2026-02-02
DÉVELOPPEMENT 2
Le Conseil Présidentiel de Transition a lancé un dialogue politique de trois jours du 1er au 3
février à l'hôtel de Pétion-Ville réunissant des centaines de participants de partis politiques, de
dirigeants religieux, de syndicats et de la société civile pour négocier l'architecture de
gouvernance post-7 février. En date du 2 février aucune annonce officielle de consensus ou de
cadre convenu n'a été détectée dans les sources disponibles malgré les co-présidents du CPT
Leslie Voltaire et Edgard Leblanc Fils soulignant l'urgence de parvenir à un nouvel accord
politique comme cadre indispensable pour redéfinir la gouvernance nationale au-delà du 7 février.
Le dialogue fait face à des défis fondamentaux de légitimité car lors de la première journée du 18
janvier quatre des six blocs politiques invités ont refusé de participer arguant qu'il n'y a pas de
dialogue possible avec le CPT qui doit quitter le pouvoir à tout prix le 7 février.
Plusieurs cadres de transition concurrents restent sur la table sans convergence. Une coalition de
plus de 70 partis politiques a proposé en novembre 2025 une transition d'un an excluant les
membres actuels du CPT avec un système exécutif double de président de transition plus premier
ministre et des élections fin 2026. Une initiative de la société civile du 5 janvier a présenté un
cadre choisissant entre retenir le PM Fils-Aimé ou sélectionner une figure de la société civile tout
en excluant les membres de partis politiques des postes de président et de PM pour éviter les
biais électoraux. L'Accord de Montana a proposé en août 2025 un conseil présidentiel de
transition de trois membres plus un cabinet technocratique avec un organisme de surveillance.
Une coalition d'anciens premiers ministres a proposé une prolongation d'un an à partir du 7
février.
Les positions de la communauté internationale sont explicites et unifiées. Le représentant spécial
de l'ONU Carlos Ruiz a averti le 20 janvier que le pays n'a pas de temps à perdre en luttes
intestines prolongées et a exhorté les parties prenantes à trouver un terrain d'entente avant le 7
février. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a déclaré sans équivoque le 23 janvier que le
CPT doit être dissous d'ici le 7 février. L'OEA a réitéré le 22 janvier que le mandat du CPT prend
fin le 7 février selon l'Accord du 3 avril 2024 qui interdit explicitement la prolongation. L'envoyé de
l'ONU Ruiz a noté le 22 janvier que si les acteurs politiques ne parviennent pas à un consensus
d'ici le 7 février la constitution permet au premier ministre de rester en fonction dans de telles
circonstances suggérant que le PM Alix Didier Fils-Aimé pourrait continuer comme exécutif
intérimaire.
February 02, 2026
L'Accord de Montana maintient une position intransigeante rejetant le dialogue avec le CPT. Le 26
janvier le Bureau de l'Accord de Montana a salué le limogeage du premier ministre et a appelé à
une transition souveraine. Le 16 janvier les signataires de Montana ont fait pression sur le CPT
pour qu'il agisse avant le 7 février exigeant le retrait du PM Fils-Aimé et son remplacement par un
chef de gouvernement intérimaire dont le mandat prendrait fin le 6 février. Ils ont allégué
corruption, insubordination et relations étrangères non autorisées préjudiciables à la souveraineté
nationale. Cette position entre en conflit avec le soutien américain et onusien à la continuation de
Fils-Aimé et risque la marginalisation de Montana si la communauté internationale reconnaît un
gouvernement intérimaire dirigé par le PM post-7 février.