2026-02-19
DÉVELOPPEMENT 3: REDÉMARRAGE FISCAL : SIGNAUX DU BUDGET MODIFICATIF ET
INFRASTRUCTURE SANITAIRE DE LA GONÂVE
Les opérations gouvernementales ont repris le 19 février 2026, à la suite de la pause carnavalesque du 16 au 18
février. Le gouvernement Fils-Aimé envisage activement l'adoption d'un budget modificatif, avec la sécurité et les
élections identifiées comme les deux priorités principales. Cela représente le premier signal de politique fiscale
substantiel depuis que Fils-Aimé a assumé le poste de Premier ministre et répond directement au déficit
structurel du financement électoral haïtien, estimé à 137 millions de dollars. Aucun chiffre d'allocation spécifique
ni calendrier pour l'adoption du budget modificatif n'ont été divulgués.
Le signal du budget modificatif est stratégiquement significatif pour trois raisons. Premièrement, il reconnaît que
le budget actuel est structurellement incapable d'absorber à la fois les coûts de soutien à la transition du GSF et
le calendrier électoral complet. Deuxièmement, en désignant la sécurité et les élections comme priorités
coégales, le gouvernement signale aux partenaires internationaux qu'il est aligné opérationnellement sur les
cadres de conditionnalité attachés au soutien multilatéral. Troisièmement, le calendrier immédiatement après le
Carnaval positionne le budget modificatif comme le premier test de gouvernance du gouvernement Fils-Aimé :
son adoption et son contenu révéleront si l'administration dispose des relations législatives et de la capacité
technique nécessaires pour exécuter un instrument fiscal complexe sous pression politique.
Simultanément, le ministère de la Santé Publique a annoncé la réouverture de sept centres de santé publique,
d'un hôpital communautaire de référence et d'un centre de transfusion sanguine sur l'île de la Gonâve, à la suite
de la visite du ministre de la Santé Dr Bertrand Sinal en janvier-février. Les établissements deviendront
opérationnels par phases, avec une pleine capacité prévue dans les semaines à venir. Les livraisons
d'équipements médicaux se poursuivent et le processus de recrutement du personnel est actif. L'île de la
Gonâve a une population d'environ 100 000 habitants et a été chroniquement mal desservie par les
infrastructures de santé publique.
Les réouvertures sur l'île de la Gonâve constituent la première expansion significative des services de santé
signalée pendant la période du gouvernement Fils-Aimé et servent de preuve de concept pour la prestation de
gouvernance hors de Port-au-Prince. Pour les organisations internationales évaluant si le gouvernement de
transition peut exécuter des fonctions de base au-delà de la capitale, il s'agit d'un point de données positif. Cela
s'aligne également avec l'appel de l'Assemblée parlementaire Caraïbe-UE à une sécurité multidimensionnelle,
qui incluait explicitement la sécurité sanitaire comme composante de la stabilisation haïtienne.