2026-01-28
CONTEXTE HISTORIQUE
La violence sexuelle a été documentée comme arme de guerre et de contrôle social en Haïti depuis la période du
coup d'État militaire de 1991-1994 lorsque des forces paramilitaires ont systématiquement violé des femmes
perçues comme supportrices du Président déchu Jean-Bertrand Aristide. Durant la mission de maintien de la paix
de l'ONU MINUSTAH de 2004-2017 de multiples scandales ont émergé impliquant des abus sexuels par des
casques bleus minant la crédibilité internationale et contribuant à la méfiance des forces étrangères. La crise de
déplacement du tremblement de terre de 2010 a créé des conditions pour une violence sexuelle accrue avec des
femmes et des filles dans les camps rapportant des attaques généralisées mais une réponse humanitaire limitée.
L'escalade de la violence des gangs après l'assassinat du Président Moïse en juillet 2021 a introduit une nouvelle
phase de violence sexuelle systématique alors que les groupes armés ont élargi le contrôle territorial et utilisé le
viol comme outil de subjugation communautaire. La fédération de gangs G9 dirigée par Jimmy Chérizier a été
spécifiquement accusée d'ordonner la violence sexuelle durant les opérations d'expansion territoriale dans des
quartiers comme Cité Soleil Martissant et Bel-Air. Les organisations internationales incluant ONU Femmes UNFPA
et le Comité International de Secours ont documenté des schémas de viol collectif mariage forcé et esclavage
sexuel mais les contraintes de financement et les limitations d'accès sécuritaire ont empêché une réponse à
l'échelle. Médecins Sans Frontières opère la clinique Pran Men m depuis 2015 fournissant des soins post-viol un
soutien psychosocial et un traitement médical incluant la prophylaxie VIH la contraception d'urgence et les soins
des blessures dans l'une des rares installations de Port-au-Prince équipées pour gérer les cas de violence sexuelle.