2026-02-22
DÉVELOPPEMENT 3: Les réformes institutionnelles de la PNH signalent un changement en matière de
responsabilité
La Direction de la PNH a publié de nouvelles mesures disciplinaires le 21 février, interdisant le port de masques
de type cagoule et de capuches en dehors des contextes d'opérations spéciales désignés et renforçant les
exigences de conformité réglementaire au sein de la force. L'interdiction s'attaque à un problème documenté de
responsabilité : le port de cagoules par des agents individuels a été associé à des opérations extrajudiciaires et a
compliqué l'identification des agents impliqués dans des abus. Un récent rapport du BINUH-HCDH a constaté
que certains agents de police ont sommairement exécuté des enfants accusés d'association avec des gangs,
faisant de l'identification individuelle des agents une priorité de surveillance des droits de l'homme.
Le Ministère de la Défense a publié en parallèle un avis avertissant le public que toutes les communications des
FAd'H sont diffusées exclusivement par les canaux officiels du Ministère et que les appels au recrutement ne
seront émis que par des messages du Haut Commandement. L'avis attribue cette prudence au niveau élevé
d'attention actuel entourant le recrutement, suggérant que les activités de formation visibles des FAd'H et le
départ de la 5e cohorte SABRE ont suscité un intérêt de recrutement non officiel que l'institution ne peut vérifier
ni contrôler.
Pris ensemble, l'interdiction de la cagoule par la PNH et l'avis de communication du Ministère de la Défense
indiquent que les deux institutions de sécurité gèrent les dimensions publiques de la réforme. L'interdiction de la
cagoule, si elle est appliquée, s'attaque directement à une lacune de visibilité que les moniteurs du HCDH ont
signalée comme un obstacle structurel à la responsabilité. L'avis du Ministère de la Défense signale une
conscience institutionnelle que la montée en puissance du profil public des FAd'H comporte des risques pour
l'environnement informationnel qui nécessitent une gestion active.
Pour les observateurs internationaux, les signaux de réforme institutionnelle sont importants car le mandat
recentré du BINUH met l'accent sur le renforcement de la gouvernance et la surveillance des droits de l'homme.
La nouvelle mission BANUH et la mise en place de l'UNSOH portent toutes deux un intérêt institutionnel à savoir
si les forces de sécurité haïtiennes construisent des cadres opérationnels responsables et pas seulement une
capacité tactique. L'interdiction de la cagoule donne au BINUH une mesure de réforme concrète à suivre dans
ses rapports de surveillance.