2026-01-25
DÉVELOPPEMENT 2: Le Kenya renforce le déploiement à 1 200 personnels tandis que le
calendrier du GSF glisse et que la PNH diplôme 877 agents
Le Kenya a déployé 217 policiers supplémentaires en Haïti le 18 janvier, portant le personnel total
du Soutien multilatéral de sécurité à environ 1 200. Le déploiement représente l'engagement continu
du Kenya en tant que contributeur principal de la mission appuyée par l'ONU mais souligne la
génération de forces internationale lente. Le Conseil de sécurité de l'ONU a autorisé la Force de
suppression des gangs le 30 septembre 2025, avec un mandat pour jusqu'à 5 550 personnels,
pourtant seulement 1 200 sont déployés quatre mois plus tard. Le représentant spécial du GSF Jack
Christofides a annoncé le 22 janvier que les premiers nouveaux contingents au-delà du Kenya
n'arriveront pas avant avril 2026, avec un déploiement complet projeté en octobre 2026, laissant les
forces de sécurité haïtiennes en sous-effectif durant la période de transition critique de février.
Les 877 nouveaux agents de la PNH diplômés le 23 janvier représentent l'ajout de classe unique le
plus important des dernières années et le premier produit tangible du programme P4000. Toutefois,
l'efficacité demeure incertaine car les agents n'ont complété que quatre mois de formation, un
calendrier compressé comparé aux académies de police standard, et se déploieront dans des
zones contrôlées par les gangs où les opérations de la PNH ont tué 50 civils et déplacé 5 800
personnes depuis le 1er janvier. Le directeur général de la PNH André Jonas Vladimir Paraison a dit
aux diplômés que leur mission est de combattre les groupes armés, reconquérir les territoires
perdus et permettre aux populations de rentrer chez elles.
Les opérations de la PNH se sont poursuivies tout au long de janvier avec des gains tactiques mais
des pertes civiles croissantes. Entre le 1er et le 18 janvier, la PNH a saisi 25 armes à feu et 14 269
cartouches et arrêté trois trafiquants. Une opération du 20 au 21 janvier à Bercy a tué six membres
de gangs, tandis qu'une frappe du 14 janvier a ciblé le bastion de Delmas 6 du leader de Viv
Ansanm Jimmy Chérizier. Le porte-parole de la PNH Frantz Lerebours a déclaré que les opérations
January 25, 2026
ont réalisé un arrêt net de la nouvelle prise de territoire par les gangs et ont démoli la maison de
Chérizier, réduisant les chances de sa faction de se rétablir dans la zone. Toutefois, les actions des
forces de sécurité ont tué 50 civils et déplacé 5 800 personnes des quartiers de Port-au-Prince
depuis le 1er janvier.
Le GSF demeure sévèrement sous-financé avec le fonds fiduciaire de l'ONU détenant seulement
113 millions USD des 800 millions nécessaires annuellement, et aucune nouvelle donation reçue
depuis août 2025. Les États-Unis ont contribué seulement 15 millions au fonds fiduciaire tandis que
le Canada a fourni 63 millions. Le chef de la BINUH Carlos Ruiz Massieu a averti le 21 janvier que
les gains sécuritaires demeurent fragiles et risquent l'inversion sans pression soutenue et prestation
de services de base. Les gangs contrôlent toujours 80 à 90 pour cent de Port-au-Prince malgré des
parties du centre-ville, du Champ de Mars, de Delmas 19 et de Nazon passant de contrôlées par les
gangs à un statut contesté.