RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Le Conseil Électoral Provisoire d'Haïti a confirmé le 13 décembre 2026 comme date du premier tour pour le vote
simultané présidentiel, législatif, municipal et référendaire constitutionnel le premier vote général du pays depuis
2016. Le développement le plus déterminant est l'exclusion structurelle du Département de l'Ouest du processus
d'enregistrement des électeurs, laissant environ 34 pour cent de la population haïtienne en dehors du processus
d'inscription en raison du contrôle des gangs. Cette exclusion à elle seule crée un déficit de légitimité qu'aucun
niveau d'approbation internationale ne peut dissimuler avant décembre. L'information exploitable pour les
missions et les observateurs est la suivante : la date limite d'inscription du 13 octobre est le premier indicateur
institutionnel irréversible de la faisabilité de décembre si l'Ouest reste exclu à cette date, la crédibilité juridique et
politique de l'élection sera contestée avant qu'un seul vote ne soit exprimé.
RÉSUMÉ RAPIDE POUR LES PARTIES PRENANTES
Le CEP a publié un calendrier officiel fixant le 13 décembre 2026 comme date du premier tour, avec
l'enregistrement ouvert jusqu'au 13 octobre 2026, mais le Département de l'Ouest qui abrite Port-au-Prince et
environ un tiers de tous les Haïtiens est exclu de l'inscription en raison du contrôle des gangs.
Les principales figures de la course présidentielle à la date de ce bulletin sont Camille Leblanc de la coalition
VIKTWA, Edgard Leblanc Fils de l'OPL, Maryse Narcisse de Fanmi Lavalas, Youri Latortue de AAA, et Fritz Jean
de Inite-LAPEH ; le PHTK, qui a dominé les deux derniers cycles électoraux haïtiens, est absent des
groupements approuvés.
La question non résolue de l'éligibilité des candidats sous sanctions internationales notamment Youri Latortue,
signalé par RFI le 6 août 2026 est la variable politique la plus opérationnellement dangereuse : une décision
tardive de disqualification du CEP pourrait fracturer les coalitions et produire des violences pré-électorales.
La figure à surveiller cette semaine est le Secrétaire Général de l'OEA Albert Ramdin, qui a déclaré
publiquement que l'inscription doit s'accélérer et qui a négocié l'accord Japon-OEA de trois millions de dollars
pour les cartes d'identité en août sa prochaine déclaration publique sur l'accès à l'Ouest signalera si le soutien
international à la date de décembre s'affaiblit.
Le risque central pesant sur la tenue du vote n'est pas logistique mais géographique : si les groupes armés
maintiennent le contrôle territorial du Département de l'Ouest jusqu'en octobre, aucune combinaison réaliste de
déploiement du MSS, de financement de l'OEA ou de décret du CEP ne peut produire un premier tour crédible
dans le département le plus peuplé d'Haïti.
DÉVELOPPEMENT 1 : CALENDRIER ÉLECTORAL, CEP ET FAISABILITÉ
Le calendrier révisé du CEP, publié sous la note de presse CEP/DC/028-2526 et confirmé par IFES
electionguide.org, fixe le 13 décembre 2026 comme date du premier tour du vote présidentiel et législatif, des
élections locales et d'un référendum constitutionnel simultanés. Un second tour pour les élections législatives et,
September 04, 2026
si nécessaire, le scrutin présidentiel est fixé au 21 février 2027. La date d'inauguration prévue est le 7 février
2027 une anomalie de séquençage qui, comme le note le suivi électoral de Haiti Policy House, signifie qu'un
président assermenté pourrait devoir prêter serment avant que le second tour ne soit achevé, ou que la date
d'inauguration sera manquée. La date d'août 2026 précédemment rapportée dans certaines sources de suivi a
été officiellement abandonnée après que les seuils minimaux de sécurité et de financement n'ont pas été
atteints, selon les rapports indexés de haitiantimes.com et vantbefinfo.com. L'IFES confirme la date de décembre
comme position officielle actuelle.
L'enregistrement des électeurs a été lancé le 20 juillet 2026 dans neuf des dix départements d'Haïti. Le
Département de l'Ouest qui comprend Port-au-Prince, Cité Soleil, Carrefour, Pétion-Ville et Kenscoff a été
explicitement exclu par le CEP du lancement initial de l'enregistrement en raison des conditions d'accès
contrôlées par les gangs. Selon les chiffres de l'OIM en date de mai 2026, cités par Haiti Policy House, environ
1,47 million de personnes déplacées internes ont leur origine principale dans la zone métropolitaine de
Port-au-Prince. L'inscription reste ouverte jusqu'au 13 octobre 2026. Le Secrétaire Général de l'OEA Albert
Ramdin, lors de sa visite en Haïti en août 2026, a déclaré publiquement que les processus d'enregistrement et
d'identification doivent s'accélérer et que certaines communautés restent difficiles à atteindre, selon la
couverture en langue française de haitiantimes.com du 19 août 2026. L'accord Japon-OEA signé en août, visant
350 000 cartes d'identité biométriques et des mises à jour du registre électoral pour un coût de trois millions de
dollars, représente le principal mécanisme soutenu par les bailleurs de fonds pour combler le déficit
d'identification, selon les rapports de oas.org.
Les conditions de sécurité se sont détériorées dans les jours précédant la date de préparation de ce bulletin.
L'AP a rapporté le 2 septembre 2026 que des meurtres commis par des gangs ont eu lieu à Kenscoff un
quartier à la périphérie de Port-au-Prince avec des funérailles couvertes les 2 et 3 septembre. Cet événement
est analytiquement significatif non pas parce qu'il est unique, mais parce qu'il s'est produit dans les limites de la
capitale pendant ce que le CEP désigne comme une période d'inscription pré-électorale active. Le personnel de
la Force de Suppression des Gangs sri-lankaise de la mission MSS est arrivé à Gonaïves par voie maritime, et
les forces navales bangladaises devaient patrouiller la Baie de Port-au-Prince avec autorité d'arraisonnement,
selon Haiti Policy House. Cependant, haitiantimes.com a noté aussi récemment qu'en janvier 2026 que le MSS
n'avait pas encore significativement inversé le contrôle des gangs dans aucun théâtre majeur. Le référendum
constitutionnel inclus dans le bulletin du 13 décembre un point décrit par la couverture de Wikipédia en français
sur les élections parlementaires haïtiennes de 2026, citant des sources académiques du Haitian Times, comme
controversé dans un contexte de crise politique et sécuritaire ajoute des risques procéduraux, logistiques et de
légitimité qui sont substantiellement sous-rapportés dans la couverture en langue anglaise. Aucune source
examinée pour ce bulletin ne précise les changements constitutionnels exacts proposés pour ratification
populaire.
CONTEXTE HISTORIQUE
Les dernières élections générales d'Haïti en 2015 et 2016 ont été entachées par l'annulation du premier tour
d'octobre 2015 à la suite d'allégations de fraude impliquant le CEP et, selon les partis d'opposition de l'époque,
la machinerie électorale entourant Jovenel Moïse un cycle qui a produit des protestations, des reports et un
nouveau scrutin plutôt qu'un transfert de pouvoir établi, établissant le modèle que les observateurs surveillent
maintenant en vue d'une répétition. La dissolution du parlement en janvier 2015 a laissé Michel Martelly
gouverner par décret au travers d'un CEP nommé, un précédent structurel que le président du CPT Smith
Augustin et le PM Alix Didier Fils-Aimé reproduisent désormais : un exécutif non élu nommant et s'appuyant sur
September 04, 2026
un conseil électoral non élu, avec le même déficit de légitimité que le processus de 2015 n'a jamais pu
surmonter.
POINTS DE DISCUSSION :
La date limite d'inscription des électeurs du 13 octobre est le premier test institutionnel décisif de la faisabilité de
décembre toute exclusion continue de l'Ouest à cette date produit une crise de légitimité structurelle avant le
début du vote.
L'anomalie de séquençage du CEP investir un président le 7 février 2027 avant un éventuel second tour le 21
février n'a pas été résolue publiquement et représente une contradiction opérationnelle sur laquelle les missions
devraient chercher des éclaircissements directement auprès du CEP.
Le référendum constitutionnel inclus dans les élections générales du 13 décembre est insuffisamment planifié
sur le plan opérationnel et politiquement controversé ; il est peu probable qu'il reçoive l'investissement en
éducation civique nécessaire pour produire une ratification populaire éclairée, ce qui sera exploité par les partis
perdants pour délégitimer les résultats.
L'accord OEA-Japon pour les cartes d'identité répond à un manque réel, mais 350 000 cartes pour 1,47 million
de déplacés internes et une population d'environ 12 millions d'habitants représentent une solution partielle, non
une solution structurelle.
Les acteurs internationaux OEA, CARICOM, BINUH, États-Unis, Canada sont unanimement engagés
publiquement en faveur de décembre ; cette unité réduit la probabilité d'un report approuvé au niveau
international mais augmente le risque qu'une élection profondément défaillante se déroule avec une couverture
multilatérale.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions devraient formellement demander au CEP un plan écrit et un calendrier pour l'accès à l'inscription
dans le Département de l'Ouest y compris le seuil de sécurité requis avant la date limite du 13 octobre.
Les missions d'observation électorale devraient prévoir et planifier un scénario dans lequel les bureaux de vote
de l'Ouest fonctionnent à moins de 40 pour cent de leur capacité prévue, et élaborer en conséquence des cadres
de rapport d'urgence.
Les missions devraient obtenir et analyser le texte spécifique des modifications constitutionnelles proposées au
référendum du 13 décembre aucune source en langue anglaise indexée pour ce bulletin n'a précisé la
substance de ces modifications, ce qui est en soi un signal d'alerte pour la préparation civique.
Les journalistes et les chercheurs devraient couvrir de manière indépendante l'empreinte opérationnelle du MSS
en Artibonite et dans l'Ouest jusqu'en octobre, en suivant spécifiquement si le territoire contrôlé par les gangs se
réduit suffisamment pour permettre l'établissement de bureaux de vote.
Les donateurs internationaux devraient évaluer d'urgence si le chiffre de distribution de plus de 500 000 cartes
de l'ONI (Chaîne 52, Facebook, août 2026) et l'accord OEA-Japon pour 350 000 cartes sont additifs et non
September 04, 2026
redondants un échec de coordination ici gaspillera un délai précieux.
CONFIANCE
Confiance modérée basée sur des rapports institutionnels partiels.
DÉVELOPPEMENT 2 : CANDIDATS PRÉSIDENTIELS ET COALITIONS
Le CEP a approuvé 17 groupements politiques représentant 228 partis politiques en vertu de l'article 129 du
Décret électoral du 2 juin 2026, avec 105 formations recevant des numéros de liste pour le scrutin de décembre,
selon une cérémonie du CEP couverte sur YouTube et indexée par le suivi électoral de Haiti Policy House en
date d'août 2026. La plus grande coalition identifiée dans les données du suivi est VIKTWA, dirigée par Camille
Leblanc. Selon Haiti Policy House et la couverture de vantbefinfo.com jusqu'en août 2026, les partis et figures de
la course présidentielle comprennent Edgard Leblanc Fils de l'OPL, Maryse Narcisse de Fanmi Lavalas, Youri
Latortue de Haïti en Action/AAA, et Fritz Jean de Inite-LAPEH. AYITI INTEL évalue, sur la base de la taille des
coalitions et de la présence institutionnelle, que VIKTWA sous Camille Leblanc et AAA sous Youri Latortue
représentent les empreintes organisationnelles les plus larges dans le champ approuvé actuel, bien qu'aucune
donnée de sondage provenant de médias haïtiens nommés n'ait été examinée pour ce bulletin afin de quantifier
le soutien au niveau des candidats.
La question non résolue la plus politiquement dangereuse dans le champ présidentiel est l'éligibilité des
personnalités sous sanctions internationales. RFI a rapporté le 6 août 2026 qu'il existe un débat actif en Haïti sur
la question de savoir si des personnalités sous sanctions de l'OFAC américain, canadiennes autonomes ou de
l'UE peuvent s'inscrire et concourir. Le Décret électoral du 2 juin 2026 établit des exigences d'intégrité pour les
candidats, mais aucune source examinée ne confirme que le CEP a émis ou prépare des décisions de
disqualification fondées sur des sanctions. Youri Latortue de AAA a été sanctionné à la fois par l'OFAC et le
Canada en vertu du décret présidentiel E.O. 14059 pour des activités liées au trafic de stupéfiants ce sont des
allégations des autorités sanctionnatrices, et Latortue n'a été condamné dans aucune procédure judiciaire
haïtienne. Joseph Lambert apparaît également dans les données de suivi des élections internationales comme
une figure législative active malgré des inscriptions sur des listes de sanctions. Le régime de sanctions de l'UE a
été renouvelé le 29 juin 2026 jusqu'en juillet 2027 en vertu du Règlement (UE) 2022/2309, selon
globalsanctions.com. Évaluation d'AYITI INTEL : si le CEP n'émet pas de décision définitive d'éligibilité sur les
personnalités sanctionnées avant la clôture de l'enregistrement des candidats en octobre ou novembre 2026, le
processus entre dans une période de vulnérabilité juridique maximale toute tentative de disqualification
post-électorale sera interprétée comme un ciblage politique par les partisans de la faction perdante et pourrait
déclencher des affrontements dans la rue.
Le PHTK le parti des anciens présidents Michel Martelly et Jovenel Moïse, qui a dominé la politique électorale
haïtienne dans les années 2010 est confirmé absent des 17 groupements politiques approuvés, selon le suivi de
Haiti Policy House. Cette absence structurelle remodèle la carte électorale d'une manière qui n'est pas encore
pleinement visible dans les rapports disponibles. Les électeurs, réseaux et soutiens financiers alignés sur
Martelly ne se sont pas publiquement engagés envers des véhicules alternatifs ; AYITI INTEL évalue que
VIKTWA, en tant que coalition approuvée la plus grande, est le bénéficiaire le plus plausible du soutien flottant
September 04, 2026
adjacent au PHTK, mais il s'agit d'une inférence analytique et non d'un fait sourcé. RASANBLE, un parti qui a
officiellement nié son appartenance à une coalition entre le 10 et le 12 août 2026 selon vantbefinfo.com, se
présente de manière indépendante une décision qui fracture l'unité potentielle de l'opposition et augmente la
probabilité d'un résultat fragmenté au premier tour dans lequel aucun candidat n'atteint le seuil pour une victoire
présidentielle au premier tour.
La configuration des figures politiques est en outre compliquée par la position de l'exécutif de transition. Le PM
Alix Didier Fils-Aimé, qui a assumé l'autorité exécutive après la dissolution du CPT le 7 février 2026 selon Le
Monde et l'AFP, gouverne sans mandat élu et a déclaré que sa mission est la sécurité, le dialogue politique, les
élections et la stabilité. Le fonctionnement continu de son gouvernement tout au long de la période électorale
signifie que le pouvoir exécutif supervisant l'élection est lui-même le produit de l'arrangement de transition
créant un conflit d'intérêts inhérent que les candidats de l'opposition pourraient exploiter, en particulier si un
candidat perçoit les décisions du CEP comme politiquement motivées.
CONTEXTE HISTORIQUE
Les allégations de fraude au premier tour de 2015 portaient sur une machinerie électorale contrôlée par un CEP
que les critiques soutenaient avoir été capturé par le parti au pouvoir la vulnérabilité structurelle identique
présente aujourd'hui, où le CEP opère sous un exécutif de transition sans mandat élu. Les élections haïtiennes
de 2010 et 2015 ont toutes deux produit des premiers tours sans qu'aucun candidat n'obtienne une majorité
absolue, nécessitant des seconds tours qui ont été soit annulés soit contestés ; le champ fragmenté de 17
groupements de 2026 rend statistiquement improbable un résultat présidentiel propre au premier tour,
reproduisant ce schéma.
POINTS DE DISCUSSION :
La question de l'éligibilité des candidats sanctionnés est la variable juridique pré-électorale la plus explosive ;
une décision tardive sera plus déstabilisatrice qu'une décision précoce, quelle qu'en soit la direction.
L'absence du PHTK ne supprime pas les réseaux politiques, les électeurs et les intérêts financiers qu'il
représentait elle les déplace vers d'autres formations ou vers l'abstention, et ce déplacement n'est pas encore
cartographié.
La posture indépendante de RASANBLE signale que le champ de 17 groupements ne se consolidera pas en un
face-à-face propre à deux blocs ; les missions diplomatiques ne devraient pas planifier leurs analyses de
scénarios autour de résultats binaires de coalition.
L'absence de données de sondage confirmées de médias haïtiens signifie que les évaluations de viabilité des
candidats y compris celles de ce bulletin sont des inférences structurelles plutôt que des projections
quantifiées.
La présence de l'exécutif de transition tout au long de la période électorale est un handicap de légitimité pour le
CEP que les candidats de l'opposition utiliseront ; les missions devraient surveiller si le gouvernement de
Fils-Aimé prend des mesures visibles pour signaler une distance institutionnelle par rapport à la machinerie
électorale.
September 04, 2026
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions devraient formellement demander au CEP une décision écrite d'éligibilité sur la participation des
personnalités sous sanctions internationales, avec une date limite de 30 jours avant la publication de la liste des
candidats.
Les sections politiques des ambassades devraient cartographier maintenant les réseaux, les financeurs et les
courtiers locaux adjacents au PHTK leurs décisions d'alignement seront déterminantes dans de nombreuses
courses départementales même en l'absence d'une liste électorale du PHTK.
Les observateurs devraient préparer des protocoles de surveillance spécifiques pour la phase d'enregistrement
et d'approbation des candidats en octobre-novembre, traitant toute décision de disqualification du CEP
impliquant des personnalités sanctionnées comme un point d'éclair de Catégorie 1 nécessitant un rapport le jour
même.
Les chercheurs et journalistes devraient enquêter de manière indépendante sur la liste des candidats et le
financement de RASANBLE afin d'évaluer s'il représente un véritable véhicule politique indépendant ou une
scission tactique conçue pour fragmenter des blocs régionaux spécifiques.
CONFIANCE
Confiance modérée basée sur des rapports institutionnels partiels.
DÉVELOPPEMENT 3 : SCRUTINS INFÉRIEURS, COURSES DANS LES GRANDES VILLES ET COURTIERS DU POUVOIR
Le second tour du 21 février 2027 est désigné dans le calendrier du CEP comme la date des élections locales y
compris les courses à la mairie dans les grandes villes d'Haïti bien qu'en pratique les courses locales et
législatives soient structurellement imbriquées avec le champ présidentiel dès le premier tour. La nature
simultanée du bulletin du 13 décembre signifie que la capacité organisationnelle des partis au niveau
départemental et communal déterminera les résultats législatifs et mayoral autant que l'attrait individuel des
candidats. Le suivi électoral de Haiti Policy House et l'entrée de Wikipédia sur les élections générales haïtiennes
de 2026 notent Youri Latortue comme une figure législative majeure en Artibonite, et Joseph Lambert comme
étant également prominent tous deux sous des sanctions internationales signalées comme des allégations par
les autorités sanctionnatrices et rapportées par RFI le 6 août 2026 comme non résolues à des fins d'éligibilité.
Ces deux figures, quelle que soit la manière dont le CEP résout leur éligibilité, représentent des réseaux de
patronage local et de courtage politique à travers l'Artibonite et le Sud-Est qui façonneront les courses au sénat
et à la chambre des députés indépendamment de leurs propres candidatures.
La course à la mairie de Port-au-Prince est opérationnellement dans une catégorie à part. L'exclusion du
Département de l'Ouest de l'enregistrement des électeurs rend tout scrutin à la mairie de Port-au-Prince une
anomalie structurelle : les candidats au premier poste local de la ville ne peuvent pas être élus par une
circonscription entièrement inscrite si le département n'est pas enrôlé avant le 13 octobre. Évaluation d'AYITI
September 04, 2026
INTEL : une élection à la mairie de Port-au-Prince tenue sans enregistrement du Département de l'Ouest serait
l'élément le plus visuellement et symboliquement dommageable du processus de décembre pour la légitimité
internationale une capitale avec un électorat non enregistré élisant son propre maire est une image qu'aucun
approbation internationale ne peut pleinement compenser. Aucun média haïtien examiné pour ce bulletin n'a
rapporté de candidats déclarés pour la course à la mairie de Port-au-Prince en début de septembre 2026, ce qui
reflète en soi le degré auquel la course locale a été subordonnée aux cadres présidentiel et sécuritaire.
À Cap-Haïtien, Gonaïves, Les Cayes, Jacmel, Jérémie, Port-de-Paix, Fort-Liberté, Hinche et Miragoâne, le
schéma de l'organisation politique locale est façonné par deux forces parallèles : la structure formelle de coalition
des 17 groupements approuvés, et le pouvoir informel des courtiers non-candidats incluant les financeurs des
partis et, en Artibonite, des personnalités ayant une proximité documentée avec des dynamiques de groupes
armés. Aucune source examinée pour ce bulletin ne fournit de listes de candidats à la mairie déclarés pour ces
villes. Gonaïves est opérationnellement notable en raison du déploiement du MSS du personnel de la FSG
sri-lankaise par voie maritime dans cette ville, selon Haiti Policy House en faisant la seule grande ville
provinciale avec une présence sécuritaire multinationale confirmée au cours de la période pré-électorale, ce qui
pourrait affecter la campagne et les dynamiques de vote dans le plus grand centre urbain du Département de
l'Artibonite.
Les courtiers du pouvoir non-candidats les plus immédiatement pertinents pour les résultats des scrutins
inférieurs sont les chefs de parti et les financeurs opérant au sein et autour des 17 groupements approuvés. La
dissolution du CPT le 7 février 2026 a supprimé une couche de distribution du patronage qui avait, pendant la
période de transition, fourni aux acteurs politiques un accès aux ressources de l'État sans responsabilité
électorale. AYITI INTEL évalue que les anciens représentants sectoriels du CPT y compris les personnalités du
bloc du secteur privé représenté par Laurent Saint-Cyr pendant la période de transition conservent une capacité
organisationnelle qui sera redirigée vers les courses législatives et locales par le biais du financement et du
soutien aux candidats plutôt que par une candidature directe. Il s'agit d'une évaluation, non d'un fait sourcé, et
elle nécessite une vérification indépendante par le biais de rapports politiques haïtiens.
CONTEXTE HISTORIQUE
Les élections haïtiennes de 2015 ont produit des allégations généralisées de fraude dans les scrutins inférieurs
qui se sont révélées finalement plus institutionnellement dommageables que le scrutin présidentiel lui-même les
courses locales étaient le principal théâtre d'achat de votes et de manipulation des bulletins, un schéma que le
CEP peu pourvu en personnel et le parlement absent sont structurellement incapables de décourager en 2026.
L'offensive Viv Ansanm de février 2024, qui faisait suite à la tradition de l'Armée Cannibal de 2004 de prendre le
contrôle de Gonaïves pour exercer une pression sur le gouvernement central, a démontré que le Département
de l'Artibonite reste le territoire le plus opérationnellement contesté tant pour les groupes armés que pour les
réseaux politiques la combinaison de la base législative de Latortue et du déploiement du MSS à Gonaïves fait
de l'Artibonite le théâtre des scrutins inférieurs à enjeu le plus élevé du scrutin de décembre.
POINTS DE DISCUSSION :
La course à la mairie de Port-au-Prince ne peut pas être légitimement conduite sans enregistrement du
Département de l'Ouest ; les missions doivent presser le CEP sur cette question juridictionnelle spécifique, et
pas seulement sur la question générale de l'accès à l'enregistrement.
September 04, 2026
Le Département de l'Artibonite est le théâtre législatif et sécuritaire à enjeu le plus élevé simultanément le
réseau de Latortue, le réseau de Lambert et le déploiement du MSS y convergent d'une manière qui nécessite
une surveillance dédiée.
La dissolution du CPT a libéré les anciens courtiers du pouvoir de la période de transition pour rediriger les
ressources vers le cycle électoral ; leur financement de candidats législatifs et locaux représente un canal
d'influence qui n'est suivi dans aucune source examinée pour ce bulletin.
Gonaïves est la seule grande ville provinciale avec une présence sécuritaire multinationale confirmée ; cette
asymétrie affectera l'accès à la campagne et potentiellement la participation électorale d'une manière qui
avantage les candidats disposant d'une infrastructure organisationnelle existante par rapport aux challengers.
Aucune liste de candidats à la mairie déclarés pour aucune grande ville haïtienne n'a été publiée dans les
sources examinées ; le paysage des courses locales est un écart de renseignement significatif que les missions
et les observateurs devraient prioriser combler avant octobre.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions d'observation devraient établir des cellules de surveillance départementales dédiées pour
l'Artibonite et l'Ouest comme les deux théâtres législatifs et locaux à risque le plus élevé avant la clôture de la
phase d'enregistrement des candidats.
Les journalistes devraient chercher d'urgence des informations sur les candidats à la mairie déclarés auprès des
stations de radio haïtiennes locales Radio Métropole, Radio Kiskeya, Rezo Nòdwès et Magik9 comme
principaux vecteurs de couverture des développements des courses locales non capturés dans les médias
imprimés centrés sur Port-au-Prince.
Les missions devraient formellement soulever auprès du CEP le mécanisme juridique spécifique en vertu duquel
une course à la mairie de Port-au-Prince serait conduite si l'enregistrement du Département de l'Ouest reste
incomplet et documenter la réponse du CEP.
Les investisseurs ayant des opérations à Cap-Haïtien et à Gonaïves devraient surveiller l'alignement politique
local autour de la course à la mairie, car le nouveau maire contrôlera les permis, les contrats municipaux et la
coordination sécuritaire locale dès son investiture.
Haiti Policy House et le BINUH devraient publier conjointement un outil de suivi des candidats au niveau
départemental avant octobre ; l'écart actuel dans l'infrastructure de surveillance des scrutins inférieurs est
disproportionné par rapport au profil de risque des courses locales.
CONFIANCE
Faible confiance en raison de rapports limités ou contradictoires.
À SURVEILLER
September 04, 2026
PROCHAINES 24 À 48 HEURES
Surveiller si le CEP ou le bureau du PM Fils-Aimé publie une déclaration officielle en réponse aux meurtres
commis par des gangs à Kenscoff le 2 septembre et leurs implications pour la planification de la sécurité
électorale dans l'Ouest.
Suivre la couverture de Radio Kiskeya, Radio Métropole et AlterPresse sur toute consultation sécuritaire
d'urgence entre la PNH, le commandement du MSS et le CEP à la suite de l'incident de Kenscoff.
Surveiller les communications publiques du SG de l'OEA Ramdin pour tout changement de langage allant du
soutien au calendrier de décembre vers une conditionnalité toute introduction d'un langage de critères ou de
conditions sera un signal significatif.
CETTE SEMAINE
Le développement le plus important à suivre cette semaine est de savoir si un officiel du CEP ou un porte-parole
du gouvernement aborde la question de l'accès à l'enregistrement dans le Département de l'Ouest avec
précision une date limite, un seuil de sécurité ou un mécanisme de contingence.
Surveiller les mouvements de coalition parmi les partis dans les groupements approuvés à la suite de la posture
d'indépendance confirmée de RASANBLE ; tout parti secondaire déclarant son indépendance d'une coalition
majeure cette semaine réduit la probabilité d'un scrutin présidentiel structuré à deux tours.
Surveiller les radios locales haïtiennes et les réseaux sociaux pour toute déclaration de candidature dans les
grandes villes provinciales l'absence de candidats locaux déclarés est en soi un signal de détérioration de la
préparation organisationnelle.
Suivre si les autorités de sanctions de l'OFAC ou canadiennes publient toute communication concernant la
participation électorale de personnalités haïtiennes sanctionnées ; un signal international d'application des
sanctions avant la publication de la liste des candidats du CEP forcerait une réponse du CEP.
HORIZON STRATÉGIQUE
La voie réaliste vers un vote crédible le 13 décembre 2026 exige que trois conditions simultanées soient remplies
avant mi-novembre : un enregistrement significatif des électeurs dans l'Ouest, une liste de candidats publiée et
juridiquement défendable qui résout la question de l'éligibilité des sanctions, et une présence sécuritaire
MSS-PNH démontrable dans suffisamment de bureaux de vote pour soutenir un chiffre de participation plausible.
Évaluation d'AYITI INTEL : au 4 septembre 2026, aucune de ces trois conditions n'est en passe d'être remplie au
niveau requis pour un processus capable de résister à une contestation juridique post-électorale.
Le scénario le plus probable est une élection partielle tenue le 13 décembre dans huit ou neuf départements
avec une participation significative, mais avec l'Ouest produisant un vote sévèrement déprimé ou
administrativement suspendu, générant un résultat présidentiel que les candidats de l'opposition contesteront
immédiatement comme illégitime. Ce scénario d'élection partielle est plus dangereux qu'un report pur et simple
parce qu'il produit un président élu contesté plutôt qu'un processus reporté, et le paysage institutionnel d'Haïti
pas de parlement en exercice, un pouvoir judiciaire sous de sévères contraintes de ressources, un CEP sans
September 04, 2026
autorité d'application indépendante ne dispose d'aucun mécanisme crédible pour arbitrer une contestation
massive de légitimité.
La date d'inauguration du 7 février 2027 est la date limite politique dure qui guide tous les acteurs. Le
gouvernement du PM Fils-Aimé, l'OEA, la CARICOM et le BINUH sont tous investis dans l'atteinte de cette date.
Évaluation d'AYITI INTEL : cet investissement est le principal moteur de la pression à procéder en décembre
même dans des conditions sous-optimales, et représente un risque systémique que les missions devraient
intégrer dans leur planification de contingence le désir de la communauté internationale de déclarer une
transition réussie pourrait dépasser la réalité opérationnelle sur le terrain.
SOURCES PRIMAIRES
CEP Haïti. cephaiti.ht. Publication du calendrier officiel, note de presse CEP/DC/028-2526 ; avis de lancement de
l'enregistrement des électeurs, juillet 2026.
OEA. oas.org. Communiqué de presse E-016/26, 2 février 2026 ; accord Japon-OEA, août 2026.
Associated Press. apnews.com. Rapport sur les meurtres commis par des gangs à Kenscoff, 2-3 septembre
2026.
Haiti Policy House. haitipolicyhouse.org. Suivi électoral haïtien et rapports sur le déploiement du MSS,
août-septembre 2026.
Vantbef Info. vantbefinfo.com. Rapports sur l'indépendance de la coalition RASANBLE, 12 août 2026 ; couverture
de l'enregistrement des électeurs, 22 juillet 2026.
RFI Haïti. rfi.fr. Rapport sur les candidats éligibles sous sanctions, 6 août 2026 ; couverture de la transition du
CPT, 6-7 février 2026.
Le Monde / AFP. lemonde.fr. Dissolution du CPT et transfert de l'autorité exécutive à Fils-Aimé, 7 février 2026.
Le Nouvelliste. lenouvelliste.com. Quotidien de référence de Port-au-Prince, couverture électorale 2026.
AlterPresse. alterpresse.org. Couverture politique et des droits humains en Haïti, période électorale 2026.
Radio Kiskeya. radiokiskeya.com. Actualités haïtiennes et surveillance électorale, 2026.
Juno7. juno7.ht. Développements politiques haïtiens, période électorale 2026.
Rezo Nòdwès. rezondwès.com. Couverture politique et sécuritaire du nord d'Haïti, 2026.
September 04, 2026