2026-02-13
DÉVELOPPEMENT 3
Le Conseil Supérieur du Pouvoir Judiciaire a adopté la Résolution No. CSPJ-SP/02-2026/887 le
10 février, interdisant formellement toute participation politique aux juges. La résolution a été
signée par les huit membres du CSPJ, dont le président Jean-Joseph Lebrun et le
vice-président Barthélemy Alténor. L'article 1 interdit aux juges de tous niveaux et rangs toute
participation aux activités politiques et leur demande de rester en dehors de l'arène politique.
L'article 2 interdit tout comportement, déclaration ou action susceptible de compromettre leur
devoir d'impartialité ou de nuire à l'image et à la dignité de l'institution judiciaire. L'article 3 établit
des sanctions disciplinaires pour les violations.
La résolution ferme directement la porte aux scénarios proposés lors des négociations de
transition post-CPT dans lesquels un juge de la Cour de Cassation serait installé comme
président provisoire. Divers acteurs politiques avaient plaidé pour cet arrangement, mais la
February 13, 2026
décision du CSPJ indique maintenant clairement que tout juge acceptant un tel rôle ferait face à
des sanctions disciplinaires. Cela représente l'affirmation institutionnelle d'indépendance de la
magistrature à un moment où le pouvoir exécutif est concentré dans les mains du Premier
ministre Fils-Aimé sans contrepoids présidentiel.
Le calendrier de la résolution est significatif. Elle a été adoptée le 10 février, trois jours après
l'expiration du mandat du CPT le 7 février, et publiée le 12 février. Cela suggère que le CSPJ a
anticipé ou répondu aux propositions qui ont émergé lors des derniers jours des négociations
du CPT concernant des structures de gouvernance alternatives. En établissant une interdiction
explicite, le CSPJ a retiré une catégorie de solutions de contournement constitutionnelles
potentielles qui auraient pu être utilisées pour installer un président provisoire en dehors du
processus électoral.
Pour les parties prenantes internationales, cette résolution clarifie les paramètres juridiques
dans lesquels la transition doit opérer. Le calendrier électoral du 30 août se poursuit avec
Fils-Aimé détenant le pouvoir exécutif en l'absence de toute désignation de président provisoire.
Le pouvoir judiciaire a tracé une limite institutionnelle claire et a signalé qu'il ne fournira pas une
feuille de vigne juridique pour des arrangements politiques qui compromettent l'indépendance
judiciaire. Cela réduit les scénarios dans lesquels des factions politiques concurrentes
pourraient revendiquer la légitimité sur la base de la participation judiciaire.