RÉSUMÉ EXÉCUTIF
La date révisée du 13 décembre 2026 pour le premier tour du CEP est formellement maintenue, mais les
conditions structurelles d'un vote national crédible demeurent absentes. L'enregistrement des électeurs a cumulé
628 755 nouveaux inscrits dans neuf départements, mais le département de l'Ouest qui comprend
Port-au-Prince et environ 34 pour cent de la population nationale d'Haïti n'a pas bénéficié d'un accès complet à
l'enregistrement depuis le lancement du 20 juillet en raison du contrôle des gangs évalué à jusqu'à 90 pour cent
de la capitale. Le dépôt des candidatures étant clos depuis le 22 septembre et un référendum constitutionnel
étant intégré au premier tour, un vote de décembre disputé ou logistiquement incomplet pourrait simultanément
invalider la course présidentielle et le cadre constitutionnel qui la soutient. Le seul constat actionnable : les
missions internationales devraient commencer dès maintenant à documenter les lacunes d'enregistrement
département par département, car ces lacunes détermineront l'argument de légitimité post-électorale avant
même qu'un bulletin soit déposé.
RÉSUMÉ RAPIDE POUR LES PARTIES PRENANTES
Statut du CEP : La période de dépôt des candidatures s'est close le 22 septembre 2026 ; l'enregistrement des
électeurs se poursuit jusqu'au 13 octobre ; le CEP a publié des dates fermes (premier tour le 13 décembre,
second tour le 21 février 2027) alors que le département de l'Ouest demeure sans accès complet à
l'enregistrement, créant un déficit de légitimité non résolu qu'aucun calendrier public n'a abordé.
Principaux développements présidentiels : Au moins trois candidats à la présidentielle se sont formellement
inscrits auprès du CEP avant la clôture de la fenêtre de dépôt ; le champ présidentiel reste mince et
partiellement obscurci par la question non résolue des candidats sous sanctions, que l'OEA a publiquement
soulevée et sur laquelle le CEP n'a pas encore statué.
Mouvement notable en bas de liste : L'ancien député Jean-David Génesté a déclaré sa candidature au Sénat
dans le département du Sud sous la plateforme multipartite Ayiti Transfòme et a été confirmé par le CEP au 21
septembre 2026 ; la coalition Viktwa, regroupant 52 partis, a été lancée officiellement au Cap-Haïtien le 29 août.
Personnalité clé à surveiller : Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qui gouverne sans conseil de transition
depuis la dissolution du CPT en février 2026 et dont l'autorité issue de l'accord politique est contestée sur le plan
intérieur ses décisions administratives concernant le financement du CEP, l'allocation des corridors sécuritaires
et la décision sur les candidats sous sanctions détermineront si décembre est réalisable.
Risque central : L'exclusion du département de l'Ouest de l'enregistrement complet des électeurs n'est pas une
complication périphérique mais le centre structurel de la question de viabilité électorale ; aucun calendrier
crédible de sécurisation de Port-au-Prince n'a été publiquement confirmé, et la date de décembre tient sur le
papier tandis que les fondements opérationnels qui la soutiennent demeurent gravement incomplets.
DÉVELOPPEMENT 1 : CALENDRIER ÉLECTORAL, CEP ET FAISABILITÉ
Le CEP a publié son calendrier électoral révisé le 27 juillet 2026 depuis Pétion-Ville, réinitialisant officiellement le
premier tour présidentiel et législatif depuis la date originale du 30 août 2026 au 13 décembre 2026. Le second
September 23, 2026
tour, couvrant les élections locales et toute course présidentielle ou législative non résolue, est prévu pour le 21
février 2027. Les responsables ont déclaré publiquement que l'objectif est d'inaugurer un président élu en février
2027. La révision du calendrier représente un glissement de quatre mois par rapport au décret initial et reflète
l'écart entre la préparation administrative et les conditions sécuritaires sur le terrain. Le CEP gère simultanément
l'enregistrement des électeurs, le traitement des candidatures, la consolidation des partis et la logistique d'un
référendum de ratification constitutionnelle intégré au premier tour une charge institutionnelle pour laquelle
aucune évaluation indépendante de la capacité opérationnelle du CEP n'a été publiée à la date du présent
document. Sources : cephaiti.ht (27 juillet 2026) ; Le National (dates multiples) ; Haitian Times (4 août 2026).
L'enregistrement des électeurs a débuté le 20 juillet 2026 dans neuf des dix départements. Le département de
l'Ouest, qui comprend Port-au-Prince, Cité Soleil, et une population de plus de quatre millions de personnes
représentant environ 34 pour cent du total national d'Haïti, a été exclu au lancement pour des raisons
sécuritaires. Le CEP a par la suite établi un point d'enregistrement limité à la zone industrielle SONAPI, annoncé
le 1er septembre 2026, représentant une extension opérationnelle partielle dans l'Ouest. L'enregistrement se
clôture à l'échelle nationale le 13 octobre 2026. Au 21 septembre 2026, le CEP a signalé 628 755 nouveaux
électeurs inscrits. La base de données de l'ONI contient environ 6,5 millions d'Haïtiens, bien que tous ne
possèdent pas de cartes nationales d'identité (CIN) valides. La détention d'une CIN valide liée au système NINU
est une condition préalable obligatoire pour voter en vertu de l'Article 55 du décret électoral de 2026 et des
Articles 16-2 et 17 de la Constitution. Sources : Haiti Policy House Election Tracker (21 septembre 2026) ;
vantbefinfo.com (22 juillet 2026) ; haitiantimes.com (4 août 2026).
L'environnement sécuritaire sous-jacent à cette logistique ne s'améliore pas au rythme requis. L'OIM a recensé
environ 1,47 million de personnes déplacées internes à l'échelle nationale en mai 2026. Plusieurs évaluations
indépendantes, dont celles citées par le Rio Times et Canning House, situent le contrôle territorial des gangs à
jusqu'à 90 pour cent de la zone métropolitaine de Port-au-Prince. La Force de Suppression des Gangs dirigée
par le MSS est en expansion opérationnelle : des membres sri-lankais de la GSF sont arrivés à Gonaïves par
voie maritime en août 2026, ciblant les groupes armés dans l'Artibonite et l'Ouest, tandis qu'une unité navale
bangladaise devrait patrouiller la Baie de Port-au-Prince avec autorité d'inspection des navires. Le rapport
S/2026/574 du Secrétaire général de l'ONU décrit Haïti comme confrontée à une insécurité persistante, des
besoins humanitaires aigus et des défis institutionnels. Le Conseil de sécurité a discuté de l'accélération des
préparatifs électoraux lors d'une session documentée sous sc16417, avec Bahreïn, la Chine, le Royaume-Uni, le
Mexique et le Pakistan parmi ceux qui ont exhorté à des progrès plus rapides. Il n'existe cependant aucun
calendrier de sécurisation publiquement confirmé pour le département de l'Ouest qui permettrait un accès
complet à l'enregistrement des électeurs avant la clôture du 13 octobre. Sources : press.un.org (S/2026/574,
sc16417) ; riotimesonline.com ; haitipolicyhouse.org ; canninghouse.org.
Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé gouverne unilatéralement depuis l'expiration du mandat du CPT le 7
février 2026 et l'accord politique du 7 avril 2026 a formalisé l'autorité exclusive du Premier ministre. Sa légitimité
est contestée sur le plan intérieur. L'ancien Premier ministre Jean-Michel Lapin a publiquement qualifié la
situation de retour à la case départ. Moïse Jean-Charles a rejeté les déclarations du Groupe de Core comme
une ingérence externe illégitime, selon Juno7. Le CEP opère dans une structure de gouvernance où l'accord
politique du Premier ministre Fils-Aimé constitue le seul fondement exécutif une structure dont l'ancrage
constitutionnel est contesté par une partie de la classe politique. Sources : juno7.ht ; rfi.fr (6 février 2026) ;
ledevoir.com.
September 23, 2026
CONTEXTE HISTORIQUE
La dissolution du parlement de janvier 2015 et le gouvernement subséquent par décret de Martelly ont établi le
modèle structurel répété tout au long de la période 2020 à 2026 : lorsque les élections s'interrompent, l'exécutif
gouverne sans législature et exerce une influence sur son propre conseil électoral, portant le même déficit de
légitimité dans tout vote promis qui en résulte. Le premier tour d'octobre 2015 a produit des allégations de
fraude, un cycle d'annulation prolongé et une reprise du scrutin plutôt qu'un transfert de pouvoir établi un
précédent direct pour la dynamique qui pourrait émerger d'un résultat de décembre 2026 contesté.
POINTS DE DISCUSSION
La date du 13 décembre est administrativement réelle et politiquement importante ; elle n'est pas, à la date du
présent document, opérationnellement réalisable pour le département de l'Ouest selon la trajectoire sécuritaire
actuelle.
Le point d'enregistrement de la SONAPI est un geste symbolique, non une solution ; un département de quatre
millions de personnes ne peut pas être enfranchisé de manière significative par le biais d'un seul site
d'enregistrement en zone industrielle.
Le référendum constitutionnel intégré au premier tour est un multiplicateur de risque non linéaire : un résultat de
référendum rejeté ou contesté n'affecte pas seulement le résultat présidentiel il invalide simultanément le cadre
institutionnel soutenant l'ensemble du cycle.
Le silence du CEP sur la question des candidats sous sanctions jusqu'à la clôture de la période de dépôt des
candidatures est en lui-même un fait opérationnel que les observateurs internationaux devraient documenter.
L'expansion de la GSF dans l'Artibonite reflète une priorité sécuritaire réaliste à court terme ; le test le plus
déterminant est celui de Port-au-Prince, pour lequel aucun calendrier opérationnel crédible n'existe.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions devraient immédiatement diligenter des demandes de données d'enregistrement département par
département auprès du CEP, établissant une base documentaire pour les évaluations de légitimité
post-électorale avant la clôture du 13 octobre.
Les organisations d'observation devraient préparer une planification de scénarios pour deux éventualités : un
premier tour se déroulant sans participation complète de l'Ouest et une annonce de report en octobre ou
novembre, en assignant des cadres de surveillance distincts à chacune.
Les acteurs humanitaires devraient réviser à la hausse les projections de déplacement des PDI jusqu'au premier
trimestre 2027 plutôt que de supposer qu'une résolution électorale d'ici février inciterait à des mouvements de
retour ; les conditions sécuritaires qui alimentent le déplacement ne dépendent pas uniquement des résultats
électoraux.
Les missions engagées dans l'assistance technique au CEP devraient soulever la décision d'éligibilité des
candidats sous sanctions comme un livrable urgent et documenter tout manquement à produire une décision
September 23, 2026
publique avant l'ouverture de la période de campagne.
Les journalistes et chercheurs qui surveillent le rythme opérationnel de la GSF devraient établir un
approvisionnement régulier en sources à Artibonite et Gonaïves pour suivre si la sécurisation des corridors
s'étend vers Port-au-Prince ou se stabilise dans le nord sans atteindre la zone métropolitaine.
CONFIANCE
Confiance modérée basée sur des rapports institutionnels partiels.
DÉVELOPPEMENT 2 : CANDIDATS À LA PRÉSIDENTIELLE ET COALITIONS
À la clôture de la fenêtre de dépôt des candidatures le 22 septembre 2026, le CEP a signalé au moins trois
candidats à la présidentielle formellement inscrits. La période de dépôt s'est déroulée du 13 au 22 septembre
2026, les candidats à la présidentielle soumettant leurs dossiers dans les bureaux électoraux compétents. Les
conditions sécuritaires ont contraint à la relocalisation de certains sites de dépôt, selon un reportage du Haitian
Times daté du 15 septembre 2026. Le champ présidentiel est, selon les standards historiques,
exceptionnellement mince à ce stade du processus, et AYITI INTEL évalue que cette minceur reflète une
combinaison de facteurs : la véritable dissuasion sécuritaire à la candidature publique, la question non résolue
des candidats sous sanctions créant un risque juridique pour les candidats potentiels, et l'absence du PHTK le
principal vecteur électoral d'Haïti de 2015 à 2021 de la liste des partis enregistrés. Le tracker Haiti Policy House
confirme que le PHTK ne figure pas parmi les regroupements politiques enregistrés pour le cycle 2026 à 2027.
Sources : karibinfo.com (mi-septembre 2026) ; haitiantimes.com (15 septembre 2026) ; haitipolicyhouse.org.
La dimension des candidats sous sanctions est la question d'éligibilité non résolue la plus déterminante dans le
champ actuel. RFI a rapporté le 6 août 2026 que des personnalités sous sanctions internationales cherchent à
s'enregistrer comme candidats. Le Secrétaire général de l'OEA Albert Ramdin, dans son rapport du 3 septembre
au Conseil permanent de l'OEA, a explicitement appelé les autorités haïtiennes à traiter de manière transparente
les préoccupations relatives à l'éligibilité des candidats concernant des liens avec des activités illicites,
conformément au droit haïtien et aux normes électorales internationales. Aucune décision publique du CEP sur
les candidats sous sanctions n'a été confirmée à la date du présent document. L'UE a renouvelé son régime de
sanctions contre Haïti (Règlement 2022/2309) jusqu'au 31 juillet 2027 le 29 juin 2026. La Cour fédérale
canadienne a rejeté la demande de retrait de Raymond Deeb de la liste canadienne des sanctions contre Haïti
dans une décision de décembre 2025 rapportée en février 2026 ; la liste consolidée des sanctions du Canada a
été mise à jour pour la dernière fois le 12 juin 2026. La liste SDN de l'OFAC a été mise à jour pour la dernière
fois le 18 septembre 2026, avec des entrées relatives à Haïti incluant Fednel Monchery sous l'autorité GLOMAG.
Sources : rfi.fr (6 août 2026) ; haitiantimes.com (15 septembre 2026) ; globalsanctions.com (29 juin 2026) ;
sanctionssearch.ofac.treas.gov (18 septembre 2026) ; international.gc.ca (12 juin 2026).
Les dynamiques de coalition représentent l'histoire politique structurelle en dessous du niveau de la candidature
présidentielle. La coalition Viktwa a été formellement présentée au Cap-Haïtien le 29 août 2026, revendiquant 52
partis et structures membres et appelant à l'unité politique et à la mobilisation citoyenne, selon Juno7 et
zantray-news.com. RASANBLE, désormais dirigée par le Dr Franche Lawson à la suite de changements internes
de direction, a publiquement confirmé qu'elle ne rejoindra aucune coalition et concourra de manière
September 23, 2026
indépendante. La plateforme Ayiti Transfòme, comprenant plus de dix partis, présente des candidats législatifs.
Fanmi Lavalas et Compromis Historique ont été mentionnés dans les dynamiques politiques de l'ère CPT,
notamment en tant que partisans du Premier ministre Fils-Aimé contre la motion de révocation de janvier 2026 ;
leur posture électorale pour 2026 concernant la course présidentielle nécessite un suivi continu et n'est pas
confirmée à la date du présent document. Sources : juno7.ht (29 août 2026) ; zantray-news.com (29 août 2026) ;
haiti24.net ; haitipolicyhouse.org.
L'absence du PHTK de la liste des partis enregistrés est politiquement anormale compte tenu de la domination
du parti sur la politique électorale de 2011 à 2021. Aucune explication officielle de la direction du PHTK n'a été
rapportée par les médias locaux haïtiens à la date du présent document. AYITI INTEL évalue deux scénarios
comme plausibles mais non confirmés : un alignement informel du PHTK avec des candidats enregistrés sous
d'autres étiquettes de partis, ou un défi formel de réintégration aux décisions d'enregistrement du CEP. Le
positionnement anti-Groupe de Core de Moïse Jean-Charles, rapporté par Juno7, introduit une dynamique de
perturbateur nationaliste-de gauche ou de boycott qui pourrait drainer des votes de tout candidat associé au
soutien international, mais risque d'être catégorisé par les observateurs internationaux comme une posture
déstabilisatrice plutôt que comme un défi électoral légitime. Sources : haitipolicyhouse.org ; juno7.ht.
L'OEA et la CARICOM sont les acteurs internationaux les plus opérationnellement engagés sur la question
électorale. Le Secrétaire général de l'OEA Ramdin a rencontré le Premier ministre Fils-Aimé au Palais national le
17 août 2026 aux côtés de la Secrétaire générale de la CARICOM Carla Barnett, offrant un soutien électoral et
sécuritaire. Le Groupe de personnalités éminentes de la CARICOM a participé aux discussions de l'OEA
couvrant la sécurité, la gouvernance, les élections et le déploiement de la GSF. Le mandat de la BINUH a été
renouvelé ; les États-Unis ont soutenu le renouvellement tout en bloquant l'inclusion du langage standard sur les
élections libres et équitables et les références à l'OHCHR, invoquant le retrait des États-Unis du Conseil des
droits de l'homme de l'ONU. Sources : miamiherald.com (17 août 2026) ; caricom.org (juillet 2026) ;
usun.usmission.gov ; press.un.org.
CONTEXTE HISTORIQUE
Le cycle électoral de 2015 a produit une séquence de fraude et d'annulation à partir d'un premier tour contesté
sous faible surveillance le précédent direct pour ce qu'un résultat de 2026 disputé pourrait engendrer. La
condition structurelle d'un champ présidentiel mince, soutenu internationalement, concourant sans le plus grand
parti gouvernemental récent dans un environnement sécuritaire compromis n'a pas de précédent exact mais se
rapproche le plus des élections de restauration post-coup de 1990 et 2006, qui ont toutes deux nécessité un
soutien externe substantiel pour produire des résultats ayant une quelconque durabilité.
POINTS DE DISCUSSION
Le champ présidentiel de trois candidats, tel que rapporté actuellement, est insuffisant pour créer la dynamique
compétitive qui confère de la légitimité à un premier tour ; des déclarations supplémentaires ou des candidatures
soutenues par des coalitions peuvent encore émerger avant la période de campagne, mais la fenêtre de dépôt
est formellement close.
La décision de RASANBLE de concourir de manière indépendante sous le Dr Franche Lawson, plutôt que de
rejoindre Viktwa ou une autre coalition, est une variable significative de dispersion des votes dans les courses
législatives qui affectera l'arithmétique de la coalition présidentielle post-électorale.
September 23, 2026
L'appel public de l'OEA en faveur d'une application transparente des règles sur les candidats sous sanctions,
combiné au silence du CEP jusqu'à la clôture de la fenêtre de dépôt, place le fardeau de la responsabilité sur le
CEP plutôt que sur les acteurs internationaux une posture qui peut être délibérée de la part de l'OEA.
L'absence du PHTK des partis enregistrés n'est pas un fait neutre ; elle représente la suppression de
l'infrastructure électorale qui a mobilisé le bloc le plus important d'électeurs de parti organisés lors des cycles
récents, et son réalignement informel ou son absence façonnera les dynamiques du premier tour de manière
imprévisible.
Le positionnement anti-Groupe de Core de Moïse Jean-Charles est un signal structurel de perturbateur que les
missions devraient prendre au sérieux quel que soit son statut de candidat, car il qualifie d'illégitime tout résultat
soutenu par le Groupe de Core avant même que les votes soient comptés.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions diplomatiques devraient demander au CEP la liste complète des candidats à la présidentielle
enregistrés avec leurs affiliations partisanes et toute décision d'éligibilité d'ici le 30 septembre 2026, et la croiser
indépendamment avec les listes de sanctions de l'OFAC, de l'UE et du Canada.
Les équipes des affaires politiques devraient élaborer des scénarios électoraux distincts : un premier tour
compétitif à trois candidats ou plus, un premier tour à candidat dominant avec faible légitimité due à un champ
mince, et un scénario de report, en assignant des pondérations de probabilité basées sur les actions du CEP au
cours du mois d'octobre.
Les journalistes devraient chercher à obtenir un commentaire direct de personnalités affiliées au PHTK
expliquant publiquement l'absence du parti de la liste enregistrée, car il s'agit d'une histoire sous-rapportée aux
implications électorales aval significatives.
Les organisations d'observation devraient désigner une équipe de surveillance de la conformité aux sanctions
chargée spécifiquement de suivre la décision d'éligibilité du CEP, et se préparer à publier une déclaration
publique si aucune décision n'est publiée avant l'ouverture de la période de campagne.
Les missions qui évaluent le positionnement de Moïse Jean-Charles devraient déterminer si sa posture déclarée
représente une stratégie électorale ou un prélude à une déclaration de non-participation, car la distinction
comporte des implications sécuritaires différentes.
CONFIANCE
Faible confiance en raison de rapports limités ou contradictoires.
DÉVELOPPEMENT 3 : BAS DE LISTE, PRINCIPALES COURSES URBAINES ET DÉTENTEURS DE POUVOIR
September 23, 2026
Le champ des candidats législatifs est plus substantiellement garni que le champ présidentiel à ce stade. Le
CEP a signalé 68 candidats au Sénat et 205 candidats à la Chambre des députés formellement enregistrés lors
de la période de dépôt de mi-septembre, selon Karibinfo. La candidature en bas de liste la plus spécifiquement
sourcée confirmée dans ce cycle de document est celle de l'ancien député Jean-David Génesté, qui a déclaré sa
candidature au Sénat dans le département du Sud sous la plateforme Ayiti Transfòme une alliance multipartite
de plus de dix organisations et dont l'enregistrement a été confirmé par le CEP au 21 septembre 2026, selon
Rezo Nòdwès. La candidature de Génesté représente l'entrée législative la plus publiquement documentée de la
plateforme Ayiti Transfòme à la date du présent document. Sources : karibinfo.com (mi-septembre 2026) ;
rezonodwes.com (21 septembre 2026).
L'environnement sécuritaire modifie également le comportement des candidats au niveau du bas de liste. Le
Haitian Times a rapporté le 15 septembre 2026 que les conditions sécuritaires ont contraint à la relocalisation
des sites de dépôt dans plusieurs zones pendant la fenêtre du 13 au 22 septembre. Cette perturbation logistique
a des implications pratiques sur l'exhaustivité des candidatures : si le dépôt des dossiers a été rendu difficile ou
impossible dans certaines communes en raison du contrôle des gangs, le champ de candidats aux postes de
député et de maire qui en résulte dans ces zones sera artificiellement contraint, et toute élection qui s'y tiendra
fera face à des questions de légitimité préexistantes. Le département de l'Ouest, qui contient Port-au-Prince la
plus grande ville du pays et le siège de l'administration fédérale présente la version la plus aiguë de ce
problème. Sources : haitiantimes.com (15 septembre 2026).
Les courses à la mairie dans les principales villes ne sont pas encore caractérisées par des informations
spécifiques sur les candidats disponibles dans les sources de ce document. Les villes sous surveillance
Port-au-Prince, Cap-Haïtien, Gonaïves, Les Cayes, Jacmel, Jérémie, Port-de-Paix, Fort-Liberté, Hinche et
Miragoâne présentent chacune des profils sécuritaires et politiques distincts. Le Cap-Haïtien, où la coalition
Viktwa a été officiellement lancée le 29 août, est la ville non capitale la plus politiquement active dans le cycle
actuel, et sa course à la mairie servira de baromètre pour la cohésion de la coalition et la capacité de
mobilisation des électeurs dans le nord. Gonaïves, où des membres sri-lankais de la GSF sont arrivés en août,
est simultanément une cible d'intervention sécuritaire et un site d'administration électorale une dualité qui
façonnera le comportement des candidats et des électeurs dans l'Artibonite. Les Cayes et le département du
Sud plus largement constituent la base de la candidature sénatoriale confirmée de Jean-David Génesté. Sources
: juno7.ht (29 août 2026) ; zantray-news.com (29 août 2026) ; haitipolicyhouse.org.
Les détenteurs de pouvoir non-candidats qui façonnent les résultats électoraux méritent un traitement direct. Le
Premier ministre Fils-Aimé occupe la position structurelle centrale : son administration contrôle le financement du
CEP, les priorités de déploiement des forces de sécurité et les décisions logistiques qui déterminent quels
départements reçoivent un soutien opérationnel avant décembre. Sa légitimité politique est contestée mais son
autorité administrative est réelle. La dissolution du CPT en février 2026 a supprimé le tampon de gouvernance
collective qui distribuait auparavant la responsabilité politique entre plusieurs factions ; toute responsabilité pour
l'administration électorale remonte désormais vers Fils-Aimé. L'ancien président du CPT Laurent Saint-Cyr, qui
s'est opposé à la motion de révocation de janvier 2026 contre Fils-Aimé, reste une figure politique pertinente
dont le positionnement post-CPT n'a pas été confirmé par les médias locaux haïtiens à la date du présent
document. Le Groupe de Core le regroupement informel d'ambassadeurs des États-Unis, du Canada, de la
France, de l'Espagne, du Brésil et de l'Union européenne, ainsi que de représentants de l'OEA et de l'ONU
continue de fonctionner comme le soutien politique externe de l'autorité Fils-Aimé, et le rejet public par Moïse
Jean-Charles des déclarations du Groupe de Core (rapporté par Juno7) constitue un défi explicite à cette
architecture. Sources : juno7.ht ; rfi.fr (6 février 2026) ; wikipedia.org/Conseilprésidentielde_transition.
September 23, 2026
CONTEXTE HISTORIQUE
La prise de Gonaïves par l'Armée Cannibale le 5 février 2004 et l'offensive de Viv Ansanm à Port-au-Prince le 29
février 2024 démontrent toutes deux que la coordination des acteurs armés dans l'Artibonite et la capitale peut
produire un effondrement de la gouvernance plus rapidement que tout calendrier électoral ne peut absorber. Le
déploiement de la GSF à Gonaïves reflète une prise de conscience de ce schéma, mais l'offensive de 2024 était
opérationnellement supérieure à tout exemple antérieur, impliquant le ciblage simultané de l'aéroport, des
prisons et des commissariats un étalon par rapport auquel la capacité actuelle de la GSF n'a pas été
publiquement testée à grande échelle.
POINTS DE DISCUSSION
Les 68 candidatures sénatoriales et 205 candidatures de députés représentent sur le papier un champ législatif
fonctionnel mais sont géographiquement biaisées vers les départements où la logistique de dépôt n'a pas été
perturbée ; la carte résultante des enregistrements par commune est une information essentielle que le CEP n'a
pas encore publiée avec un niveau de détail départemental.
Le rôle du Cap-Haïtien comme site de lancement de la coalition Viktwa signale que le nord est la région la plus
politiquement organisée dans le cycle actuel et produira vraisemblablement les résultats électoraux les plus
crédibles en décembre quel que soit ce qui se passe à Port-au-Prince.
Le double statut de Gonaïves comme cible d'intervention de la GSF et hub d'administration électorale crée une
exigence spécifique de coordination : les opérations sécuritaires et la logistique électorale doivent être
séquencées, et non simultanées, pour permettre l'accès des candidats et des électeurs.
L'absence de données spécifiques sur les candidatures à la mairie dans les neuf villes surveillées autres que le
Cap-Haïtien reflète un véritable vide de renseignement, non une situation neutre cela signifie que la carte
électorale du bas de liste n'est pas encore lisible pour les observateurs externes.
Le monopole administratif du Premier ministre Fils-Aimé sur le financement électoral, à la suite de la dissolution
du CPT, signifie que l'indépendance politique du CEP vis-à-vis de la pression exécutive n'a aucun contrepoids
institutionnel autre que la surveillance internationale.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les organisations d'observation devraient immédiatement déployer une capacité de surveillance au Cap-Haïtien,
à Gonaïves et aux Cayes comme les trois villes où l'activité électorale et les dynamiques sécuritaires sont le plus
directement en contact, plutôt que de concentrer les ressources sur Port-au-Prince où l'accès est le plus
contraint.
Les missions devraient demander au CEP une ventilation au niveau communal des enregistrements de
candidatures pour les courses aux postes de député et de maire, identifiant les communes qui n'ont soumis
aucun ou qu'un seul dossier de candidature pendant la fenêtre de dépôt comme indicateur de la suppression des
candidatures liée à la sécurité.
September 23, 2026
Les journalistes couvrant les courses du bas de liste devraient prioriser le slate de candidats de la coalition
Viktwa dans le nord et les candidatures législatives de la plateforme Ayiti Transfòme dans le sud comme les deux
efforts organisationnels les mieux documentés dans ce cycle.
Les analystes sécuritaires devraient évaluer si le rythme opérationnel de la GSF à Gonaïves est orienté vers la
création de conditions pour l'administration électorale dans l'Artibonite ou est focalisé sur la construction de
corridors vers l'Ouest les deux objectifs nécessitent des postures de force et des calendriers différents.
Les équipes de renseignement investisseur et commercial devraient traiter les courses à la mairie à
Port-au-Prince et Gonaïves comme des indicateurs de la trajectoire de l'environnement commercial : un maire
élu à Port-au-Prince en février 2027 représenterait le premier signal significatif de gouvernance locale dans la
capitale depuis des années, et les conditions préalables à ce résultat se mettent en place maintenant.
CONFIANCE
Confiance modérée basée sur des rapports institutionnels partiels.
À SURVEILLER
PROCHAINES 24 À 48 HEURES
La publication par le CEP de listes électorales préliminaires ou de toute déclaration sur la clôture de la fenêtre de
dépôt du 22 septembre, incluant le nombre officiel de candidats par course et par département, est le signal
institutionnel immédiat à surveiller. Toute annonce du CEP sur les décisions d'éligibilité des candidats sous
sanctions constituerait la divulgation à impact le plus élevé possible dans cette fenêtre. Surveiller les médias
locaux haïtiens incluant Le Nouvelliste, Juno7, AlterPresse et Radio Kiskeya pour les réactions des candidats
enregistrés et des porte-parole des coalitions à la clôture de la période de dépôt. Tout incident sécuritaire
affectant les bureaux du CEP ou le personnel électoral dans l'Artibonite ou l'Ouest dans cette fenêtre aurait une
signification opérationnelle immédiate.
CETTE SEMAINE
La posture de surveillance de l'OEA et de la CARICOM se précisera autour de la question de savoir si une
décision d'éligibilité du CEP sur les candidats sous sanctions émerge avant l'ouverture de la période de
campagne. Surveiller toute déclaration publique de Fanmi Lavalas ou de Compromis Historique sur leur posture
électorale dans la course présidentielle leur position n'a pas été confirmée à la date du présent document.
Guetter toute personnalité affiliée au PHTK qui s'exprime publiquement sur l'absence du parti de la liste
enregistrée ; tout alignement informel de candidats ou défi formel de réintégration constituerait un
développement significatif. Le déploiement de l'unité navale bangladaise dans la Baie de Port-au-Prince, attendu
dans ce délai, devrait être surveillé pour ses effets sur les communications publiques de la GSF et toute annonce
de corridor sécuritaire pour l'Ouest.
HORIZON STRATÉGIQUE
La voie réaliste vers un vote crédible le 13 décembre exige deux conditions qui ne sont pas remplies
actuellement : un accès significatif à l'enregistrement des électeurs dans le département de l'Ouest avant le 13
September 23, 2026
octobre, et un cadre sécuritaire publiquement documenté pour le fonctionnement des bureaux de vote à
Port-au-Prince. Si aucune de ces conditions n'est remplie d'ici fin octobre, un second glissement du calendrier
devient structurellement probable quelles que soient les communications publiques du CEP. Le référendum
constitutionnel intégré au premier tour demeure un risque sous-rapporté mais aggravant : un référendum rejeté
ne constituerait pas simplement un revers politique mais réinitialiserait le cadre institutionnel sur lequel
l'ensemble du cycle électoral est construit, créant une crise de gouvernance indépendante et simultanée à tout
litige présidentiel. AYITI INTEL évalue la probabilité d'un premier tour crédible et national le 13 décembre 2026
comme faible sur la base des conditions sécuritaires et d'enregistrement actuelles dans l'Ouest, le scénario
défavorable le plus probable étant une élection partielle dans laquelle les résultats de Port-au-Prince sont
absents ou contestés, produisant un résultat disputé sur le plan international et intérieur qui reproduit la
dynamique de fraude et d'annulation du cycle de 2015.
SOURCES PRIMAIRES
Le Nouvelliste quotidien local, principale source imprimée haïtienne pour les annonces du CEP et les
développements politiques
AlterPresse agence de presse indépendante haïtienne, principale source pour la couverture électorale de la
société civile et des droits de la personne
Juno7 média en ligne haïtien, source pour le lancement de la coalition Viktwa (29 août 2026), le positionnement
de Moïse Jean-Charles et les dynamiques politiques du CPT
Rezo Nòdwès média régional haïtien, source pour la confirmation de la candidature sénatoriale de Jean-David
Génesté (21 septembre 2026)
Radio Kiskeya station de radio haïtienne, principale source pour les développements politiques et sécuritaires
quotidiens
Haiti Policy House Election Tracker tracker spécialisé, source pour les chiffres d'enregistrement des électeurs
(21 septembre 2026), l'absence du PHTK et les données d'enregistrement des partis
cephaiti.ht site officiel du CEP, source pour le calendrier électoral révisé (27 juillet 2026) et la date limite
d'enregistrement des partis
zantray-news.com média haïtien, source pour le lancement de la coalition Viktwa au Cap-Haïtien (29 août 2026)
karibinfo.com média haïtien, source pour les chiffres de dépôt des candidatures (mi-septembre 2026)
Le National quotidien haïtien, source pour de multiples dates de reporting sur le calendrier électoral et le
processus du CEP
Haitian Times source pour le reporting sur le calendrier électoral (4 août 2026) et les conditions sécuritaires
pendant la période de dépôt (15 septembre 2026)
rfi.fr corroboration secondaire, source pour le reporting sur les candidatures sous sanctions (6 août 2026) et le
reporting sur la dissolution du CPT (6 février 2026)
press.un.org archives officielles de l'ONU, source pour le rapport S/2026/574 du Secrétaire général et la session
sc16417 du Conseil de sécurité
globalsanctions.com source pour la confirmation du renouvellement du régime de sanctions de l'UE (29 juin
2026)
miamiherald.com corroboration secondaire, source pour la réunion OEA-CARICOM au Palais national (17 août
2026)
September 23, 2026