2026-01-30
DÉVELOPPEMENT 3: L'opposition plurielle et le MORN mobilisent des manifestations jusqu'au 7 février exigeant le
départ du CPT et des cadres de gouvernance alternatifs
L'opposition plurielle a annoncé des manifestations le 29 janvier jusqu'au 7 février exigeant le départ du CPT et
l'installation d'un juge de la Cour suprême comme chef d'État tandis que le MORN a tenu une manifestation le 30
janvier au Parc Midore s'opposant au maintien du PM Fils-Aimé après le 7 février et dénonçant les sanctions de
visa américaines comme du chantage. Le père Amorce Georges a déclaré qu'Haïti ne devrait pas se soumettre aux
pressions externes et a plaidé pour la souveraineté politique et économique. Le président de Fierté Nationale
Haïtienne Joseph Junior Michel a appelé à une transition bicéphale de courte durée plutôt qu'à la poursuite de la
gouvernance CPT-PM. La CARICOM organise une réunion virtuelle avec les acteurs politiques haïtiens et la société
civile pour faciliter le consensus mais le MORN a souligné sa préférence pour un résultat motivé principalement par
les acteurs haïtiens suggérant une méfiance envers la médiation internationale.
Les mobilisations de l'opposition représentent une pression de rue croissante contre les scénarios de consolidation
exécutive Saint-Cyr Fils-Aimé. La demande de l'opposition plurielle pour l'installation d'un juge de la Cour suprême
reflète l'interprétation constitutionnelle selon laquelle l'autorité judiciaire devrait assumer la gouvernance intérimaire
si le mandat du CPT expire sans successeur élu. La caractérisation des sanctions américaines comme du chantage
par le MORN capture les préoccupations de la société civile selon lesquelles la position intransigeante de
Washington favorisant Fils-Aimé constitue une ingérence étrangère dans les processus politiques souverains
d'Haïti. Les manifestations jusqu'au 7 février créent une fenêtre de volatilité où les mobilisations de rue pourraient
dégénérer en confrontations avec les forces de sécurité ou déclencher l'exploitation par les gangs de l'instabilité
politique.
La réunion virtuelle de la CARICOM représente la dernière opportunité de médiation avant le 7 février avec le
Groupe de personnalités éminentes engageant les acteurs politiques haïtiens et la société civile. Cependant la
préférence déclarée du MORN pour un résultat dirigé par les Haïtiens indique le scepticisme concernant la
facilitation internationale particulièrement compte tenu des positions américano-canadiennes favorisant la continuité
Saint-Cyr Fils-Aimé. Le risque est que le dialogue de la CARICOM ne produise aucun cadre de consensus laissant
des revendications de légitimité concurrentes entre le gouvernement de transition Saint-Cyr Fils-Aimé soutenu par
les États-Unis et le Canada et la coalition opposition-société civile exigeant une gouvernance alternative. Les huit
jours restants représentent la dernière fenêtre d'Haïti pour une transition négociée mais les modèles de mobilisation
suggèrent que l'opposition de la société civile contestera l'autorité de Saint-Cyr Fils-Aimé post-7 février.
Les manifestations se produisent alors que le contrôle territorial des gangs reste inchangé à 90 pour cent de
Port-au-Prince avec des cas de violence sexuelle triplant et 8100 décès enregistrés de janvier à novembre 2025.
L'environnement opérationnel limite la capacité de l'opposition pour des mobilisations de masse soutenues compte
tenu des contraintes de sécurité mais les manifestations ciblées dans des lieux symboliques comme le Parc Midore
démontrent la détermination de la société civile à défier la consolidation exécutive. Le positionnement des partis
politiques reste fluide avec l'UNIR le FNC l'OPL et Pitit Dessalines n'ayant pas encore émis de déclarations
définitives acceptant ou rejetant les scénarios de continuité Saint-Cyr Fils-Aimé.
January 30, 2026