2026-02-16
DÉVELOPPEMENT 1
La période de vacances du Carnaval commençant le 16 février révèle la réalité sécuritaire bifurquée
d'Haïti où les célébrations culturelles se poursuivent dans certaines zones tandis que l'impunité des
gangs atteint de nouveaux niveaux dans d'autres. Les activités du Carnaval de Jacmel sont en
cours avec un déploiement policier, des interdictions d'armes et des équipes de recherche
ethnographique documentant des événements culturels sans incidents majeurs signalés. Le
Ministère de la Culture a annoncé un soutien financier institutionnel aux municipalités organisant
des festivités de carnaval prévues du 15 au 17 février, et l'administration publique, le commerce,
l'industrie et les écoles observent des jours fériés officiels commençant à midi jusqu'à .
Port-au-Prince présente une image radicalement différente. Aucun plan de sécurité publique
complet pour les festivités de carnaval de la capitale n'avait été officiellement présenté par les
autorités début février. Un policier anonyme a averti que gérer de grandes foules sans plan clair et
sans ressources suffisantes peut exposer les participants à des risques accrus incluant la violence
ou les attaques ciblées. Cet avertissement s'est révélé prémonitoire alors que les enlèvements
continuent d'augmenter à Port-au-Prince avec Delmas 19, 31, 33 et 75 particulièrement affectés.
Les otages actuels incluent un prêtre, un avocat et un juge. L'attaque de Kenscoff le 12 février par la
coalition Viv Ansanm a démontré la capacité du groupe à frapper l'une des dernières zones sûres
February 16, 2026
de la capitale, tuant au moins une personne et brûlant des maisons.
L'indicateur sécuritaire le plus alarmant est la liberté opérationnelle continue du chef de gang
Johnson André. André, connu sous l'alias Izo et chef du gang 5 Segond, a été vu en vidéo
participant et finançant des activités de carnaval à Village de Dieu. Aucune déclaration
gouvernementale officielle n'a été émise concernant sa présence. Izo est le même chef de gang qui
a orchestré le massacre de l'Hôpital Général du 24 décembre 2024 utilisant des drones armés,
tuant deux journalistes. Sa participation ouverte à des événements publics sans réponse
gouvernementale signale le niveau d'impunité opérationnelle dont les gangs continuent de jouir
même pendant que la PNH mène des opérations de dégagement des routes San Kanpe.
L'environnement sécuritaire pendant le Carnaval opère dans le contexte de Viv Ansanm contrôlant
approximativement 85 à 90% de Port-au-Prince et les gangs contrôlant au moins 23 communes à
travers quatre départements. L'UNICEF signale une augmentation de trois fois du recrutement
d'enfants pour des activités armées en 2025, les enfants constituant jusqu'à 50% de l'appartenance
aux gangs. La destruction de l'infrastructure de santé continue avec 45% des établissements de
santé dans la capitale fermés ou détruits en octobre 2025. Cette période du Carnaval teste si la
structure de gouvernance post-CPT sous le PM Fils-Aimé peut coordonner des réponses
sécuritaires efficaces pendant des rassemblements publics concentrés.