le coordonnateur et au moins trois autres membres s'opposent à la démarche. La base légale de la
révocation demeure contestée car le décret établissant le CPT le 12 avril 2024 n'accorde pas
explicitement au conseil l'autorité de destituer un Premier ministre en fonction.
Le calendrier amplifie la crise. Avec seulement quinze jours restants avant l'expiration du mandat
constitutionnel le 7 février 2027 le délai de remplacement de trente jours annoncé par Leblanc
s'étend bien au-delà de la période d'autorité légale du Conseil. Cela soulève des questions
fondamentales sur la légitimité de la succession et crée de multiples scénarios de paralysie de la
gouvernance. Les acteurs internationaux y compris les Nations Unies ont explicitement appelé à
éviter la fragmentation politique et à assurer la continuité pendant cette phase critique. Les
États-Unis et le Canada se positionnant comme opposants explicites de la majorité du CPT créent
une pression externe sans précédent sur les arrangements institutionnels domestiques d'Haïti avec
des sanctions potentielles ou des actions de visa contre les cinq signataires maintenant une
possibilité réaliste.