2026-01-08
DÉVELOPPEMENT 2
LA PAUSE DE 25 JOURS À PORT-AU-PRINCE DÉMONTRE LA DISCIPLINE
STRATÉGIQUE DES GANGS COMME LEVIER D'AMNISTIE
La pause opérationnelle de 25 jours à Port-au-Prince du 21 décembre au 8 janvier est
maintenant la plus longue période soutenue sans violence majeure des gangs jamais
enregistrée dépassant toute pause documentée en 2024-2025. Cela démontre la
discipline stratégique des gangs qui contredit les récits de désorganisation des gangs
ou de motivations purement criminelles. En retenant la violence pendant 25 jours
consécutifs tout en maintenant le contrôle territorial de 80-90 pour cent de
Port-au-Prince selon l'évaluation du MOPAL du 4 janvier, les gangs démontrent qu'ils
ont consolidé plutôt que contesté le contrôle. L'affirmation du GSF du 31 décembre de
reprendre les territoires sous contrôle des gangs n'est pas soutenue
opérationnellement par les rapports de terrain.
La sélectivité géographique de la violence révèle une sophistication politique.
Port-au-Prince reste sous pause opérationnelle pendant la période des fêtes et le
compte à rebours du 7 février pour éviter les contre-offensives de la PNH et du GSF.
Pendant ce temps, l'expansion dans l'Artibonite continue avec les gangs utilisant la
pause à Port-au-Prince pour consolider le contrôle du corridor agricole. Le rapport de
l'OCHA du 6 janvier a confirmé que l'attaque de Montrouis du 23 décembre a déplacé
1 052 personnes pendant la pause opérationnelle à Port-au-Prince démontrant que les
gangs maintiennent une capacité offensive en dehors de la capitale tout en exerçant
une retenue à l'intérieur.
L'avertissement du Crisis Group du 15 décembre selon lequel les gangs recherchent
l'amnistie dans le cadre de la transition du 7 février reste l'explication la plus plausible
January 08, 2026
pour la pause de 25 jours. En démontrant la capacité de suspendre la violence, les
gangs créent une position de négociation implicite. Si le gouvernement signale une
volonté de négocier, la pause s'étend jusqu'au 7 février permettant une transition en
douceur. Si le gouvernement maintient la doctrine de non-négociation du 28 décembre,
la violence reprend fin janvier créant un chaos le 7 février qui renforce le levier des
gangs.
Avec 30 jours jusqu'au 7 février, le point d'inflexion critique pour la stratégie des gangs
est la mi-janvier s'étendant du 15 au 20 janvier. Si aucun signal de négociation du
gouvernement n'émerge d'ici là, attendez-vous à une reprise de la violence à
Port-au-Prince pour exploiter la faiblesse politique du CPT. La pause n'est pas une
pacification mais un positionnement stratégique. Plus la pause continue sans
engagement du gouvernement, plus forte sera la reprise lorsque les gangs calculeront
le timing de pression maximale.