RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Le report sine die du premier tour de l'élection du 13 décembre 2026 par le CEP les 6 et 7 octobre
marque le troisième effondrement calendaire consécutif depuis novembre 2025 et met fin
formellement à toute perspective réaliste d'un scrutin en 2026. La cause immédiate moins de 800
000 électeurs inscrits à l'échelle nationale, le Département de l'Ouest entièrement exclu, et le
contrôle par les gangs d'environ 85 à 90 % de Port-au-Prince reflète un échec structurel, et non un
simple retard administratif. Haiti Policy House attribue une probabilité de 0 % à un scrutin en
décembre et projette juin 2027 comme la fenêtre réalisable la plus proche. L'enseignement
opérationnel est le suivant : aucune partie prenante ne devrait planifier des opérations, des missions
d'observation ou des coalitions politiques en fonction d'un calendrier électoral pour 2026. Le
processus n'existe que sur le papier.
RÉSUMÉ RAPIDE POUR LES PARTIES PRENANTES
Le CEP a déclaré un report indéfini les 6 et 7 octobre ; aucune date révisée n'avait été publiée au 23
octobre. Le dépôt des candidatures reste nominalement ouvert jusqu'au 31 octobre, sans période de
campagne active. Michel Martelly s'est inscrit comme candidat à la présidence le 16 octobre,
déclenchant une controverse non résolue sur son éligibilité que le CEP n'a pas abordée
publiquement. Le rejet public par Moïse Jean-Charles du processus géré par la communauté
internationale signale la formation d'un bloc de boycott potentiel en dehors du champ des candidats
déclarés. Le risque central n'est pas une élection défaillante, mais l'absence d'élection : les échecs
cumulés en matière de sécurité, d'inscription et de légitimité ont produit un vide de gouvernance
sans mécanisme de résolution constitutionnelle et sans calendrier crédible pour y remédier.
DÉVELOPPEMENT 1 : CALENDRIER ÉLECTORAL, CEP ET FAISABILITÉ
L'annonce du CEP les 6 et 7 octobre 2026 d'un report indéfini a formellement abandonné l'objectif du
premier tour fixé au 13 décembre, complétant une séquence de trois révisions calendaires
successives depuis novembre 2025. Selon Le National (lenational.org/article/politique/8193), le CEP
a invoqué « une crise sécuritaire intenable et des retards logistiques majeurs » pour justifier la
déclaration sine die. Le Nouvelliste (lenouvelliste.com/article/272950) a documenté la modification
antérieure du décret électoral du 5 octobre, qui prolongeait le dépôt des candidatures jusqu'au 31
octobre, suspendait la période de campagne et annonçait l'élaboration d'un calendrier révisé. Au 23
octobre, aucun calendrier révisé n'avait été publié.
Les données d'inscription sous-jacentes à la décision de report représentent un échec structurel.
Selon le tableau de bord de Haiti Policy House, moins de 800 000 électeurs se sont inscrits à
l'échelle nationale sur un bassin estimé d'environ 6 millions de détenteurs de CIN soit un taux de
participation d'environ 13 %. Le Département de l'Ouest, qui représente environ 34 % de la
population nationale, soit plus de 4 millions de personnes, a été entièrement exclu du lancement de
l'inscription et n'a jamais été intégré par la suite, selon les données de Haiti Policy House et de
pamelection.org. Une émission de Radio Télévision Caraïbes a noté que l'obligation imposée par le
CEP d'une étape d'inscription électorale distincte de la possession du CIN avait introduit un obstacle
October 23, 2026
procédural supplémentaire que des organisations de la société civile ont contesté, notamment
compte tenu des conditions sécuritaires aux centres d'inscription et de vote. Le CEP avait
publiquement présenté le lancement de l'inscription du 20 juillet comme une étape majeure ; les
données ultérieures, documentant moins de 800 000 inscriptions, ont rendu l'échec du processus
indéniable avant que le report ne soit déclaré.
La succession des révisions calendaires 30 août 2026 (fixé en novembre 2025), révisé au 13
décembre (avec un second tour le 21 février 2027), puis indéfini suit un schéma documenté de
calendriers officiels ambitieux se heurtant à la réalité opérationnelle. Selon le rapport du Secrétaire
général de la BINUH (S/2026/800), un Groupe d'éminentes personnalités de la CARICOM en visite
du 2 au 9 septembre a reconnu au Conseil de sécurité de l'ONU que la tenue d'élections dans les
délais serait « difficile » un écart notable par rapport à l'optimisme uniforme des déclarations
internationales antérieures. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, s'exprimant devant l'Assemblée
générale des Nations Unies en septembre, a déclaré que « la transition doit se terminer par des
élections » et que les Haïtiens « ne peuvent pas attendre de voter », selon l'Agence Anadolu
(aa.com.tr, 26 septembre 2026). L'annonce du report par le CEP est intervenue onze jours après ce
discours, révélant un écart documenté entre les messages de l'exécutif et la réalité opérationnelle
électorale. Haiti Policy House projette désormais juin 2027 comme la fenêtre réaliste la plus proche ;
l'organisation attribue une probabilité de 0 % à tout scrutin en décembre 2026.
Le report entraîne une conséquence institutionnelle secondaire. Selon Le Nouvelliste (265555) et un
décret exécutif du 20 mars 2026 examiné par Le Monde, le référendum de ratification
constitutionnelle requis par les articles 12 et 14 du Pacte national pour la stabilité avait été associé
au premier tour du 13 décembre. Le report retarde donc également tout processus de réforme
constitutionnelle que le gouvernement du Premier ministre Fils-Aimé s'était engagé à faire avancer,
comprimant davantage le calendrier de légitimité de l'autorité de transition.
CONTEXTE HISTORIQUE
Le processus électoral haïtien s'est effondré à plusieurs reprises dans des périodes de gouvernance
par décret : la dissolution du parlement en janvier 2015 a laissé Michel Martelly gouverner par décret
jusqu'en 2016, établissant le modèle d'une autorité exécutive sans mandat législatif que le Premier
ministre Fils-Aimé reproduit aujourd'hui. La controverse de fraude au premier tour du cycle électoral
de 2015 sous la gestion du CEP ayant produit des protestations, un report et une annulation plutôt
qu'un transfert de pouvoir ordonné constitue le précédent procédural direct pour un processus de
2026 ayant déjà accumulé trois révisions calendaires avant qu'un seul vote n'ait été exprimé. La
dissolution du CPT le 7 février 2026 a reproduit ce schéma, concentrant l'autorité exécutive dans les
mains d'un Premier ministre non élu sans mécanisme de renouvellement constitutionnel.
POINTS DE DISCUSSION
Le taux d'inscription inférieur à 13 %, combiné à l'exclusion totale du Département de l'Ouest, signifie
que toute élection conduite sur la base d'inscription actuelle représenterait moins d'un électeur
éligible sur huit et exclurait entièrement la capitale produisant un résultat dépourvu de légitimité
représentative démocratique.
October 23, 2026
Les effondrements calendaires successifs trois révisions en douze mois constituent un schéma
institutionnel documenté, et non une difficulté administrative isolée ; les missions ne devraient pas
considérer toute future annonce du CEP comme fiable sans vérification opérationnelle indépendante.
L'association d'un référendum constitutionnel à un premier tour reporté signifie que le processus de
réforme constitutionnelle haïtien est désormais également suspendu indéfiniment, aggravant le vide
de gouvernance.
Le discours du Premier ministre Fils-Aimé à l'AGNU en septembre et le report par le CEP les 6 et 7
octobre représentent la contradiction la plus clairement documentée entre les messages de l'exécutif
et la réalité opérationnelle électorale dans le cycle actuel.
La reconnaissance par la CARICOM au Conseil de sécurité que les élections pourraient ne pas se
tenir dans les délais est le signal de franchise internationale le plus crédible à ce jour et diverge
matériellement des déclarations diplomatiques bilatérales.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions et organisations d'observation doivent formellement suspendre la planification
électorale pour décembre 2026, y compris la logistique de déploiement des observateurs, les
programmes d'éducation des électeurs liés à décembre et tout investissement dans les
infrastructures CIV, et réorienter les ressources vers une planification de contingence pour un
calendrier 2027 et au-delà.
Les acteurs internationaux doivent formellement conditionner la poursuite du soutien électoral à la
publication d'un calendrier révisé crédible assorti de jalons en matière de sécurité et d'inscription,
plutôt que d'appuyer le processus sur la base de calendriers ambitieux.
Les missions doivent commander des évaluations indépendantes de l'inscription des électeurs,
distinctes des rapports du CEP, avant d'avaliser tout futur communiqué sur les étapes franchies en
matière d'inscription.
Les analystes et journalistes doivent demander au CEP une explication précise sur la manière dont
le Département de l'Ouest sera intégré dans tout processus d'inscription révisé avant de présenter
tout futur lancement comme opérationnellement faisable.
Les organisations d'observation doivent commencer à élaborer des scénarios pour des élections
conduites avec une inscription nationale inférieure à 20 %, notamment les implications juridiques et
normatives pour la certification des résultats.
CONFIANCE
Haute confiance basée sur les rapports institutionnels officiels.
DÉVELOPPEMENT 2 : CANDIDATS À LA PRÉSIDENCE ET COALITIONS
October 23, 2026
CORPS ANALYTIQUE
Au 16 octobre 2026, au moins neuf candidats à la présidence s'étaient inscrits auprès du CEP, selon
le Haitian Times (haitiantimes.com/fr/2026/10/16) et le tableau de bord de Haiti Policy House. Le
champ des candidats déclarés comprend Claude Joseph sous la bannière du parti EDE, Daniest
Adrien sous PRC, Deus Deronneth sous DVNH, Gandhy Dorfeuille sous ANF et Jerry Tardieu sous
En Avant pour Haïti, selon le tableau de bord de Haiti Policy House et la couverture de Juno7.ht de la
candidature Tardieu. Le CEP avait signalé sept candidats formellement inscrits au 23 septembre
2026, ainsi que des centaines de candidats parlementaires, selon Haiti Policy House. Le champ des
candidats devrait s'élargir modestement avant la date limite du 31 octobre, bien que la déclaration
d'une figure majeure supplémentaire n'ait pas été rapportée par les sources examinées au 23
octobre.
L'inscription la plus contestée est celle de Michel Martelly, qui a déposé sa candidature à la
présidence le 16 octobre 2026, selon le Haitian Times. Martelly, l'ancien président qui a gouverné par
décret depuis janvier 2015 après la dissolution du parlement, est entré dans la course en suscitant
une couverture internationale immédiate et des questions non résolues sur son éligibilité. Le décret
électoral du 2 juin 2026 a introduit des exigences de contrôle financier et d'intégrité pour les
candidats à la présidence allant au-delà du minimum constitutionnel, réponse législative directe aux
préoccupations concernant la participation de personnalités sanctionnées ou proches de
personnalités sanctionnées, selon l'analyse du Haitian Times sur l'éligibilité du 7 août. Cependant,
selon RFI (rfi.fr, 6 août 2026), aucun mécanisme formel de disqualification du CEP n'avait été
publiquement activé à cette date, et aucune source ultérieure examinée ne documente une décision
du CEP sur l'éligibilité de Martelly. Le tableau de bord de Haiti Policy House identifie Martelly comme
étant proche de personnes sanctionnées : son associé Charles Saint-Rémy a été sanctionné par le
Canada en janvier 2023, selon l'avis de sanctions de Canada.ca. Aucune désignation personnelle de
Martelly par le Département du Trésor américain (OFAC) sur la liste SDN n'est documentée dans les
sources examinées pour le cycle actuel ; la liste SDN a été mise à jour pour la dernière fois le 15
octobre 2026. La question de savoir si les dispositions de contrôle d'intégrité du CEP seront
appliquées ou les critères selon lesquels les individus proches de personnes sanctionnées sont
évalués demeure publiquement non résolue.
ÉVALUATION AYITI INTEL : La candidature de Martelly fonctionne actuellement comme un test
politique de la crédibilité du CEP en matière d'application des règles. Si le CEP accepte formellement
son inscription sans évaluation d'éligibilité publiée, cela compromet l'objectif déclaré du décret du 2
juin. S'il le disqualifie, il risque de déclencher une confrontation avec une figure qui conserve une
base politique documentée et une capacité démontrée à mobiliser des partisans. L'un ou l'autre
résultat remodèle la dynamique des coalitions dans le champ présidentiel, quel que soit le moment
où les élections ont effectivement lieu.
Parmi les candidats déclarés, Jerry Tardieu sous En Avant pour Haïti représente l'une des
candidatures les plus lisibles sur le plan international, selon la couverture de Juno7.ht. Claude
Joseph, l'ancien Premier ministre par intérim dont la plateforme EDE s'appuie sur un soutien
technocratique et des réseaux internationaux, a déposé sa candidature sous une étiquette partisane
ayant une exposition gouvernementale antérieure. Les candidats déclarés restants Adrien,
October 23, 2026
Deronneth, Dorfeuille et d'autres identifiés dans le tableau de bord de Haiti Policy House n'ont pas
généré de couverture médiatique locale comparable à la date des sources examinées, ce qui
suggère que leurs bases de soutien et leurs infrastructures organisationnelles ne sont pas encore
documentées dans les rapports disponibles.
La posture de Moïse Jean-Charles mérite un traitement distinct. Selon les sources examinées dans
les données de recherche d'AYITI INTEL, Jean-Charles a publiquement rejeté les déclarations
électorales du Core Group signal qu'il se positionne explicitement en dehors du processus géré par
la communauté internationale plutôt que comme candidat en son sein. Il ne s'agit pas d'une
candidature déclarée ; c'est un positionnement politique qui pourrait évoluer vers une coalition de
boycott organisée ou une revendication alternative de légitimité. La base géographique de
Jean-Charles dans le nord et son histoire d'opposition politique confrontationnelle confèrent à cette
posture un potentiel perturbateur plus grand que celui d'un candidat mineur.
Aucune source examinée ne documente d'accords formels de coalition entre les candidats
présidentiels déclarés au 23 octobre. L'environnement actuel dépôt des candidatures ouvert, aucune
période de campagne active, aucune date d'élection fixée produit une situation dans laquelle les
candidats brûlent des ressources organisationnelles sans horizon de mobilisation. La construction de
coalitions dans ce contexte relève du positionnement post-report plutôt que de la préparation au
scrutin de décembre.
CONTEXTE HISTORIQUE
Le cycle de fraude au premier tour de 2015 a produit un schéma directement pertinent pour 2026 :
un champ de candidats contesté inscrit sous un CEP de composition disputée a généré un résultat
au premier tour qui a été annulé après des protestations, nécessitant une remise à zéro électorale
complète. Ce cycle a également mis en scène des figures politiques proches de personnes
sanctionnées dont l'éligibilité était contestée mais pas définitivement tranchée avant le premier tour
un précédent dont le CEP actuel ne s'est pas encore démarqué. La propre présidence de Martelly
est issue de ce cycle et a été soutenue par le vide de gouvernance par décret qu'il a produit.
POINTS DE DISCUSSION
L'absence de publication par le CEP d'une décision sur l'éligibilité de Martelly au 23 octobre signifie
que la candidature la plus politiquement chargée du champ déclaré est non résolue, créant une
grenade de légitimité qui explosera quelle que soit la direction de la décision.
Le champ présidentiel déclaré comprend au moins neuf candidats sans coalitions formelles
documentées, sans période de campagne active et sans date d'élection une situation qui
récompense le positionnement plutôt que la mobilisation et pourrait produire des dynamiques de
réalignement très différentes de celles d'une campagne électorale normale.
Claude Joseph et Jerry Tardieu représentent les candidatures les plus lisibles sur le plan
international dans le champ, mais ni l'un ni l'autre n'a documenté des conditions sécuritaires dans le
Département de l'Ouest permettant des opérations de campagne dans la capitale.
October 23, 2026
Le rejet par Moïse Jean-Charles du cadre électoral du Core Group est le développement politique
non candidat le plus significatif dans le champ présidentiel ; s'il se formalise en coalition de boycott, il
pourrait délégitimer la participation quel que soit le moment où les élections ont lieu.
Le champ des candidats pour une élection sans date est un inventaire politique, et non une
campagne active ; les missions doivent évaluer les candidats sur leur durabilité organisationnelle et
leur soutien financier plutôt que sur leur dynamique actuelle.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions et journalistes doivent formellement demander au CEP une décision d'éligibilité publiée
concernant Martelly et tout autre candidat identifié comme proche de personnes sanctionnées avant
la date limite du 31 octobre.
Les organisations d'observation doivent documenter les affiliations partisanes, les bases
géographiques et les sources de financement rapportées de tous les candidats inscrits, en les
confrontant aux critères de contrôle d'intégrité du CEP, comme base de référence indépendamment
du calendrier électoral.
Les missions diplomatiques doivent engager directement le réseau de Moïse Jean-Charles pour
évaluer si son rejet du cadre du Core Group est tactique ou structurel la réponse définit l'éventail
des résultats légitimes que toute future élection peut produire.
Les analystes doivent suivre si Jean-Charles ou des figures alliées de la société civile formalisent
une coalition de boycott avant ou après la date limite du 31 octobre, car c'est le développement le
plus susceptible de recadrer l'évaluation internationale de la légitimité de toute future élection.
CONFIANCE
Confiance modérée basée sur des rapports institutionnels partiels.
DÉVELOPPEMENT 3 : SCRUTINS LOCAUX, COURSES DANS LES GRANDES VILLES ET COURTIERS DE POUVOIR
Le rapport du CEP du 23 septembre a documenté des centaines de candidats parlementaires
inscrits aux côtés des sept candidats présidentiels déclarés à cette date, selon le tableau de bord de
Haiti Policy House. Aucune source haïtienne locale examinée pour ce rapport n'a publié une liste
complète des candidats sénatoriaux ou au poste de député avec leurs affiliations partisanes au 23
octobre. Le champ des scrutins locaux ne peut donc pas être rapporté au niveau des candidats
individuels avec la rigueur d'attribution que les standards de sourçage de ce rapport exigent. Ce qui
peut être documenté, c'est l'environnement structurel qui façonne ces courses et les dynamiques de
courtiers de pouvoir opérant en dessous du champ présidentiel.
October 23, 2026
La mairie de Port-au-Prince et les sièges législatifs du Département de l'Ouest sont les courses
locales les plus déterminantes et simultanément les plus opérationnellement inaccessibles. Avec des
gangs contrôlant environ 85 à 90 % de Port-au-Prince selon le rapport du panel d'experts de l'ONU
(compilé d'octobre 2025 à juillet 2026), aucun candidat ne peut mener des opérations de campagne
dans la capitale, aucune inscription n'a eu lieu dans le Département de l'Ouest, et aucune
infrastructure d'inscription ou de vote du CEP n'est opérationnelle dans la zone métropolitaine. Tout
candidat au poste de député ou de sénateur pour les circonscriptions du Département de l'Ouest fait
campagne pour un siège dans un district où il n'existe aucun électeur inscrit dans le cadre du
processus actuel. La course à la mairie de Port-au-Prince est dans la même situation : une
compétition pour un poste dans une ville où le processus électoral n'a aucune empreinte
opérationnelle.
Dans les villes secondaires, la situation varie selon les zones de sécurité. Cap-Haïtien, Gonaïves,
Les Cayes, Jacmel, Jérémie, Port-de-Paix, Fort-Liberté, Hinche et Miragoâne ont toutes des profils
de sécurité matériellement différents de celui du Département de l'Ouest. Cependant, le panel
d'experts de l'ONU documente l'expansion des gangs dans les départements de l'Artibonite et du
Centre, selon AP News (apnews.com/article/haiti-un-report-gang-violence-elections), ce qui signifie
que Gonaïves (capitale de l'Artibonite) et Hinche (Centre) font face à des conditions dégradées mais
pas équivalentes. Aucune source locale examinée ne documente des candidatures spécifiques à la
mairie dans ces villes avec la précision d'attribution que ce rapport exige au 23 octobre.
La couche des courtiers de pouvoir non candidats est le facteur le plus opérationnellement significatif
dans l'environnement des scrutins locaux. La constatation du panel d'experts de l'ONU selon laquelle
l'alliance de gangs Viv Ansanm connaît des « fractures violentes » avec des chefs de factions
individuels cherchant indépendamment un « parrainage politique et économique » signifie que la
relation entre le contrôle territorial des gangs et les candidats politiques est en réalignement actif.
Historiquement, les courses haïtiennes au niveau local dans les zones urbaines contestées ont
impliqué des relations financières et logistiques entre les candidats et les acteurs armés au niveau
des quartiers ; la fracture de Viv Ansanm introduit de nouveaux parrains potentiels et de nouveaux
candidats potentiels dans ces réseaux à un moment où aucune période de campagne formelle n'est
active. Cette dynamique n'est pas documentée au niveau des candidats individuels dans les sources
examinées, mais constitue le contexte structurel dans lequel toute campagne au niveau local sera
lancée.
Le Premier ministre Fils-Aimé, bien que non candidat, est le courtier de pouvoir institutionnel
dominant. Son autorité découle du Pacte national pour la stabilité et de la reconnaissance de
l'OEA (déclaration de l'OEA, 9 février 2026) plutôt que d'un mandat électoral, lui accordant une
latitude significative pour façonner le calendrier révisé du CEP, contrôler l'allocation des
ressources pour les infrastructures électorales et déterminer les termes de l'engagement
international. Son acte symbolique public de s'inscrire pour voter à Pétion-Ville, noté dans le
tableau de bord de Haiti Policy House, est destiné à renforcer la confiance de la diaspora
plutôt qu'à constituer une démonstration opérationnelle un geste qui souligne à quel point
ses outils électoraux opérationnels sont réellement limités.
ÉVALUATION AYITI INTEL : Les courses au niveau local dans les départements fonctionnels
Cap-Haïtien, Jacmel, Port-de-Paix représentent les élections les plus susceptibles d'être conduites
October 23, 2026
avec une certaine crédibilité si et quand le vote a lieu, simplement parce que leurs conditions
sécuritaires sont matériellement moins compromises que celles de l'Ouest et de l'Artibonite. Les
missions d'observation doivent considérer ces courses comme la principale opportunité de
renforcement de la légitimité dans tout scénario électoral futur, tout en reconnaissant qu'un
parlement sans représentation du Département de l'Ouest serait structurellement incomplet.
CONTEXTE HISTORIQUE
Haïti n'a pas siégé de législature pleinement constituée depuis janvier 2020, date à laquelle les
mandats de la plupart des parlementaires ont expiré. L'absence actuelle d'une législature plus de six
ans est la plus longue lacune législative constitutionnelle de l'ère post-Duvalier et dépasse la
période de gouvernance par décret qui a suivi l'effondrement électoral de 2015. Les champs de
candidats au niveau local dans les cycles précédents ont historiquement servi d'instruments de
patronage pour les coalitions présidentielles plutôt que de forces législatives indépendantes ; cette
dépendance structurelle réduit la probabilité d'un parlement capable de contrôler l'autorité exécutive
même si des élections ont lieu.
POINTS DE DISCUSSION
L'exclusion totale du Département de l'Ouest de l'inscription des électeurs signifie que toute élection
sénatoriale ou au poste de député dans les circonscriptions de Port-au-Prince constituerait une
anomalie juridique et représentative une législature élue depuis une capitale sans électeurs inscrits.
La fracture de Viv Ansanm est la variable la plus opérationnellement significative au niveau des
scrutins locaux : des chefs de gangs cherchant indépendamment des parrainages sont des entrants
potentiels dans les réseaux de financement des candidats, introduisant une imprévisibilité dans des
courses qui dépendaient historiquement de relations stables entre gangs et politiciens.
Les courses dans les villes secondaires notamment Cap-Haïtien, Jacmel et Port-de-Paix
représentent l'opportunité électorale la plus crédible dans tout calendrier révisé et doivent recevoir
des ressources disproportionnées de la part des observateurs et de la société civile.
Le vide législatif de six ans signifie que tout parlement siégé lors d'une élection de 2027 fera face à
un déficit aigu de capacité institutionnelle, nécessitant une assistance technique internationale quel
que soit le candidat vainqueur dans les sièges individuels.
L'autorité technocratique du Premier ministre Fils-Aimé est la variable dominante de courtier de
pouvoir dans l'environnement des scrutins locaux, car son contrôle sur les ressources du CEP et les
infrastructures électorales façonne les conditions dans lesquelles tout candidat peut faire campagne.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les organisations d'observation et les missions diplomatiques doivent commander des évaluations
sécuritaires de terrain à Cap-Haïtien, Jacmel, Port-de-Paix et Hinche comme environnements
électoraux les plus réalisables pour un calendrier révisé, et engager dès maintenant la société civile
locale dans ces villes.
October 23, 2026
Les missions doivent formellement demander au CEP une répartition départementale de tous les
candidats inscrits et de leurs affiliations partisanes avant la date limite du 31 octobre, établissant un
dossier de référence indépendant des communications du CEP.
Les analystes suivant les dynamiques gang-politique doivent surveiller spécifiquement les chefs de
factions identifiés dans le rapport du panel d'experts de l'ONU comme cherchant de nouveaux
parrainages politiques les noms et affiliations de ces chefs, une fois identifiés, doivent être croisés
avec les rapports de financement des candidats déclarés.
Les journalistes couvrant l'environnement des scrutins locaux doivent prioriser Cap-Haïtien, Les
Cayes et Jacmel comme lieux de reportage opérationnellement accessibles où l'activité des
candidats est plus observable qu'à Port-au-Prince.
Les audiences du secteur des investisseurs et des entreprises doivent traiter le vide législatif de six
ans comme un facteur de risque structurel : tout gouvernement formé après une élection de 2027
gouvernera sans procédures parlementaires établies, infrastructure de commissions ou mémoire
institutionnelle pendant une période de transition significative.
CONFIANCE
Faible confiance en raison de rapports limités ou contradictoires.
À SURVEILLER
PROCHAINES 24 À 48 HEURES
Surveiller si le CEP publie une déclaration publique sur la question de l'éligibilité de Martelly avant la
date limite du 31 octobre ; le silence lui-même est un signal. Surveiller tout annonce d'inscription de
candidat présidentiel majeur supplémentaire avant la fermeture de la fenêtre de dépôt des
candidatures. Surveiller Le Nouvelliste, Juno7 et Radio Kiskeya pour toute communication du CEP
sur le calendrier révisé, y compris les déclarations informelles l'absence de signal sur le calendrier
deux semaines après le report est en soi un indicateur de détérioration.
CETTE SEMAINE
La date limite de dépôt des candidatures du 31 octobre est le principal signal électoral de la
semaine. Surveiller si le CEP prolonge la date limite une troisième fois ce qui signalerait un
effondrement plus profond du processus ou ferme la liste, verrouillant le champ pour une future
élection à date indéterminée. Surveiller toute publication formelle par le CEP des résultats du
contrôle d'éligibilité, notamment concernant Martelly et tout autre candidat identifié comme proche de
personnes sanctionnées par le tableau de bord de Haiti Policy House. Surveiller les signaux
provenant du réseau de Moïse Jean-Charles concernant la formalisation d'une coalition de boycott.
Surveiller Radio Métropole, AlterPresse et Rezo Nodwès pour l'activité des coalitions de la société
civile autour du cadrage « Aba Eleksyon Malatyong ».
October 23, 2026
HORIZON STRATÉGIQUE
La projection de juin 2027 de Haiti Policy House implique qu'un calendrier révisé doit être publié et
opérationnel d'ici janvier ou février 2027 pour permettre un temps de préparation minimal. L'absence
d'un calendrier révisé publié d'ici février 2027 doit être traitée comme un indicateur que les élections
glissent au-delà de mi-2027 et potentiellement vers un retard structurel plutôt que tactique. Le
renouvellement du mandat de la BINUH au Conseil de sécurité de l'ONU en novembre et décembre
2026 sera le principal signal de gouvernance internationale : si la portée de la mission politique de la
BINUH est réduite ou si le mandat de la MSS fait face à des réductions de ressources sans progrès
électoral à citer, le levier pratique de la communauté internationale sur la gouvernance de transition
haïtienne se contractera. Les dynamiques de fracture de Viv Ansanm des chefs de factions
individuels cherchant des parrains politiques et économiques représentent la variable de l'horizon
stratégique avec la plus grande volatilité à court terme ; tout alignement documenté entre un chef de
gang spécifique et un candidat déclaré modifierait matériellement le calcul sécuritaire pour tous les
départements, et pas seulement pour Port-au-Prince. D'ici le premier trimestre 2027, l'absence d'un
calendrier révisé crédible devrait déclencher une réévaluation formelle parmi les partenaires
internationaux pour déterminer si le mandat électoral du gouvernement Fils-Aimé reste un cadre
organisateur viable pour le soutien international, ou si un nouveau pacte politique est nécessaire.
SOURCES PRIMAIRES
Radio Métropole Couverture continue du CEP et du processus électoral.
Le Nouvelliste (lenouvelliste.com/article/272950) Modification du décret du CEP du 5 octobre et
couverture de la prolongation du dépôt des candidatures.
Le National (lenational.org/article/politique/8193) Justification du report du CEP et données
d'inscription.
ReliefWeb (S/2026/800) Rapport du Secrétaire général de la BINUH, documentation de la visite du
Groupe d'éminentes personnalités de la CARICOM, compte rendu de la 10246e réunion du Conseil
de sécurité de l'ONU.
AP News (apnews.com/article/haiti-un-report-gang-violence-elections) Conclusions du panel
d'experts de l'ONU sur le contrôle des gangs et les fractures de Viv Ansanm.
RFI (rfi.fr, 6 août 2026) Analyse de la controverse sur l'éligibilité des candidats sanctionnés.
Tableau de bord des élections de Haiti Policy House (haitipolicyhouse.org/haiti-election-tracker)
Données d'inscription des candidats, chiffres d'inscription, évaluations de probabilité, statut du vote
de la diaspora.
Juno7.ht Déclaration de candidature de Jerry Tardieu sous En Avant pour Haïti.
Haitian Times (haitiantimes.com/fr/2026/10/16) Inscription présidentielle de Michel Martelly, 16
octobre 2026.
Analyse d'éligibilité du Haitian Times (haitiantimes.com, 7 août 2026) Exigences de contrôle
d'intégrité du décret électoral du 2 juin.
AlterPresse Couverture de la société civile, cadrage Aba Eleksyon Malatyong.
Rezo Nodwès Colonne de Raoul Gérard, cadrage Aba Eleksyon Malatyong.
October 23, 2026