2026-02-10
DÉVELOPPEMENT 2: Cristallisation de l'opposition intérieure et défi de légitimité
Alors que les acteurs internationaux ont réalisé un consensus rapide, les forces politiques
intérieures mobilisent l'opposition à l'autorité exécutive unique du Premier ministre Fils-Aimé basée
sur des préoccupations de légitimité constitutionnelle. Le Kolektif Tèt Ansanm pou Ayiti a publié une
note formelle le 8 février qui acceptait le transfert du pouvoir au Conseil des ministres comme réalité
factuelle mais mettait en garde le Premier ministre contre toute gouvernance unilatérale. Le KTA a
appelé au lancement immédiat d'un véritable dialogue inter-haïtien capable de rassembler toutes les
forces politiques, sociales et économiques. Le collectif a identifié trois domaines prioritaires : le
rétablissement de la sécurité, la stabilisation politique et l'organisation d'élections crédibles, tout en
menaçant explicitement que toute tentative de gouvernance isolée risquerait d'aggraver la crise et
de compromettre les chances de stabilité.
Le KTA représente un poids politique significatif car il inclut Rescapés pour l'Avenir sous Tarly
February 10, 2026
Guirand et le Mouvement pour la Sauvegarde de la Démocratie sous Lickel Pierre. Leur déclaration
du 8 février fournit le modèle pour la messagerie de l'opposition intérieure, se concentrant non pas
sur le rejet de l'autorité de Fils-Aimé mais sur l'exigence de mécanismes de gouvernance
participatifs. AlterPresse a publié des analyses le 10 février caractérisant la période post-CPT
comme entrant dans une nouvelle phase de transition avec une profonde incertitude structurelle.
Les observateurs cités par AlterPresse ont évalué que l'exercice du pouvoir exécutif par Fils-Aimé
manque de la légitimité populaire indispensable, créant une vulnérabilité au défi politique.
Le défi juridique le plus direct est venu de l'avocat Marc Sony Charles qui a déclaré les décisions
actuelles de Fils-Aimé contraires à la Constitution et constituant des infractions criminelles. Charles
a soutenu que le CPT conserve la compétence juridique pour procéder à son limogeage malgré sa
dissolution et a averti que si Fils-Aimé persiste, il devra répondre de ses actes devant les autorités
compétentes. Bien que cet argument juridique soit peu susceptible de gagner du terrain étant donné
la dissolution du CPT et le soutien international écrasant, il signale que les défis juridiques intérieurs
seront une caractéristique récurrente de la période intérimaire. L'absence de législature
fonctionnelle ou de cour constitutionnelle affaiblit tout contrôle judiciaire sur le pouvoir exécutif.
Le Collège Présidentiel rival établi par l'OMLAP, le RAMICOH, l'APN et d'autres organisations n'a
publié aucun nouveau communiqué ou action publique dans ce cycle de 24 heures. L'absence de
tout appui international pour le Collège, combinée au soutien consolidé pour Fils-Aimé, diminue
considérablement sa viabilité à court terme. Cependant, la transition de 15 mois proposée par le
Collège avec deux commissions demeure un cadre alternatif potentiel si la gouvernance de
Fils-Aimé chancelle ou si la situation sécuritaire se détériore. Au moins cinq groupes politiques
concurrents étaient engagés dans des discussions post-CPT au début de février, indiquant une
fragmentation significative parmi les forces d'opposition.