2026-02-15

Daily Intelligence Brief (Français) | 11 pages

DÉVELOPPEMENT 1

La dissolution du Conseil Présidentiel de Transition le 7 février a créé la première structure de gouvernance à exécutif unique d'Haïti depuis l'assassinat du Président Jovenel Moïse en 2021. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a assumé l'autorité exécutive complète après un dernier mois tumultueux durant lequel cinq des neuf membres du CPT ont voté pour le destituer, déclenchant une intervention américaine ferme incluant le déploiement de trois navires de guerre à Port-au-Prince et des sanctions de visa contre cinq membres du conseil. L'Ambassade des États-Unis a qualifié la tentative de destitution d'illégale et averti que les politiciens corrompus soutenant les gangs violents paieraient un lourd prix. La France et la CARICOM ont approuvé la transition, le Président sortant du CPT Laurent Saint-Cyr transférant publiquement la responsabilité à Fils-Aimé et soulignant la sécurité, le dialogue politique, les élections et la stabilité comme principes directeurs. February 15, 2026 Cependant, aucun consensus intérieur n'existe sur la structure de gouvernance devant remplacer le CPT. Le Congrès Patriotique pour le Salut National a conclu qu'une direction duale composée d'un président et d'un premier ministre est impérative et a appelé à un gouvernement technocratique neutre. L'ancien membre du CPT Leslie Voltaire a proposé un panel présidentiel de trois membres incluant lui-même, un juge de la Cour Suprême et un représentant de la société civile, bien que la sélection d'un premier ministre soit demeurée non résolue. L'analyse du CSIS décrit Fils-Aimé comme politiquement exposé en raison de la bataille de succession et note que le journaliste haïtien éminent Roberson Alphonse a averti que le premier ministre risque le même sort qu'Ariel Henry, qui a été forcé de démissionner en 2024 après avoir perdu la confiance internationale. La transition s'est produite dans des conditions de fragmentation politique extrême. Haïti compte plus de 220 partis politiques enregistrés qui se sont révélés incapables de s'entendre sur des arrangements de gouvernance intérimaire malgré des mois de négociations. Une enquête de janvier 2025 a révélé que 52 pour cent des répondants ne faisaient pas confiance au CPT et 51 pour cent ne faisaient pas confiance au premier ministre, indiquant une légitimité faible pour les institutions transitoires en général. La CARICOM a reconnu la transition mais a souligné qu'elle devrait être une courte période intérimaire axée sur l'amélioration de la sécurité et l'intensification des préparatifs électoraux. L'absence d'un organe exécutif collectif concentre le risque politique dans un seul individu opérant sans autorité constitutionnelle claire au-delà du cadre transitionnel. L'ancien Conseiller-Président du CPT Frinel Joseph a déposé sa déclaration de patrimoine de fin de mandat au Tribunal de Première Instance le 13 février, mais aucun détail n'a été rendu public et aucun mécanisme de vérification publique n'existe. Cela soulève des questions sur les mécanismes de transparence et de responsabilité pour les fonctionnaires dans l'environnement de gouvernance post-CPT.