2026-01-09
DÉVELOPPEMENT 2
LA PAUSE DE 27 JOURS À PORT-AU-PRINCE DÉMONTRE UNE DISCIPLINE STRATÉGIQUE
DES GANGS SANS PRÉCÉDENT
La pause opérationnelle de 27 jours à Port-au-Prince du 21 décembre au 9 janvier dépasse
maintenant toute période documentée de retenue des gangs dans l'histoire moderne d'Haïti
démontrant une discipline stratégique sans précédent. Cette pause confirme que les gangs ont
consolidé plutôt que contesté le contrôle de 80-90 pour cent de Port-au-Prince comme rapporté
par MOPAL le 4 janvier. Si le contrôle des gangs était contesté la violence serait nécessaire pour
défendre le territoire mais l'absence de violence démontre que la PNH et la GSF ne tentent pas
January 09, 2026
de reprendre les territoires contrôlés par les gangs les gangs n'ont pas besoin de se défendre
contre les offensives des forces de sécurité et le statu quo territorial est stable du point de vue
des gangs.
La sélectivité géographique de la pause démontre une sophistication politique rivalisant avec les
acteurs étatiques. Tandis que Port-au-Prince reste calme l'attaque de Montrouis du 23 décembre
dans l'Artibonite a déplacé 1052 personnes selon le rapport de l'OCHA du 6 janvier confirmant
que les gangs continuent des opérations offensives dans les régions périphériques tout en
maintenant une retenue tactique dans la capitale. Ce schéma révèle une capacité de planification
stratégique avec les gangs utilisant la pause de Port-au-Prince pour consolider le contrôle
périphérique pendant la période de fêtes quand l'attention internationale se concentre sur Haïti.
L'avertissement du Crisis Group du 15 décembre que les gangs recherchent l'amnistie dans le
cadre de la transition du 7 février est maintenant la seule explication viable pour la pause de 27
jours. La durée sans précédent démontre que les gangs testent la résolution gouvernementale
contre la doctrine de non-négociation du PM Fils-Aimé du 28 décembre signalant leur capacité à
activer ou désactiver la violence à volonté et attendant de voir quel cadre de gouvernance
émerge après le 7 février avant de déterminer s'il faut négocier ou escalader. La pause approche
d'une limite stratégique car les gangs ne peuvent maintenir une retenue indéfinie sans perdre
l'élan opérationnel. Attendez-vous à ce que la pause se termine à la mi-fin janvier entre le 15-25
janvier soit parce qu'aucun signal de négociation gouvernemental ne pousse les gangs à
reprendre la violence à Port-au-Prince pour pressuriser les pourparlers du 7 février soit parce que
le gouvernement signale une volonté de négocier poussant les gangs à prolonger la pause
jusqu'au 7 février comme démonstration de bonne foi.