RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Le CEP a officiellement fixé au 13 décembre 2026 la date du premier tour des premières élections générales d'Haïti
depuis 2016, mais le processus comporte une contradiction structurelle qui menace sa légitimité avant même qu'un
bulletin de vote soit déposé. L'inscription des électeurs a débuté le 20 juillet 2026 dans neuf des dix départements,
excluant explicitement le département de l'Ouest comprenant Port-au-Prince et environ 34 pour cent de la
population nationale en raison du contrôle exercé par les gangs. La coalition VIKTWA, dirigée par Camille Leblanc
et revendiquant 52 partis membres, est la formation politique dominante, tandis que le champ présidentiel est
encore en formation. L'enseignement opérationnel pour les missions et les observateurs : le vide d'inscription dans
l'Ouest n'est pas un problème logistique susceptible d'une solution administrative avant décembre c'est une
exclusion dictée par la sécurité qui exige une décision politique sur la question de savoir si l'élection se tient comme
un scrutin partiel ou est reportée pour la quatrième fois.
RÉSUMÉ RAPIDE POUR LES PARTIES PRENANTES
La date opérationnelle du premier tour fixée par le CEP est le 13 décembre 2026, résultat d'au moins trois révisions
du calendrier à partir d'une cible initiale du 30 août 2026 ; l'inscription des électeurs est en cours dans neuf
départements mais totalement absente du département de l'Ouest.
La coalition VIKTWA, dirigée par Camille Leblanc et revendiquant 52 partis membres, est la formation politique
organisée la plus importante ; le champ présidentiel n'a pas encore fait l'objet de dépôts officiels, la validation des
dossiers de candidature étant en attente d'une action du CEP en septembre et octobre.
RASANBLE, désormais dirigé par le Dr Franche Lawson, a formellement rejeté l'appartenance à toute coalition et
se positionne comme une force indépendante ; Fanmi Lavalas a participé avec des réserves déclarées, le
porte-parole Jodson Dirogène ayant publiquement critiqué le CEP le 28 août.
Le personnage nécessitant la surveillance la plus étroite est l'ancien sénateur Youri Latortue, qui fait l'objet de
sanctions de l'OFAC et du Canada et a publiquement affirmé son intention de se présenter ; le décret électoral
n'exclut que les individus sanctionnés par le Conseil de sécurité de l'ONU, créant une ambiguïté juridique que le
CEP n'a pas résolue.
Le risque central est l'exclusion du département de l'Ouest : si Port-au-Prince et les zones environnantes restent
non inscrites jusqu'au jour du scrutin, les résultats représenteront au plus 66 pour cent des électeurs éligibles et
seront vulnérables à une délégitimation généralisée indépendamment de l'exécution technique dans les neuf
départements participants.
DÉVELOPPEMENT 1 : CALENDRIER ÉLECTORAL, CEP ET FAISABILITÉ
La cible opérationnelle du CEP pour le premier tour des élections présidentielle, législatives et municipales est le 13
décembre 2026. La ministre haïtienne des Affaires étrangères, Raina Forbin, a publiquement déclaré viser
l'inauguration d'un président élu en février 2027, reconnaissant implicitement la fragilité du calendrier de décembre.
Le site du CEP confirme que 105 groupements politiques ont reçu des numéros officiels de bulletins de vote et que
l'inscription des électeurs est en cours dans neuf départements via les Centres d'inscription et de vote (CIV). Ces
marqueurs formels de l'élan du processus coexistent avec des conditions structurelles qui ont historiquement
précédé l'effondrement électoral haïtien.
Le calendrier a subi au minimum trois révisions significatives. La cible initiale du premier tour était le 30 août 2026,
fixée en novembre 2025. Le 20 mars 2026, un arrêté exécutif a modifié le mandat du CEP et lui a ordonné
d'appliquer les articles 12 et 14 du Pacte de stabilité nationale, des dispositions relatives aux procédures
d'amendement constitutionnel. Des critiques, tels que rapportés dans Le National, ont caractérisé cette intervention
September 01, 2026
comme une ingérence exécutive sur un organe qui est tenu, selon la tradition constitutionnelle haïtienne, d'être
indépendant. Le premier tour a été ensuite réinitialisé au 13 décembre 2026. Le même scrutin comportera un
référendum de ratification populaire sur des modifications constitutionnelles, une caractéristique à laquelle le
gouvernement américain s'est explicitement opposé selon les signaux du Département d'État rapportés par WLRN
et AP en mars 2026. Le couplage d'un référendum constitutionnel avec un processus électoral contesté ajoute une
variable de légitimité que les acteurs internationaux, notamment Washington, ont signalé comme pouvant affecter
leur évaluation globale du scrutin.
L'inscription des électeurs a débuté le 20 juillet 2026 dans neuf départements. Le département de l'Ouest
englobant Port-au-Prince, Carrefour, Pétion-Ville, Delmas et les communes urbaines environnantes, avec environ
quatre millions d'habitants représentant approximativement 34 pour cent de la population nationale a été
explicitement exclu en raison du territoire contrôlé par les gangs, comme confirmé par les sources du CEP et le
Haiti Times. Le CEP n'a fourni aucun calendrier public pour l'intégration de l'Ouest dans les opérations d'inscription.
Le représentant de l'OEA, Ramdin, a explicitement signalé la nécessité d'accélérer l'inscription pour les populations
déplacées et les communautés inaccessibles aux gangs, comme rapporté par le Haiti Times le 19 août. L'OEA et le
Japon ont sécurisé un accord d'identification de 3 millions de dollars en août 2026 pour étendre la couverture
mobile, et le Premier ministre Fils-Aimé a personnellement visité le siège de l'ONI le 24 mars pour accélérer le
traitement des cartes. Malgré ces mesures, la propre base de données de l'ONI recense environ six millions
d'Haïtiens en âge de voter, et plus de 500 000 cartes sont en attente de distribution. L'écart structurel entre la
capacité d'identification et l'accès à l'inscription dans l'Ouest n'est pas comblé par ces mesures.
La Force de suppression des gangs présente une empreinte opérationnelle limitée par rapport au problème de
contrôle territorial. Selon Haiti Policy House et les rapports du Conseil de sécurité de l'ONU, le personnel sri-lankais
de la FSG s'est déployé à Gonaïves dans l'Artibonite par voie maritime, et une unité navale bangladaise devrait
patrouiller dans la baie de Port-au-Prince avec autorité d'abordage de navires. Aucun de ces déploiements ne
s'attaque directement à l'infrastructure urbaine interne des gangs qui rend impossible l'inscription dans l'Ouest. Le
rapport du Secrétaire général de l'ONU S/2026/574, tel que mentionné dans le communiqué du Conseil de sécurité
sc16417, a simultanément salué les progrès électoraux et reconnu « une insécurité persistante, des besoins
humanitaires aigus et des défis institutionnels » une formulation qu'AYITI INTEL évalue comme un cadrage
diplomatique qui sous-estime substantiellement l'écart opérationnel entre le processus et les conditions réelles.
Le politologue Frédéric Thomas a soutenu dans Le Monde le 10 février 2026 que des élections dans les conditions
actuelles sont « illusoires ». Le gouvernement n'a pas formellement réfuté cette caractérisation avec des critères
opérationnels de sécurité publiquement déclarés quant aux conditions qui déclencheraient un quatrième report. Un
quatrième révision du calendrier avant novembre 2026 est un scénario analytiquement possible. Le gouvernement
du Premier ministre Fils-Aimé ne détient aucun mandat électoral l'autorité exécutive a été transférée du CPT
dissous le 7 février 2026 et une élection reportée ou partielle prolongerait un arrangement de gouvernance non élu
qui a déjà coûté au CPT sa crédibilité publique, RFI rapportant plus de 10 000 personnes tuées durant les 22 mois
de mandat du CPT.
CONTEXTE HISTORIQUE
La dissolution du parlement en janvier 2015 sous Michel Martelly après quoi Martelly a gouverné par décret et
nommé un CEP aligné sur les préférences exécutives a établi le modèle que les arrangements transitionnels
ultérieurs ont suivi : le vide législatif permet à l'exécutif de contrôler l'autorité électorale et le calendrier sans
surveillance législative. L'élection du premier tour d'octobre 2015, contestée sous un CEP opérant sous une
influence exécutive similaire, a produit des allégations de fraude, des retraits de l'opposition et finalement une
annulation et une reprise qui n'ont pas réussi à produire un transfert de pouvoir stabilisé. Le processus de 2026
reproduit les conditions fondatrices des deux précédents : un CEP sous influence exécutive et un champ de
l'opposition remettant publiquement en question l'intégrité du processus avant que le premier bulletin ne soit
déposé.
POINTS DE DISCUSSION
L'exclusion du département de l'Ouest n'est pas une déficience technique mais une décision politique et sécuritaire
September 01, 2026
qui limitera structurellement la légitimité démocratique de l'élection indépendamment des résultats dans les neuf
départements participants.
L'arrêté exécutif du 20 mars modifiant le mandat du CEP, tel que rapporté dans Le National et Le Nouvelliste,
soulève des questions d'indépendance institutionnelle qui sont parallèles à la controverse autour du CEP de 2015
et pourraient être mobilisées comme argument de délégitimation post-électorale.
Le référendum constitutionnel couplé, auquel le gouvernement américain s'oppose, crée un risque de
conditionnalité de la part du gouvernement américain qui n'a pas encore été résolu et pourrait affecter la
dynamique de reconnaissance post-électorale.
Le chiffre de l'OIM de 1,47 million de personnes déplacées à l'intérieur du pays principalement de la zone
métropolitaine de Port-au-Prince représente une population d'électeurs à la fois non inscrite et localisée dans le
département exclu de l'inscription, aggravant le déficit de légitimité dans la juridiction la plus déterminante.
Une quatrième révision du calendrier, bien que formellement déniée par le gouvernement, reste analytiquement
cohérente avec la tendance des trois révisions antérieures et l'absence de tout critère de sécurité publiquement
déclaré pour l'inclusion de l'inscription dans l'Ouest.
L'environnement de désinformation est actif : l'OEA a publié un démenti public le 28 août d'un document circulant
sous son nom, selon Gazette Haiti, ce qui exige des missions d'observation le maintien de protocoles de réfutation
rapide.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions diplomatiques devraient formellement demander au CEP un calendrier public et un plan opérationnel
pour l'inscription des électeurs dans le département de l'Ouest ; l'absence d'un tel plan d'ici mi-septembre devrait
être traitée comme une détermination de facto que l'Ouest sera exclu jusqu'au jour du scrutin.
Les missions internationales d'observation électorale devraient commencer à planifier un déploiement électoral
partiel excluant l'Ouest, tout en plaidant publiquement pour l'inclusion les deux approches ne sont pas
contradictoires et reflètent la réalité opérationnelle.
Les missions devraient chercher à clarifier auprès du gouvernement américain si l'opposition à la composante
référendaire constitue une base conditionnelle pour refuser la reconnaissance des résultats électoraux globaux, ou
si les deux composantes sont évaluées séparément.
Les organisations humanitaires devraient immédiatement engager le CEP sur une modalité d'inscription mobile
pour les 1,47 million de personnes déplacées ; l'absence actuelle d'un tel mécanisme constitue une privation du
droit de vote par inaction.
Les journalistes et chercheurs devraient déposer des demandes formelles d'information auprès du CEP sur les
critères de sécurité, s'il en existe, qui déclencheraient un quatrième report l'absence de critères publiés est en soi
un résultat digne d'être rapporté.
Les investisseurs devraient traiter le 13 décembre comme une date de planification soumise à une probabilité
matérielle de révision et ne devraient pas fonder d'hypothèses de continuité opérationnelle ou réglementaire sur
une transition gouvernementale en janvier ou février 2027.
CONFIANCE
Confiance modérée basée sur des rapports institutionnels partiels.
DÉVELOPPEMENT 2 : CANDIDATS À LA PRÉSIDENTIELLE ET COALITIONS
September 01, 2026
CORPS ANALYTIQUE
Le champ des candidats à la présidentielle est formellement en formation au 1er septembre 2026. Aucun dossier
de candidature n'a été validé ou rejeté par le CEP ; la fenêtre de dépôt et de validation des dossiers de candidature
devrait s'ouvrir et se fermer en septembre et octobre 2026. Le paysage à la date du présent rapport est donc celui
des coalitions, des intentions déclarées et des controverses d'éligibilité plutôt que d'un champ validé. Les rapports
proviennent principalement de Zantray News, Vant Bèf Info, Gazette Haiti, Haiti Times et RFI ; AYITI INTEL attribue
les déclarations à des sources nommées et identifie explicitement toutes les candidatures non sourcées ou non
confirmées.
La formation politique dominante est la coalition VIKTWA, qui s'est présentée publiquement au Cap-Haïtien le 29
août 2026 en revendiquant 52 partis et structures membres, selon Zantray News. VIKTWA est dirigée par Camille
Leblanc. La présentation de la coalition au Cap-Haïtien plutôt qu'à Port-au-Prince est analytiquement significative :
elle signale une tentative de projeter une portée nationale au-delà de la capitale et de consolider les réseaux
politiques du département nord. VIKTWA n'a pas, à la date du présent rapport, nommé publiquement de candidat à
la présidentielle, bien que son envergure organisationnelle en fasse la formation la mieux positionnée
structurellement pour parrainer une candidature dans le cadre du seuil de 30 000 partisans requis par le décret
électoral pour les candidats présidentiels soutenus par un parti.
Parmi les autres coalitions importantes figurent SOLÈY (Edouard Wadner, 13 partis), Coppos-Haïti et Alliés
(Salomon Jamil, 13 partis), MYÈL (13 partis), Ayiti Transfòme (12 partis) et En Avant Pour Haïti (12 partis), tels que
rapportés par Vant Bèf Info et Gazette Haiti avant la date limite d'enregistrement des coalitions du 14 août. Aucune
de ces formations n'a publiquement annoncé de candidat à la présidentielle à la date du présent rapport. La
structure de coalition elle-même reflète une dynamique de consolidation pré-candidature : des partis regroupés
pour atteindre le seuil d'enregistrement avant d'identifier un porte-étendard, ce qui est cohérent avec la pratique
électorale haïtienne mais crée une phase d'identification des candidats qui constitue désormais l'étape
immédiatement suivante.
RASANBLE, désormais dirigé par le Dr Franche Lawson suite à des changements de direction interne confirmés
dans les rapports du 12 août et réaffirmés le 29 août par Vant Bèf Info, a formellement et publiquement rejeté
l'appartenance à toute coalition. La position d'indépendance de RASANBLE le positionne soit comme une formation
perturbatrice capable de fragmenter le vote de l'opposition, soit comme un challenger de légitimité capable de
contester la crédibilité d'un processus dominé par les coalitions depuis l'extérieur. AYITI INTEL évalue cela comme
une dynamique nécessitant une surveillance étroite jusqu'au dépôt des candidatures : si RASANBLE présente un
candidat à la présidentielle s'appuyant sur des réseaux indépendants ou connectés à la diaspora, cela pourrait
introduire une variable de crédibilité hors de l'architecture des coalitions que les acteurs internationaux trouvent
difficile à ignorer.
Fanmi Lavalas participe au processus mais avec des conditions déclarées. Le porte-parole Jodson Dirogène a
publiquement critiqué le CEP le 28 août, selon Gazette Haiti, citant les conditions sécuritaires comme préalable à
des élections crédibles. La participation conditionnelle de Fanmi Lavalas est la réserve organisationnellement la
plus significative au sein du processus : le parti porte l'héritage politique de Jean-Bertrand Aristide, conserve une
base populaire dans les communautés urbaines pauvres précisément les communautés les plus déplacées par la
violence des gangs et son retrait du processus fournirait un puissant récit de délégitimation. La déclaration
publique de Dirogène n'est pas un retrait annoncé mais constitue une escalade du positionnement critique qui
devrait être lue comme un signal d'alerte.
La controverse sur l'éligibilité la plus susceptible de provoquer une réaction internationale concerne l'ancien
sénateur Youri Latortue. Latortue sanctionné à la fois par l'OFAC et le Canada pour des activités présumées de
trafic de stupéfiants et de soutien aux gangs, telles que documentées par le Trésor américain et
GlobalSanctions.com a publiquement maintenu son intention de participer. Le décret électoral de 2026, selon les
rapports de RFI du 6 août, n'exclut que les individus figurant sur les listes de sanctions du Conseil de sécurité de
l'ONU. Latortue ne figure pas sur la liste du CSNU ; il figure sur les listes de sanctions autonomes de l'OFAC et du
Canada. Le décret tel que rédigé ne le disqualifie pas automatiquement. AYITI INTEL note qu'il s'agit d'une
September 01, 2026
interprétation juridique, et non d'une détermination définitive : le CEP conserve un pouvoir discrétionnaire dans la
validation des candidatures, et sa décision concernant Latortue sera interprétée par les partenaires internationaux
notamment Washington et Ottawa comme un signal soit d'intégrité du processus, soit de capture par les élites.
Aucune déclaration du CEP sur l'éligibilité de Latortue n'a été publiée à la date du présent rapport.
Joseph Lambert, également signalé comme faisant l'objet de sanctions de l'OFAC et du Canada dans des
communications antérieures du Trésor, est un personnage dans la même ambiguïté d'éligibilité. Raymond Deeb,
dont le recours contre son maintien sur la liste de sanctions d'Haïti du Canada a été rejeté par la Cour fédérale du
Canada en décembre 2025 selon GlobalSanctions.com, représente une piste distincte mais connexe de
contentieux en matière de sanctions touchant l'environnement politique. Haiti24 a rapporté en février 2026 que les
exigences de décharge administrative décharges pour les anciens titulaires de fonctions et déclarations de
patrimoine créaient des obstacles pour plusieurs candidats potentiels au-delà de la question des sanctions.
L'ampleur complète de la controverse sur l'éligibilité ne sera visible qu'une fois que le CEP aura publié ses
décisions de validation des candidatures.
Le seuil pour un candidat présidentiel indépendant 150 000 signatures d'électeurs est structurellement prohibitif
dans un environnement où le plus grand département est exclu de l'inscription des électeurs et où 1,47 million
d'électeurs sont déplacés. Tout candidat indépendant s'appuyant sur les réseaux de Port-au-Prince pour collecter
des signatures est confronté à un obstacle logistique que les candidats soutenus par des coalitions n'ont pas, la
parrainage par une coalition n'exigeant que 30 000 démonstrations de soutien. Cette asymétrie de seuil avantage
effectivement les formations de coalitions par rapport aux candidatures indépendantes dans l'environnement
d'inscription actuel.
CONTEXTE HISTORIQUE
L'élection présidentielle du premier tour d'octobre 2015 a immédiatement produit des allégations soutenues de
fraude de la part de plusieurs candidats de l'opposition, dont Jude Célestin, dont le retrait du second tour a
effectivement invalidé le deuxième tour. La reprise ultérieure de novembre 2016 sous un CEP restructuré a produit
une victoire de Jovenel Moïse qui a elle-même été contestée mais finalement acceptée par la communauté
internationale. Le parallèle structurel avec 2026 est direct : un CEP dont l'indépendance est mise en question, une
opposition ayant des réserves publiques sur le processus, et une formation politique dominante avec des avantages
organisationnels que ses adversaires caractérisent comme déloyaux. Le cycle de 2015 s'est résolu par un report,
une reprise et des pressions internationales une séquence qui, si elle se répète en 2026, repoussera toute
inauguration présidentielle bien au-delà de février 2027.
POINTS DE DISCUSSION
La structure de 52 partis de VIKTWA lui confère un avantage organisationnel décisif dans la logistique du
parrainage des candidatures, mais la taille seule ne se traduit pas en un favori présidentiel la phase d'identification
du candidat de la formation est le prochain test critique de sa cohésion.
La question de l'éligibilité de Latortue est la décision du CEP en attente la plus politiquement chargée ; une
interprétation permissive autorisant sa participation entraînera des réactions immédiates et publiques de
Washington et Ottawa et pourrait affecter l'évaluation globale de la légitimité internationale du scrutin de décembre.
La formal indépendance de RASANBLE vis-à-vis de toutes les coalitions positionne le parti du Dr Franche Lawson
soit comme un perturbateur, soit comme une ancre de légitimité selon qu'il présente ou non un candidat
présidentiel crédible cette détermination devrait être rendue explicite par le parti avant la clôture du dépôt des
candidatures.
La participation conditionnelle de Fanmi Lavalas, telle qu'exprimée par Jodson Dirogène le 28 août, est une
menace de retrait latente qui devrait être lue en regard de la trajectoire sécuritaire à Port-au-Prince : si les
conditions se dégradent ou si le CEP prend des décisions perçues comme excluantes, un retrait de Lavalas du
processus devient plus probable.
September 01, 2026
Le seuil de 150 000 signatures pour les candidats présidentiels indépendants est fonctionnellement insurmontable
dans l'environnement d'inscription actuel pour tout candidat dont la base est concentrée dans l'Ouest, créant une
asymétrie d'éligibilité qui favorise les candidats soutenus par des coalitions.
Aucun candidat à la présidentielle n'a été formellement déposé ou validé au 1er septembre 2026 ; le champ décrit
dans le présent rapport représente des intentions déclarées et un positionnement de coalitions, et non un slate de
candidats validé.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions diplomatiques devraient établir des canaux directs avec l'ensemble des directions des principales
coalitions Camille Leblanc (VIKTWA), Edouard Wadner (SOLÈY), Salomon Jamil (Coppos-Haïti) et le Dr Franche
Lawson (RASANBLE) avant le dépôt des dossiers de candidature, afin d'évaluer les intentions des candidats à la
présidentielle avant qu'elles ne deviennent des controverses publiques.
Les missions de Washington et d'Ottawa devraient formellement communiquer au CEP les positions de leurs
gouvernements sur la participation d'individus sanctionnés par l'OFAC et le Canada avant la fenêtre de validation
des candidatures ; les objections formulées après coup aux décisions de validation sont diplomatiquement plus
faibles qu'une orientation préalable au dépôt.
Les missions d'observation électorale devraient planifier une piste de surveillance spécifique pour le processus de
validation des candidatures, en documentant en temps réel les décisions du CEP sur les décharges, les
déclarations de patrimoine et l'éligibilité au regard des sanctions.
Les journalistes devraient demander le texte intégral des critères d'éligibilité de l'article 76 du décret électoral et les
critères de validation publiés par le CEP avant l'ouverture de la fenêtre de dépôt des dossiers ; les écarts entre le
libellé du décret et la pratique du CEP constitueront le premier indicateur concret d'intégrité du processus.
Les acteurs politiques cherchant une candidature à la présidentielle par des voies indépendantes devraient
immédiatement évaluer la logistique de collecte de signatures compte tenu de l'exclusion de l'Ouest et devraient
publiquement contester l'asymétrie de seuil si elle est structurellement prohibitive l'enregistrement juridique et
politique d'une telle contestation importe indépendamment du fait que le seuil soit ou non ultérieurement modifié.
Les chercheurs qui suivent Fanmi Lavalas devraient documenter les conditions spécifiques qu'a articulées Dirogène
le 28 août comme base de la participation continue du parti, créant un critère mesurable par rapport auquel les
développements futurs du CEP ou de la situation sécuritaire pourront être évalués.
CONFIANCE
Confiance modérée basée sur des rapports institutionnels partiels.
DÉVELOPPEMENT 3 : SCRUTINS INFÉRIEURS, COURSES DANS LES PRINCIPALES VILLES ET ACTEURS DE POUVOIR
Les élections législatives et municipales font formellement partie du scrutin du premier tour du 13 décembre 2026.
Le Sénat haïtien a été partiellement renouvelé pour la dernière fois en 2016 et fonctionne sans quorum depuis
2020 ; la Chambre des députés a été entièrement dissoute. Un renouvellement législatif complet est donc en jeu
pour la première fois depuis le cycle électoral 2015-2016. Les 105 groupements politiques accrédités par le CEP se
feront concurrence pour les sièges sénatoraux dans dix départements (en tenant compte de l'exclusion de l'Ouest
de l'inscription), les sièges de députés dans toutes les circonscriptions, et les postes de maires dans les principales
villes d'Haïti. Les détails du champ de candidature législative et municipale ne sont pas encore rapportés
publiquement de manière détaillée ; ce qui suit est une évaluation des dynamiques structurelles, du positionnement
September 01, 2026
connu des acteurs de pouvoir, et des courses dans les principales villes présentant le plus grand intérêt stratégique.
Les courses sénatoriales représentent le concours le plus décisif dans les scrutins inférieurs en termes de
continuité de gouvernance. Le Sénat haïtien de 30 sièges requiert le renouvellement d'un tiers lors de chaque cycle
électoral ; compte tenu de l'effondrement complet du calendrier législatif depuis 2016, l'élection de décembre 2026
devrait reconstituer le Sénat à partir d'une base de fonctionnement quasi nulle. Les courses sénatoriales au niveau
départemental dans le Nord (Cap-Haïtien), l'Artibonite (Gonaïves) et le Sud (Les Cayes) ont un poids stratégique
particulier car elles représentent les trois plus grands réseaux politiques provinciaux fonctionnels. La structure de
52 partis de VIKTWA, si elle peut maintenir sa cohésion interne à travers la sélection des candidats, lui confère un
avantage structurel pour présenter des candidats sénatoraux crédibles dans plusieurs départements.
L'indépendance formelle de RASANBLE vis-à-vis des coalitions signifie qu'elle sera en compétition contre VIKTWA
dans ces mêmes courses, créant une dynamique de compétition au niveau sénatorial qui reflète ce qui émergera
au niveau présidentiel.
Dans le département de l'Artibonite, le déploiement du personnel sri-lankais de la FSG à Gonaïves par voie
maritime introduit une variable sécuritaire directement pertinente pour la logistique électorale. L'Artibonite a
historiquement été le terrain électoral le plus contesté de la politique provinciale haïtienne, la prise de contrôle de
Gonaïves par des groupes armés le 4 février 2004 à commencer par l'Armée cannibale de Buteur Métayer ayant
établi le modèle historique de perturbation armée des processus électoraux dans ce département. Le déploiement
de la FSG est confirmé ; son efficacité opérationnelle dans la création de conditions propices à l'inscription des
électeurs et au scrutin n'est pas encore démontrée. Les candidats sénatoriaux et aux postes de député de
l'Artibonite devraient être évalués en fonction de leurs relations avec les forces de sécurité formelles et les réseaux
territoriaux qui contrôlent effectivement les déplacements dans le département.
La course à la mairie du Cap-Haïtien est le concours dans une ville principale politiquement le plus significatif en
dehors de Port-au-Prince compte tenu de l'exclusion de la capitale de l'inscription. Le Cap-Haïtien est le principal
centre urbain du département du Nord et le site de la présentation publique de VIKTWA du 29 août, signalant que
la coalition de Leblanc investit activement dans l'infrastructure politique urbaine du nord. Une candidature crédible
de VIKTWA à la mairie du Cap-Haïtien représenterait un test visant à déterminer si l'envergure organisationnelle de
la coalition se traduit en force électorale spécifique à un candidat. Aucun candidat à la mairie du Cap-Haïtien n'a été
rendu public à la date du présent rapport.
La course à la mairie de Port-au-Prince fait formellement partie du scrutin du 13 décembre 2026 mais dépend
opérationnellement de l'inscription dans le département de l'Ouest. Si l'inscription dans l'Ouest n'est pas réalisée
avant l'élection, aucune élection municipale légitime à Port-au-Prince ne pourra avoir lieu le 13 décembre. Il ne
s'agit pas d'une question secondaire dans les scrutins inférieurs : le maire de Port-au-Prince gouverne le principal
centre économique du pays et le siège du pouvoir politique national. L'absence d'une élection municipale à
Port-au-Prince représenterait à la fois un vide de gouvernance et un défi de légitimité pour tout résultat national.
Aucun candidat à la mairie de Port-au-Prince n'a été signalé comme formellement déclaré.
Les Cayes la ville principale du département du Sud et le site d'une activité significative des gangs distincte mais
connectée aux réseaux de Port-au-Prince présente un environnement électoral affecté par la sécurité. L'impact
durable du séisme de 2021 sur les infrastructures du département du Sud aggrave le défi organisationnel pour les
candidats et les observateurs. Jacmel, dans le département du Sud-Est, et Jérémie, dans le département de la
Grand'Anse, figurent également sur la liste de surveillance des principales villes ; toutes deux représentent des
environnements électoraux locaux historiquement compétitifs qui ont reçu moins d'attention internationale que la
capitale.
Les acteurs de pouvoir non candidats qui façonnent l'environnement électoral requièrent une surveillance
spécifique. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, âgé de 54 ans, détient l'autorité exécutive sans mandat
électoral et la crédibilité de son gouvernement repose sur la tenue d'une élection ce qui l'investit structurellement
dans un scrutin de décembre, même au prix de raccourcis en matière de légitimité. Les anciens membres du CPT,
notamment Edgard Leblanc Fils, Laurent Saint-Cyr et Leslie Voltaire, conservent des réseaux politiques issus de
leur mandat de transition ; leurs alignements avec ou contre des coalitions et des candidats spécifiques dans les
semaines à venir constitueront un indicateur en aval de la façon dont le capital politique de l'ère transitionnelle se
September 01, 2026
convertit en positionnement électoral. L'Haiti Policy House Election Tracker, tel que mentionné dans les données de
recherche, est cité par les acteurs internationaux et fonctionne comme un mécanisme indépendant non
gouvernemental de responsabilisation ses données sur l'enregistrement des candidats, l'accréditation des
coalitions et la couverture des listes électorales devraient être traitées comme une référence primaire aux côtés des
publications officielles du CEP.
CONTEXTE HISTORIQUE
Les élections législatives haïtiennes de 2015, tenues en août de cette année-là, ont produit des allégations
généralisées de fraude dans plusieurs départements, avec la documentation la plus solide dans l'Artibonite
historiquement le département le plus vulnérable aux interférences armées dans les processus électoraux. La
reprise de 2016 qui a suivi a produit des résultats mieux acceptés mais toujours contestés. Le cycle de 2026
commence à partir d'une base sécuritaire encore plus fragmentée que 2015, avec un contrôle territorial des gangs
dans la capitale et ses environs à un niveau qui n'a été observé dans aucun cycle électoral haïtien antérieur pour
lequel des précédents documentés existent.
POINTS DE DISCUSSION
L'absence effective d'une course à la mairie de Port-au-Prince conditionnée à l'inscription dans l'Ouest crée un
vide de gouvernance dans la ville principale du pays qui perdurera au-delà de toute élection tenue ailleurs ; il ne
s'agit pas d'une omission mineure dans les scrutins inférieurs mais d'un échec de gouvernance structurel intégré
dans le calendrier actuel.
Le choix de VIKTWA du Cap-Haïtien pour son lancement public du 29 août signale une stratégie d'organisation
nordique ; la question de savoir si cela reflète une véritable envergure géographique ou une reconnaissance que
l'organisation à Port-au-Prince est impossible dans l'environnement sécuritaire actuel devrait être posée
directement à la direction de Camille Leblanc.
Les courses sénatoriales et aux postes de député dans le département de l'Artibonite seront le premier test
opérationnel permettant de déterminer si le déploiement de la FSG crée les conditions d'une véritable compétition
électorale ou fournit simplement un vernis sécuritaire à un processus contrôlé par quiconque commande l'accès
territorial local.
Les alignements politiques post-transition des anciens membres du CPT sont une dynamique sous-rapportée qui
façonnera le positionnement des coalitions et des candidats tout au long de la période de dépôt des dossiers ;
suivre Edgard Leblanc Fils, Laurent Saint-Cyr et Leslie Voltaire est analytiquement nécessaire pour comprendre
comment les réseaux politiques de transition se convertissent en atouts électoraux.
L'Haiti Policy House Election Tracker est le mécanisme de responsabilisation non gouvernemental le plus crédible
actif dans le cycle actuel et devrait être traité comme une référence primaire par les missions, les observateurs et
les journalistes son indépendance vis-à-vis du CEP et du gouvernement de transition lui confère une légitimité que
les données officielles seules ne peuvent pas fournir.
Les courses dans les scrutins inférieurs à Gonaïves, Les Cayes, Jacmel et Jérémie nécessitent une surveillance
par des correspondants locaux que la plupart des missions internationales ne ressourcent pas actuellement au
niveau de granularité nécessaire.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions d'observation devraient déployer des ressources de surveillance sous-nationales au Cap-Haïtien, à
Gonaïves, aux Cayes, à Jacmel et à Jérémie spécifiquement pour la période de dépôt des candidatures les
courses dans les scrutins inférieurs dans ces villes détermineront si les résultats de décembre ont une crédibilité
provinciale.
Les missions diplomatiques devraient formellement s'enquérir de la question de savoir si des dispositions de
September 01, 2026
gouvernance municipale à Port-au-Prince sont élaborées pour combler le vide créé par l'absence probable d'une
élection municipale légitime ; le vide de gouvernance dans la capitale est un risque de stabilité post-électorale qui
commence dès maintenant.
Les journalistes devraient établir un contact régulier avec Haiti Policy House et demander l'accès à son ensemble
de données de l'Election Tracker, en le croisant avec les publications officielles du CEP pour identifier les écarts
dans l'accréditation des coalitions, l'enregistrement des candidats et la couverture des listes.
Les chercheurs devraient documenter spécifiquement le champ de candidats du département de l'Artibonite en
regard de la carte connue du contrôle territorial des groupes armés dans ce département ; le chevauchement entre
les réseaux de candidats et l'influence des groupes armés dans l'Artibonite est la dimension analytiquement la
moins explorée du cycle de 2026.
Les missions devraient cartographier les alignements politiques post-CPT d'Edgard Leblanc Fils, Laurent Saint-Cyr
et Leslie Voltaire comme indicateur de la façon dont les ressources et les relations de l'ère transitionnelle circulent
vers les structures de coalitions et de candidatures qui se font actuellement concurrence pour l'accréditation.
Les investisseurs disposant d'opérations au Cap-Haïtien, à Gonaïves ou aux Cayes devraient commander des
évaluations spécifiques de risque politique local couvrant la période électorale de décembre ; le cadrage du risque
électoral au niveau national sous-estime systématiquement le potentiel de perturbation spécifique à chaque
municipalité.
CONFIANCE
Faible confiance en raison de rapports limités ou contradictoires.
À SURVEILLER
PROCHAINES 24 À 48 HEURES
Surveiller le CEP pour toute communication officielle sur l'inscription des électeurs dans le département de l'Ouest
notamment toute annonce d'opérations d'inscription mobile, d'un calendrier révisé pour l'inclusion de l'Ouest, ou
l'absence continue de toute déclaration, qui constitue en elle-même un signal de facto que l'Ouest restera exclu.
Surveiller la presse locale haïtienne Le Nouvelliste, AlterPresse, Gazette Haiti, Juno7 et Radio Kiskeya pour toute
réponse de Fanmi Lavalas ou RASANBLE à la présentation de VIKTWA au Cap-Haïtien du 29 août ; les réactions
des coalitions et des partis dans les suites immédiates indiqueront si la mobilisation publique de la coalition
dominante accélère une clarification politique parmi les formations non alignées.
Surveiller toute communication supplémentaire de l'OEA clarifiant le démenti documentaire du 28 août
l'environnement de désinformation autour des élections est actif et une déclaration de suivi de l'OEA pourrait fournir
un contexte sur l'origine et la circulation du document.
CETTE SEMAINE
Le développement le plus important à surveiller cette semaine est de savoir si Youri Latortue ou tout autre
personnage sanctionné par l'OFAC ou le Canada soumet formellement une documentation au CEP signalant
l'intention de déposer un dossier présidentiel ; toute telle démarche déclenchera des réactions diplomatiques
immédiates de Washington et d'Ottawa et contraindra le CEP à aborder l'ambiguïté CSNU-versus-sanctions
unilatérales avant l'ouverture formelle de la fenêtre de dépôt.
Suivre les processus de sélection des candidats présidentiels au niveau des coalitions VIKTWA, SOLÈY,
Coppos-Haïti, Ayiti Transfòme et En Avant Pour Haïti doivent toutes identifier et formellement désigner des
candidats présidentiels avant la fenêtre de dépôt ; les premiers signaux sur qui chaque coalition entend avancer
September 01, 2026
viendront à travers la presse haïtienne locale et les réseaux sociaux des partis, nécessitant une surveillance
quotidienne de Zantray News, Vant Bèf Info, Haïti Libre et Rezo Nòdwès.
Surveiller les données de distribution des cartes de l'ONI les 500 000 cartes en attente de distribution et les 250
000 ciblées pour la diaspora représentent un indicateur de progrès quantifiable ; toute annonce de l'ONI ou du
gouvernement sur les jalons de distribution ou les retards constitue un signal d'intégrité du processus.
Suivre les rapports opérationnels de la FSG dans l'Artibonite tout changement significatif dans le contrôle territorial
des gangs à Gonaïves ou dans les zones environnantes, positif ou négatif, affecte directement la base sécuritaire
pour la logistique électorale dans les départements du Nord et de l'Artibonite.
HORIZON STRATÉGIQUE
Le chemin réaliste vers un scrutin crédible le 13 décembre passe par trois portes séquentielles, chacune
comportant une probabilité matérielle d'échec. La première porte est l'inscription dans le département de l'Ouest : si
aucun plan opérationnel pour l'inscription à Port-au-Prince n'est publiquement annoncé d'ici mi-septembre,
l'élection se déroulera comme un scrutin structurellement partiel, et sa légitimité sera contestée avant qu'un seul
bulletin soit déposé. La deuxième porte est la fenêtre de validation des candidatures en septembre et octobre : le
traitement par le CEP des personnages désignés par des sanctions déterminera si la communauté internationale
notamment les États-Unis et le Canada maintient son soutien au processus ou commence à signaler une
reconnaissance conditionnelle. La troisième porte est la période de campagne en octobre et novembre : si les
zones contrôlées par les gangs empêchent toute campagne dans l'Artibonite, la périphérie de l'Ouest et le Sud
urbain, l'élection aura été tenue dans des conditions que le précédent historique spécifiquement le cycle
d'annulation de 2015 démontre produire une contestation post-résultats qui annule l'issue du scrutin.
Une quatrième révision du calendrier reportant le premier tour au début de 2027 reste analytiquement plausible. La
position formelle du gouvernement est que le 13 décembre est en bonne voie. AYITI INTEL évalue que l'absence
d'un critère de sécurité publiquement déclaré pour l'inclusion de l'inscription dans l'Ouest, combinée à l'empreinte
opérationnelle limitée de la FSG et à l'ampleur des déplacements des personnes déplacées, représente un
décalage structurel entre l'ambition du processus et la capacité opérationnelle qui n'a été comblé par aucune
mesure annoncée ou mise en oeuvre au 1er septembre 2026. Si le 13 décembre se tient sans la participation de
l'Ouest, la cible d'inauguration présidentielle de février 2027 déclarée par la ministre des Affaires étrangères Forbin
devient le début d'un arrangement de gouvernance qui débute avec un déficit de légitimité documenté et non un
déficit résolu. L'analyse de Canning House, telle que mentionnée dans les données de recherche, a spécifiquement
signalé que même un président élu avec succès pourrait faire face à un échec de gouvernance en l'absence d'une
dégradation des gangs : cette condition n'a pas été satisfaite.
SOURCES PRIMAIRES
Le Nouvelliste (lenouvelliste.com) Rapports sur le calendrier électoral, couverture du décret du CEP, mars à août
2026.
Le National (lenational.org) Analyse de la modification du mandat du CEP, couverture de l'arrêté exécutif du 20
mars 2026.
Gazette Haiti (gazettehaiti.com) Critique de Fanmi Lavalas envers le CEP (déclaration de Jodson Dirogène, 28
août) ; couverture du démenti documentaire de l'OEA (28 août 2026).
CEP Haïti Site Officiel (cephaiti.ht) Confirmation du lancement de l'inscription des électeurs ; données
d'accréditation des 105 groupements politiques ; informations sur les centres d'inscription CIV.
AlterPresse (alterpresse.org) Rapports sur la transition politique et la dissolution du CPT, février 2026.
Zantray News (zantray-news.com) Présentation de la coalition VIKTWA au Cap-Haïtien, 29 août 2026 ; rapports
sur le champ des coalitions.
Haiti Times (haitiantimes.com) Accord d'identification OEA-Japon (août 2026) ; couverture du lancement de
l'inscription des électeurs (19 août) ; implications électorales sécuritaires et des déplacements.
Rezo Nòdwès (rezonodwès.com) Développements politiques dans le département du Nord, environnement
électoral du Cap-Haïtien.
Haiti24 (haiti24.net) Rapports sur l'éligibilité des candidats et les exigences de décharge, février 2026.
September 01, 2026
Radio Kiskeya et Radio Métropole Couverture électorale et sécuritaire continue surveillée pour le présent rapport ;
citations de diffusion spécifiques disponibles.
Conseil de sécurité de l'ONU (press.un.org) Rapport du Secrétaire général S/2026/574 ; compte rendu de la
session du Conseil de sécurité sc16417 ; documentation du processus électoral du BINUH.
RFI (rfi.fr) Analyse de la controverse sur l'éligibilité en matière de sanctions (6 août 2026) ; couverture de la
dissolution du CPT et de la transition Fils-Aimé (6-7 février 2026).
September 01, 2026