2026-02-22
DÉVELOPPEMENT 1: Pacte National pour la Stabilité et l'Organisation des Élections signé
Le Premier ministre Fils-Aimé a réuni des dizaines de partis politiques et d'organisations de la société civile à
l'hôtel Ritz de la Rue Panaméricaine à Pétion-Ville le 21 février, où les signataires ont entériné le Pacte National
pour la Stabilité et l'Organisation des Élections, composé de 30 articles répartis en 9 sections. Le document
établit le cadre de gouvernance pour la période de transition post-CPT, créant une architecture institutionnelle
comprenant un Comité Consultatif, des dispositions pour des amendements constitutionnels et un cadre de
mandat conditionné à l'organisation des élections. La signature s'est déroulée dans une atmosphère ordonnée à
l'intérieur de la salle pendant que des militants non invités protestaient à l'extérieur, un détail que Le Nouvelliste
a consigné comme preuve d'un consensus politique incomplet.
La Primature a présenté le Pacte comme une tentative de rétablir le dialogue quinze jours après l'expiration du
February 22, 2026
mandat du CPT le 7 février, positionnant Fils-Aimé comme l'architecte de la voie d'Haïti vers une gouvernance
élue. L'Organisation Internationale de la Francophonie a publié une déclaration reconnaissant le transfert de
pouvoir au Conseil des ministres sous la présidence de Fils-Aimé et réaffirmant son engagement à soutenir la
Force de Suppression des Gangs et à faciliter les efforts de dialogue. L'Initiative de la Société Civile a lancé un
appel parallèle en faveur d'un accord de gouvernance non partisane, signalant que la société civile attend des
garanties supplémentaires au-delà de ce que le Pacte prévoit actuellement.
Cependant, l'analyste juridique La Loi de Ma Bouche a publié le jour même de la signature une critique
constitutionnelle détaillée, soutenant que le Pacte élimine systématiquement les mécanismes qui contraindraient
le pouvoir exécutif. La critique identifie cinq défauts structurels : le Pacte omet la référence du décret du 7 février
à l'Article 149 de la Constitution amendée, qui limite les mandats transitoires à 90 à 120 jours, conditionnant
effectivement le mandat de Fils-Aimé à des élections qu'il organise lui-même ; le Comité Consultatif peut
soutenir, donner des avis et accompagner mais ne possède aucun pouvoir de blocage, de contrainte ou de
censure, faisant de lui un décor institutionnel plutôt qu'un contre-pouvoir ; les Articles 13 à 16 autorisent le
gouvernement à proposer des modifications constitutionnelles, à en déterminer les modalités en consultation et
à les soumettre à ratification lors d'un premier tour d'élections, une procédure que la Constitution interdit sous
forme de référendum ; l'Article 6 accorde des pouvoirs exécutifs dérivés à la fois de la Constitution et du Pacte,
créant un cadre d'autorité à double source sans précédent ; et l'Article 25 confie au Conseil des ministres
lui-même le pouvoir de sanction en cas de violations, créant ainsi une auto-application.
Pour les consommateurs opérationnels, le Pacte représente la réponse de Fils-Aimé au vide de gouvernance
ouvert le 7 février, mais la contestation juridique immédiate et la présence de manifestants à l'extérieur du lieu de
signature indiquent que le cadre ne dispose pas du consensus nécessaire pour fonctionner sans contestation
continue. Les acteurs internationaux devront déterminer si le document offre une légitimité suffisante pour
justifier le financement et la programmation électoraux avant que le déploiement prévu de la GSF en avril ne
crée de nouvelles dépendances opérationnelles à l'égard de la stabilité politique.