2026-01-30
DÉVELOPPEMENT 1: La résolution 2814 du CSNU prolonge le mandat de la BINUH jusqu'en janvier 2027 mais
critique l'impasse politique huit jours avant l'expiration du CPT
Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté à l'unanimité la résolution 2814 le 29 janvier prolongeant le
mandat de la BINUH pour un an jusqu'au 31 janvier 2027 et révisant ses fonctions principales pour prioriser la
facilitation du dialogue inter-haïtien, l'assistance électorale, la réduction de la violence communautaire, la
conception de programmes de désarmement et réintégration, et la surveillance de la violence des gangs et des
violations des droits humains. Le vote 15-0 a reflété le consensus du Conseil selon lequel l'engagement politique
international soutenu reste essentiel malgré une frustration croissante face au leadership fracturé d'Haïti. La
résolution coparrainée par les États-Unis et le Panama fournit une continuité institutionnelle alors qu'Haïti fait face à
sa crise de gouvernance la plus aiguë depuis la formation du CPT en avril 2024 avec huit jours restants jusqu'à
l'expiration du mandat constitutionnel de l'organe de transition le 7 février 2026.
L'Associated Press a rapporté que le Conseil de sécurité a critiqué les autorités haïtiennes pour le manque de
progrès dans la réalisation d'un consensus politique avant la date limite du 7 février. Le communiqué de presse de
l'ONU a déclaré que l'adoption d'aujourd'hui intervient alors que certains membres du CPT ont tenté de limoger le
PM Fils-Aimé le 21 janvier avec le mandat du Conseil devant se terminer le 7 février soulignant la pression
temporelle pesant sur la classe politique haïtienne. L'AP a noté que le CPT est censé se dissoudre d'ici le 7 février
mais il n'est pas clair si cela se produira capturant l'incertitude entourant la transition. L'ambassadrice américaine
Locetta a utilisé la session pour réaffirmer le soutien indéfectible des États-Unis à Haïti et déclarer que le maintien
du PM Fils-Aimé est essentiel dans la lutte contre les gangs armés et le rétablissement de l'ordre public tout en
réitérant la position du secrétaire Rubio selon laquelle le CPT doit être dissous d'ici le 7 février sans que des
acteurs corrompus cherchent à interférer dans le processus électoral d'Haïti à des fins personnelles.
January 30, 2026
La République démocratique du Congo parlant au nom du Liberia et de la Somalie a souligné la nécessité de
s'assurer que la BINUH dispose des moyens et des ressources nécessaires pour aider les Haïtiens à restaurer la
sécurité, la stabilité et l'État de droit. Cependant le fonds fiduciaire de l'ONU pour la Force de suppression des
gangs n'a reçu aucun nouveau don depuis août 2025 et ne détient que 113 millions de dollars sur les 800 millions
nécessaires annuellement. Le Plan de réponse humanitaire 2026 recherche 880 millions pour 4,2 millions de
personnes mais 2025 a vu Haïti comme l'un des appels humanitaires les moins financés au monde. La réalité
opérationnelle est que le mandat politique renouvelé de la BINUH se heurte à des contraintes de ressources qui
peuvent limiter la capacité de répondre aux attentes du Conseil de sécurité.
Le vote de résolution s'est produit alors que les gangs contrôlent maintenant 90 pour cent de Port-au-Prince et se
sont étendus dans la campagne de l'Artibonite employant le meurtre, l'enlèvement et la violence sexuelle en toute
impunité. Médecins Sans Frontières a rapporté le 28 janvier que les cas d'agression sexuelle à sa clinique de
Port-au-Prince ont triplé en quatre ans avec plus de 100 victimes attaquées par dix agresseurs ou plus à la fois.
Plus de 8100 personnes ont été tuées en Haïti entre janvier et novembre 2025 représentant une augmentation de
20 pour cent par rapport aux 5600 décès de 2024. Le renouvellement du mandat du Conseil de sécurité préserve
les fonctions de bons offices et de soutien électoral de la BINUH mais la mission opère dans un environnement où
l'État haïtien contrôle moins de 10-20 pour cent du territoire de la capitale et fait face à un vide de gouvernance le 7
février.