RÉSUMÉ EXÉCUTIF
Le report sine die du premier tour du 13 décembre 2026, prononcé le 6 octobre par le Conseil Électoral
Provisoire, a formalisé ce que les analystes avaient évalué comme structurellement inévitable : le cycle électoral
2026 d'Haïti s'est effondré. Moins de 800 000 électeurs sont inscrits, la violence des gangs bloque l'accès aux
zones de vote critiques, et aucune date de remplacement n'a été publiée. La date limite de dépôt des
candidatures, fixée au 31 octobre, expire demain dans un contexte d'ambiguïté juridique quant à la validité de ces
dépôts. Haiti Policy House assigne une probabilité nulle à un vote en décembre et projette juin 2027 comme la
fenêtre réaliste la plus précoce. L'enseignement opérationnel singulier de cette période est le suivant : les
partenaires internationaux qui n'ont pas publiquement conditionné leur soutien continu à une feuille de route
électorale crédible et assortie d'échéances doivent décider avant décembre 2026 si leur soutien inconditionnel au
Premier ministre Fils-Aimé constitue un aval de facto du report indéfini.
RÉSUMÉ RAPIDE POUR LES PARTIES PRENANTES
Le CEP a formellement reporté le premier tour du 13 décembre 2026 le 6 octobre, invoquant l'effondrement
sécuritaire et l'échec de l'inscription des électeurs ; aucune date de remplacement n'a été fixée et aucun seuil
sécuritaire n'a été défini.
Michel Martelly, sanctionné par le Canada, s'est inscrit en ligne le 16 octobre et a déposé un dossier physique le
23 octobre ; le CEP n'a rendu aucune décision sur son éligibilité, et ce silence constitue lui-même un acte
politique.
Jerry Tardieu et Claude Joseph représentent les candidatures d'opposition les plus cohérentes sur le plan
institutionnel, mais aucun des deux n'a démontré une profondeur de coalition suffisante pour être considéré
comme favori dans le champ actuel de sept candidats enregistrés.
La figure à surveiller est le président du CEP, Desrosiers, dont l'institution doit simultanément statuer sur les
candidatures contestées, publier un calendrier révisé et établir des prérequis sécuritaires mesurables pour la
tenue du vote le tout sans mandat démocratique propre.
Le risque central n'est pas la violence électorale à court terme, mais la dérive institutionnelle : plus longtemps
persiste le vide électoral, plus les réseaux de gangs, les structures clientélistes et les commissions nommées
comblent l'espace de gouvernance que les institutions élues devraient occuper.
DÉVELOPPEMENT 1 : CALENDRIER ÉLECTORAL, CEP ET FAISABILITÉ
Le communiqué du CEP du 6 octobre 2026 a formellement suspendu sine die la date du premier tour du 13
décembre, invoquant ce que le président du CEP Desrosiers a décrit dans le communiqué comme une « crise
sécuritaire intenable » et des « retards logistiques majeurs », selon les reportages du Nouvelliste et de HaitiLibre
à la même date. Le décret du 6 octobre a simultanément mis en oeuvre la troisième révision du cadre électoral,
réduisant de moitié les frais d'inscription des candidats pour les courses au Sénat, à la Chambre des députés et
aux postes municipaux, tout en maintenant les frais présidentiels inchangés et en recalibrant les critères
d'éligibilité fiscale de l'article 76 sous la supervision du président du CEP Desrosiers. La réduction des frais est un
ajustement administratif de second ordre qui ne résout en rien les défaillances structurelles de premier ordre
ayant conduit au report.
Le déficit d'inscription des électeurs constitue le point de données analytiquement le plus significatif de ce cycle.
October 30, 2026
L'Office National d'Identification recense environ six millions d'électeurs potentiels titulaires d'une Carte
d'Identification Nationale à la mi-2025, selon The Haitian Times. Le registre électoral effectif du CEP, géré par les
Centres d'Inscription et de Vote, comptait moins de 800 000 électeurs inscrits à la date du report. Cet écart plus
de cinq millions de titulaires de CIN exclus du registre électoral est attribuable à une combinaison de contrôle
territorial des gangs dans les zones urbaines et péri-urbaines, au déplacement massif des populations depuis
leurs communes d'origine enregistrées, et aux défaillances documentées dans la logistique de déploiement des
CIV, selon les reportages de Rezo Nòdwès et de Haiti Policy House. Haiti Policy House assigne une probabilité
nulle à tout vote en décembre et projette juin 2027 comme la fenêtre électorale réaliste la plus précoce. Atteindre
un seuil d'inscription crédible les analystes estiment un minimum de trois à quatre millions d'électeurs inscrits
nécessiterait une deuxième campagne d'inscription des électeurs dans des conditions sécuritaires qui n'existent
pas actuellement.
La date limite de dépôt des candidatures du 31 octobre demain crée une anomalie juridique immédiate. Des
candidats s'inscrivent pour une élection sans date confirmée, sans cadre sécuritaire et sans calendrier de
remplacement publié. Le professeur Sonnet Saint-Louis, spécialiste en droit constitutionnel cité dans l'analyse du
Nouvelliste, et d'autres juristes ont soulevé la question de savoir si les dossiers déposés après un report sine die
conservent leur validité juridique au regard de la Constitution de 1987 et du décret électoral du 2 juin. Le CEP n'a
pas abordé publiquement cette question. Une future décision exigeant un nouveau dépôt dans le cadre d'un
calendrier révisé contraindrait chaque candidat y compris Martelly à se soumettre à nouveau à un examen
actualisé de son éligibilité, selon l'évaluation de Haiti Policy House Election Tracker concernant l'ambiguïté des
dépôts effectués après le report.
La force multinationale d'appui à la sécurité, opérant sous mandat onusien et sous direction kényane, n'a pas
atteint le contrôle territorial nécessaire pour garantir l'accès aux bureaux de vote dans les circonscriptions
critiques, selon les reportages sécuritaires du Nouvelliste et du Quotidien News de septembre et octobre 2026. Le
BINUH, dirigé par le Représentant spécial Carlos Ruiz Massieu avec un mandat courant jusqu'en janvier 2027, a
mené des évaluations électorales conjointes avec le CEP fin 2025 et maintenu un engagement avec la direction
du CEP sur la planification opérationnelle. Cependant, le BINUH n'a pas publiquement défini de seuil sécuritaire
un ensemble spécifique et mesurable de conditions qui devrait être atteint avant que le vote puisse se tenir.
L'absence d'un seuil défini n'est pas une lacune bureaucratique. C'est fonctionnellement un report à durée
indéterminée sans condition de sortie. Le Premier ministre Fils-Aimé a déclaré publiquement aussi récemment
qu'en mars 2026 que « les élections auront lieu », les présentant comme une « responsabilité historique et
collective ». Le report du 6 octobre contredit directement cette assurance. Aucune déclaration d'engagement
révisée avec un calendrier précis n'a été émise par le Premier ministre en date du 30 octobre.
CONTEXTE HISTORIQUE
Le cycle électoral 2026 d'Haïti reproduit les dynamiques structurelles de la période post-2015, lorsque les
allégations de fraude au premier tour du 25 octobre 2015 ont produit une cascade de protestations, de reports,
d'annulations et de réorganisations qui ont finalement abouti à un transfert de pouvoir contesté plutôt qu'à un
résultat électoral établi, selon les archives du CEP et des partis d'opposition de ce cycle. Plus fondamentalement,
la dissolution du Parlement en janvier 2015 et le gouvernement ultérieur de Martelly par décret ont établi le
modèle qui s'est répété tout au long de la période 2020 à 2026 : lorsque les élections se périment, l'exécutif
gouverne sans législature et un conseil électoral coopté gère le processus, perpétuant le même déficit de
légitimité structurelle dans chaque scrutin promis suivant. Le CPT et le PM Fils-Aimé opèrent dans ce même
modèle.
POINTS DE DISCUSSION
Le report sine die n'est pas un délai c'est un effondrement structurel. Il n'existe ni calendrier, ni seuil sécuritaire,
October 30, 2026
ni objectif minimum d'inscription publiquement engagé par le CEP ou le gouvernement.
L'écart d'inscription entre six millions de titulaires de CIN et moins de 800 000 électeurs inscrits n'est pas
principalement un problème logistique. C'est un problème sécuritaire et de déplacement que la MSS/GSF n'a pas
résolu et ne peut pas résoudre dans un délai compatible avec tout vote en 2026.
La date limite de dépôt des candidatures du 31 octobre, maintenue malgré l'absence de date électorale
confirmée, crée une exposition juridique pour tous les candidats enregistrés et des motifs potentiels de
contestations de disqualification post-électorales, quel que soit le vainqueur.
Le silence du CEP sur l'éligibilité de Martelly est opérationnellement significatif. Une non-décision fonctionne
comme une acceptation de facto et sera traitée comme telle par les acteurs politiques et le candidat lui-même.
La projection de juin 2027 de Haiti Policy House devrait être traitée comme optimiste, et non comme
conservatrice, étant donné qu'aucun prérequis mesurable pour procéder n'a été défini ou engagé.
L'absence de conditionnalité publique du soutien continu de la communauté internationale à une feuille de route
crédible et assortie d'échéances, à la suite du report du 6 octobre, signale aux acteurs politiques haïtiens que le
report indéfini n'a aucun coût.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions diplomatiques devraient formellement demander au CEP une définition écrite des conditions
sécuritaires spécifiques et mesurables requises avant que les élections puissent se tenir et subordonner leur
soutien public à la feuille de route électorale à la réception d'une telle définition.
Les missions multilatérales planifiant des programmes d'appui électoral devraient recalibrer leurs calendriers
opérationnels sur la base d'un scénario de fenêtre réaliste la plus précoce en juin 2027, et non en décembre 2026
ou à toute date intermédiaire.
Les missions d'observation devraient analyser le statut juridique des dossiers déposés avant le 31 octobre et se
préparer aux scénarios dans lesquels un calendrier révisé nécessiterait de nouvelles fenêtres de dépôt,
déclenchant de nouveaux litiges sur l'éligibilité.
Les investisseurs et les opérations commerciales ne devraient pas anticiper d'effet stabilisateur des élections
avant le troisième trimestre 2027 au plus tôt ; la planification de la gouvernance devrait être fondée sur la
continuité de l'administration nommée du PM Fils-Aimé et de la commission de gestion de Port-au-Prince sur
cette période.
Les journalistes couvrant le CEP devraient spécifiquement solliciter une déclaration publique du président du CEP
Desrosiers sur la question de savoir si les dossiers déposés avant le 31 octobre resteront valides dans le cadre
d'un calendrier révisé la réponse définira l'architecture juridique de la prochaine phase du cycle.
CONFIANCE
Confiance modérée basée sur des rapports institutionnels partiels.
DÉVELOPPEMENT 2 : CANDIDATS PRÉSIDENTIELS ET COALITIONS
October 30, 2026
Sept candidatures présidentielles ont été formellement enregistrées auprès du CEP en date du 30 octobre 2026,
avec des dépôts supplémentaires possibles avant la date limite du 31 octobre. Les candidats confirmés, selon les
reportages de Gazette Haïti, Haiti24, The Haitian Times et Haiti Policy House Election Tracker, sont Claude
Joseph de Les Engagés pour le Développement ; Daniest Adrien du Parti de la Restauration et du Changement ;
Deus Deronneth de Les Démocrates Visionnaires pour la Nouvelle Haïti ; Gandhy Dorfeuille de Ansanm Nou Fò ;
Michel Martelly inscrit sous un groupement non encore précisé à la suite de son inscription individuelle en ligne ;
Jerry Tardieu de Fòs Chanjman Nasyonal ; et un candidat supplémentaire affilié à Fòs Chanjman Nasyonal dont
l'identité n'a pas été confirmée dans les sources examinées.
Jerry Tardieu, représentant Fòs Chanjman Nasyonal, et Claude Joseph, désigné par Les Engagés pour le
Développement, représentent ce que l'analyse antérieure d'AYITI INTEL a qualifié de candidatures d'opposition
les plus cohérentes sur le plan institutionnel dans le champ actuel. Le FCN de Tardieu a démontré une structure
organisationnelle suffisante pour présenter au moins un candidat supplémentaire au niveau départemental aux
côtés du dépôt présidentiel. Joseph, en tant qu'ancien Premier ministre par intérim et ministre des Affaires
étrangères, bénéficie d'une reconnaissance diplomatique et d'une notoriété internationale, mais n'a pas démontré
dans les reportages examinés jusqu'au 30 octobre la profondeur de coalition ou l'infrastructure organisationnelle
géographique qui ferait de lui un favori dans un champ réellement compétitif. Les deux candidatures sont
crédiblement rapportées ; aucune ne devrait être évaluée comme dominante. Cette évaluation est l'analyse
d'AYITI INTEL et non un fait de source.
Le développement le plus déterminant dans le champ présidentiel est l'inscription de Michel Martelly. Gazette
Haïti a rapporté les 22 et 23 octobre que Martelly a déposé un dossier physique auprès du CEP le 23 octobre, à
la suite d'une inscription en ligne le 16 octobre d'abord signalée par The Haitian Times. Martelly, ancien président
de 2011 à 2016, demeure sur la liste des sanctions canadiennes pour des activités décrites par le gouvernement
canadien comme déstabilisatrices pour Haïti. Il s'agit d'une sanction confirmée ; la caractérisation des activités est
l'allégation du gouvernement canadien et non une conclusion judiciaire établie. Aucune désignation dans le cycle
actuel par le Bureau de contrôle des avoirs étrangers des États-Unis n'a été confirmée dans les sources
examinées. Le CEP n'a rendu aucune décision publique sur l'éligibilité du dossier de Martelly. Haiti Policy House
signale son statut de sanctionné comme nécessitant une vérification aux fins de l'éligibilité électorale.
Le parti historique de Martelly, le PHTK, n'a pas formellement présenté de candidature unifiée dans le cycle
actuel. L'importance de cette absence structurelle réside dans le fait que l'inscription individuelle en ligne de
Martelly correspond à un schéma documenté dans l'analyse antérieure d'AYITI INTEL de candidats alignés sur
le PHTK opérant sous des bannières alternatives pour contourner l'examen institutionnel ou d'éligibilité. Si le CEP
accepte le dossier de Martelly par approbation formelle ou par le silence la base électorale proche du PHTK, qui
a porté le parti à la présidence en 2011 et 2016 et est restée une force électorale organisée significative jusqu'en
2021, se coaliserait autour d'un candidat entaché de sanctions. Ce scénario générerait une pression
internationale immédiate et soutenue sur le CEP de la part du Canada et potentiellement d'autres partenaires
internationaux. La question de savoir si cette pression se traduit par une décision formelle ou est absorbée sans
action constitue la variable unique la plus déterminante dans le champ présidentiel actuel. Cette analyse est
l'évaluation propre d'AYITI INTEL.
Le champ dans son ensemble se caractérise par une fragmentation extrême. Ansanm Nou Fò de Gandhy
Dorfeuille, le Parti de la Restauration et du Changement de Daniest Adrien et Les Démocrates Visionnaires pour
la Nouvelle Haïti de Deus Deronneth représentent chacun des candidatures distinctes sans sur la base des
reportages disponibles l'infrastructure organisationnelle, la portée géographique ou les partenariats de coalition
qui les rendraient compétitifs dans une course nationale. Les 282 partis formellement approuvés par le CEP en
mars 2026, combinés à un enregistrement de moins de 800 000 électeurs, créent des conditions dans lesquelles
la course présidentielle pourrait être remportée avec un très faible nombre absolu de votes, rendant l'organisation
October 30, 2026
et la mobilisation dans les zones accessibles et sécurisées de manière disproportionnément déterminante. Cette
dynamique structurelle avantage les réseaux établis par rapport aux nouveaux entrants. C'est l'analyse d'AYITI
INTEL.
La controverse sur l'éligibilité relative aux décharges attestations d'audit constitutionnelles ajoute une deuxième
couche d'incertitude au champ présidentiel. Le professeur Sonnet Saint-Louis, cité dans l'analyse du Nouvelliste,
et d'autres spécialistes en droit constitutionnel ont publiquement contesté la constitutionnalité des décharges
émises par décret gouvernemental plutôt que par la Cour des comptes. La révision du décret d'octobre 2026 a
recalibré les critères d'éligibilité fiscale de l'article 76 mais n'a pas résolu la question constitutionnelle
sous-jacente. Si un tribunal ou le CEP lui-même détermine que les décharges accordées par décret sont
constitutionnellement invalides, plusieurs candidatures de premier plan pourraient être simultanément
disqualifiées, déclenchant une crise politique au sein du processus électoral indépendamment des défaillances
sécuritaires et d'inscription.
CONTEXTE HISTORIQUE
Le cycle de fraude du premier tour de 2015 dans lequel l'élection du 25 octobre 2015 a produit des allégations de
fraude de la part de plusieurs partis d'opposition, l'annulation d'un second tour, une invalidation et finalement un
réorganisation a établi que l'éligibilité contestée et les résultats disputés dans l'environnement électoral haïtien
génèrent des bouleversements politiques plutôt que des transferts de pouvoir établis. La fragmentation du champ
actuel, combinée au déficit de légitimité d'un registre de moins de 800 000 électeurs, crée des conditions dans
lesquelles tout résultat éventuel fera l'objet de campagnes de délégitimisation de la part de multiples candidats
perdants. La période de janvier 2015 démontre également que les interventions politiques personnelles de
Martelly ne sont pas contraintes par les structures formelles de partis il a gouverné par décret lorsque les voies
institutionnelles étaient indisponibles.
POINTS DE DISCUSSION
Aucun candidat dans le champ enregistré actuel n'a démontré la profondeur organisationnelle, les partenariats de
coalition ou la portée géographique permettant de l'évaluer comme un favori clair. La course est réellement
ouverte, ce qui reflète en soi la faiblesse de tous les candidats plutôt que la force de l'un d'eux.
L'inscription de Martelly représente la question d'éligibilité aux enjeux les plus élevés de ce cycle. La décision ou
la non-décision du CEP sur son dossier façonnera non seulement la course présidentielle, mais aussi l'évaluation
par la communauté internationale de l'intégrité institutionnelle du CEP.
L'absence structurelle du PHTK dans le champ formel des partis, combinée à l'inscription individuelle de Martelly,
correspond au schéma d'une opération politique gérant l'exposition aux sanctions tout en préservant l'option
d'une participation électorale. Les missions diplomatiques devraient traiter cela comme un choix organisationnel
délibéré, et non comme un accident.
La controverse sur les décharges n'est pas une question juridique technique. C'est un déclencheur potentiel de
disqualification massive qui pourrait simultanément éliminer plusieurs candidats et produire une crise politique
que le CEP n'a pas la légitimité institutionnelle pour gérer.
La fragmentation du champ des candidats crée des conditions dans lesquelles des réseaux criminels organisés y
compris des acteurs politiques affiliés aux gangs pourraient exercer une influence déterminante sur les
circonscriptions qui resteraient accessibles pour le vote. Ce risque s'intensifie avec chaque mois de retard.
Claude Joseph et Jerry Tardieu sont les candidats d'opposition les plus cohérents sur le plan institutionnel selon
October 30, 2026
les éléments disponibles, mais la cohérence institutionnelle et la viabilité électorale ne sont pas équivalentes dans
l'environnement sécuritaire et organisationnel actuel d'Haïti.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions diplomatiques devraient formellement demander au CEP un calendrier écrit pour les décisions
d'éligibilité concernant tous les candidats enregistrés, avec une attention particulière au dossier de Martelly, avant
la clôture de la date limite d'inscription le 31 octobre.
Les missions ayant le Canada comme principal partenaire devraient évaluer si le régime de sanctions canadien
exige des officiels canadiens qu'ils communiquent directement avec le CEP concernant l'éligibilité électorale de
Martelly en vertu du droit haïtien.
Les missions d'observation devraient documenter la liste complète des dossiers de candidatures avant la date
limite du 31 octobre et établir un système de suivi des décisions d'éligibilité du CEP, avec une attention
particulière aux décisions relatives aux décharges.
Les journalistes devraient solliciter un accès à une interview directe avec le président du CEP Desrosiers
concernant la norme juridique appliquée au dossier de Martelly et le calendrier d'une décision.
Les analystes politiques suivant la formation des coalitions devraient surveiller si l'un des six candidats autres que
Martelly s'engage dans des discussions formelles de coalition ou d'alliance avant la publication d'un calendrier
révisé la fenêtre entre le report et une nouvelle date est généralement celle où les alliances durables se forment
ou s'effondrent.
Les investisseurs devraient noter que la candidature de Martelly, si elle est acceptée, générera une pression
politique internationale sur Haïti susceptible d'affecter les discussions commerciales bilatérales, les décisions de
licences OFAC et le positionnement des banques de développement multilatérales sur les programmes relatifs à
Haïti.
CONFIANCE
Confiance modérée basée sur des rapports institutionnels partiels.
DÉVELOPPEMENT 3 : SCRUTINS INFÉRIEURS, COURSES DANS LES GRANDES VILLES ET ACTEURS D'INFLUENCE
Des élections étaient prévues pour 119 sièges à la Chambre des députés et entre 19 et 20 des 30 sièges au
Sénat les sources examinées par AYITI INTEL, dont The Haitian Times et l'entrée Wikipédia pour les Élections
parlementaires haïtiennes de 2026, varient entre 19 et 20, reflétant probablement le statut juridique contesté d'un
siège. Les dernières élections législatives d'Haïti se sont tenues en 2015 et 2016, créant un déficit démocratique
législatif d'une décennie qui a permis à l'exécutif de gouverner sans contrôle législatif constitutionnel. Le report
sine die prolonge ce déficit indéfiniment. Des centaines de candidatures législatives avaient été déposées à fin
septembre 2026, selon le reportage du Haitian Times du 23 septembre, mais aucune coalition dominante ni bloc
de partis n'avait émergé comme probable constructeur d'une majorité parlementaire. Les 282 partis approuvés
par le CEP créent des conditions de fragmentation extrême dans tout futur parlement.
La gouvernance municipale fonctionne à travers un système de commissions nommées plutôt que de maires élus
October 30, 2026
dans les grandes villes d'Haïti. Le gouvernement du Premier ministre Fils-Aimé a nommé une commission de
gestion tripartite pour Port-au-Prince le 7 février 2026, composée de Yves Andrel Salomon, Dorothé Ignace Morel
et Esther Cinéas, selon le reportage de Gazette Haïti de février 2026. Cette commission détient l'autorité sur la
capitale sans mandat électoral et sans durée définie au-delà de la contingence que des élections municipales
soient tenues. Sa continuité opérationnelle dépend de la stabilité politique du gouvernement Fils-Aimé lui-même.
Les changements dans la composition de la commission potentiellement déclenchés par des modifications de la
coalition gouvernante représentent un risque opérationnel sous-estimé pour les organisations basées à
Port-au-Prince dont les relations en matière de permis, de réglementation et de services municipaux sont liées à
des membres spécifiques de la commission.
À Cap-Haïtien, deuxième ville d'Haïti, LakayInfo a rapporté le 21 mai 2026 que l'expert juridique Me Micardo
Vreus « gagnait du terrain » dans la gouvernance municipale formulation compatible avec une dynamique de
gestion nommée ou par intérim plutôt qu'avec une administration élue. Aucune donnée formelle d'inscription de
candidats à la mairie pour Cap-Haïtien ou d'autres grandes villes notamment Gonaïves, Les Cayes, Jacmel,
Jérémie, Port-de-Paix, Fort-Liberté, Hinche et Miragoâne n'a été confirmée dans les sources examinées par
AYITI INTEL. Les élections municipales restent regroupées dans le cadre des élections générales reportées, ce
qui signifie qu'aucune course à la mairie ne se tiendra indépendamment de la résolution du calendrier présidentiel
et législatif.
Les acteurs d'influence non candidats façonnant l'environnement électoral actuel comprennent, premièrement, le
PM Fils-Aimé lui-même, dont le gouvernement opère en statut de facto depuis le 8 juin 2026 ayant acquis ce
statut, comme confirmé dans les données de recherche, sans mandat électoral, avec une légitimité juridique
contestée par les acteurs de l'opposition. Deuxièmement, le président du CEP Desrosiers, dont l'institution gère
simultanément les dépôts de candidatures, les décisions d'éligibilité, la révision du calendrier et la coordination
des partenaires internationaux dans des conditions de stress institutionnel aigu. Troisièmement, le dirigeant de
parti Jamil Salomon, représentant le groupement « Haïti et Alliés » comprenant au moins 13 partis une formation
de coalition rapportée par HaitiDocs en août 2026 qui représente la structure d'alliance partisane numériquement
la plus significative identifiée dans le cycle actuel. Quatrièmement, le Dr Franche Lawson, dirigeant de
RASANBLE, qui a publiquement déclaré son indépendance vis-à-vis de toutes les coalitions le 29 août 2026,
selon Zantray News une désaveu signalant les limites de la formation de coalitions et la dynamique de
fragmentation susceptible de produire une instabilité parlementaire. Cinquièmement, les commissaires nommés à
Port-au-Prince et à Cap-Haïtien, qui exercent une autorité municipale de facto et dont les relations avec le
gouvernement Fils-Aimé et les acteurs politiques organisés les rendent pivots pour l'environnement opérationnel
de toute campagne éventuelle.
Le désaveu public de toutes les coalitions et plateformes par RASANBLE, rapporté par Zantray News le 29 août
2026, est opérationnellement significatif au-delà de son titre. Il signale qu'au moins une force politique organisée
dirigée par une figure nommée avec une identité partisane déclarée a calculé que l'indépendance vis-à-vis du
paysage fragmenté des coalitions constitue un avantage compétitif. La question de savoir si ce calcul reflète une
indépendance idéologique authentique ou une posture de négociation en amont des négociations de coalition
dans le cadre d'un calendrier révisé n'est pas établie par les reportages disponibles. L'évaluation d'AYITI INTEL
est que le désaveu est plus compatible avec une posture de négociation compte tenu de la chronologie il est
survenu cinq semaines avant la date originale du premier tour du 30 août qui était déjà en cours de révision.
CONTEXTE HISTORIQUE
Les élections législatives de 2015 à 2016, les dernières tenues, ont produit un parlement fragmenté qui a échoué
à confirmer des Premiers ministres et a finalement cessé de fonctionner. Ce précédent est directement pertinent
pour 2026 : si des élections se tiennent et produisent une Chambre des députés et un Sénat très fragmentés le
résultat structurel le plus compatible avec 282 partis approuvés et une faible formation de coalitions le parlement
October 30, 2026
résultant pourrait être incapable de confirmer un Premier ministre, d'approuver un budget ou de ratifier un
nouveau conseil électoral, perpétuant le vide de gouvernance plutôt que de le résoudre.
POINTS DE DISCUSSION
La gouvernance municipale à Port-au-Prince et à Cap-Haïtien est assurée par des commissions nommées sans
mandat démocratique et sans durée définie une vulnérabilité structurelle qui s'intensifie avec chaque mois de
retard électoral.
L'absence de données confirmées d'inscription de candidats à la mairie pour toute grande ville haïtienne autre
que dans le cadre regroupé des élections générales signifie qu'il n'existe aucune compétition électorale
municipale localement organisée à surveiller indépendamment du calendrier national.
Le groupement Haïti et Alliés sous Jamil Salomon, comprenant au moins 13 partis, est la structure d'alliance
numériquement la plus significative identifiée dans le cycle actuel. Ses implications législatives si des élections
se tiennent dépendent du maintien de la cohésion du groupement tout au long d'un report de plusieurs mois.
Le désaveu de coalition de RASANBLE est analytiquement plus significatif comme signal de dynamiques de
fragmentation que comme déclaration de principe politique. Les partis qui maintiennent leur indépendance
pendant la période pré-campagne rentrent souvent dans les négociations de coalition lorsqu'une date effective est
fixée.
Le déficit démocratique législatif d'une décennie signifie que tout nouveau parlement, quelle que soit sa
fragmentation, portera la responsabilité de restaurer les fonctions constitutionnelles de gouvernance notamment
la confirmation d'un Premier ministre, l'approbation de budgets et la reconstitution de la Cour des comptes qui
sont absentes depuis 2020.
Les acteurs d'influence non candidats en particulier le président du CEP Desrosiers et la commission de gestion
de Port-au-Prince exercent une autorité quotidienne plus déterminante sur la trajectoire politique d'Haïti qu'aucun
candidat déclaré.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions diplomatiques devraient établir un suivi direct de la composition et des activités de la commission de
gestion de Port-au-Prince, traitant tout changement dans la composition de la commission comme un signal de
modifications de la coalition gouvernante.
Les organisations multilatérales ayant des programmes sous-nationaux à Cap-Haïtien, Les Cayes, Gonaïves et
d'autres capitales départementales devraient cartographier leurs relations opérationnelles avec les autorités
municipales intérimaires et évaluer le risque de continuité dans les scénarios électoraux.
Les missions d'observation planifiant le suivi des scrutins inférieurs devraient s'engager spécifiquement avec le
CEP sur le processus de validation des candidatures législatives le cadre de décision d'éligibilité pour les
candidats au Sénat et aux postes de député est moins discuté publiquement que le champ présidentiel, mais il
est également exposé juridiquement en vertu de la controverse sur les décharges.
Les journalistes couvrant le champ législatif devraient enquêter sur la question de savoir si le groupement Haïti et
Alliés sous Jamil Salomon a établi une liste formelle de candidats pour les courses au Sénat et aux postes de
député, car ce serait le développement de coalition législatif le plus significatif du cycle actuel.
October 30, 2026
Les investisseurs ayant des relations de permis ou de réglementation municipale à Port-au-Prince devraient
évaluer leur exposition à un renouvellement de la commission et documenter leurs contacts actuels au sein de la
commission et les approbations obtenues comme base de gestion des risques.
Les analystes politiques devraient surveiller RASANBLE et le Dr Franche Lawson spécifiquement pour tout
retournement du désaveu de coalition à la suite de la publication d'un calendrier électoral révisé un tel
retournement indiquerait que le désaveu était une posture de négociation.
CONFIANCE
Faible confiance en raison de rapports limités ou contradictoires.
À SURVEILLER
PROCHAINES 24 À 48 HEURES
La date limite d'inscription des candidats du 31 octobre expire. Surveiller toute annonce du CEP sur la question
de savoir si les dossiers déposés avant cette date limite conservent leur validité juridique dans le cadre du report
sine die, si la date limite sera prolongée dans le cadre d'un futur calendrier révisé, ou si tous les dossiers actuels
sont traités comme suspendus dans l'attente d'une nouvelle action institutionnelle. L'absence de toute annonce
est elle-même un signal elle indiquerait que le CEP diffère la question juridique pour éviter une confrontation
politique avec les candidats qui ont déjà déposé leur dossier. Surveiller spécifiquement toute déclaration du
président du CEP Desrosiers sur le statut d'éligibilité de Martelly, car la clôture de la date limite supprime la
justification procédurale d'un report continu.
CETTE SEMAINE
Surveiller toute annonce du CEP d'un calendrier électoral révisé ou toute déclaration publique de prérequis
sécuritaires mesurables pour procéder. La crédibilité de tout nouveau calendrier dépend entièrement de la
question de savoir s'il inclut des conditions définies et vérifiables plutôt qu'un langage aspirationnel. Surveiller
toute réponse de partenaires internationaux OEA, BINUH, Département d'État américain ou Canada à la clôture
de la date limite du 31 octobre et à l'absence d'un calendrier révisé. Surveiller le groupe d'experts des Nations
Unies sur les sanctions relatives à Haïti, dont le mandat expire le 17 novembre 2026 ; le renouvellement ou la
modification signalera le consensus international sur les progrès politiques et pourrait affecter l'environnement de
sanctions dans lequel la candidature de Martelly opère. Surveiller RASANBLE et Haïti et Alliés pour toute
communication interne sur la stratégie de coalition à la suite de la clôture de la date limite.
HORIZON STRATÉGIQUE
La fenêtre de juin 2027 projetée par Haiti Policy House constitue l'horizon de planification opérationnel pour
toutes les parties prenantes. Atteindre cette fenêtre nécessite, au minimum, un calendrier révisé publié avec des
prérequis sécuritaires définis, une deuxième campagne d'inscription des électeurs atteignant un minimum estimé
de trois à quatre millions d'électeurs inscrits, une consolidation territoriale suffisante de la MSS/GSF pour ouvrir la
majorité des zones de vote prévues, et la résolution des litiges d'éligibilité en suspens y compris la décision
concernant Martelly et la question constitutionnelle relative aux décharges avant une nouvelle date de premier
tour. L'échec indépendant de l'une quelconque de ces conditions repousserait la fenêtre réaliste au-delà de juin
2027. L'expiration du mandat du BINUH en janvier 2027 crée un point de pression institutionnel international : le
débat du Conseil de sécurité des Nations Unies sur le renouvellement du mandat forcera un examen public de la
compatibilité de la trajectoire actuelle avec des élections crédibles ou de sa nature de report indéfini géré. Ce
débat et non les délibérations internes du CEP sur son calendrier est l'événement unique le plus déterminant
October 30, 2026
entre aujourd'hui et la fenêtre électorale réaliste.
SOURCES PRIMAIRES
Le Nouvelliste 6 octobre 2026 (communiqué de report sine die du CEP ; analyse juridique sur les décharges ; «
Voter malgré la peur »)
HaitiLibre 6 octobre 2026 (troisième révision du décret électoral ; réduction des frais ; recalibrage de l'article 76)
Gazette Haïti 22 et 23 octobre 2026 (dépôt du dossier physique de Martelly) ; février 2026 (nomination de la
commission de gestion de Port-au-Prince)
Rezo Nòdwès juillet 2026 (déficit d'inscription des électeurs ; défaillances de déploiement des CIV)
AlterPresse couverture électorale continue 2026 (reportages sur la fragmentation des coalitions et des partis)
Radio Kiskeya couverture électorale continue 2026 (annonces du CEP et du gouvernement)
Zantray News 29 août 2026 (désaveu de coalition de RASANBLE par le Dr Franche Lawson)
LakayInfo 21 mai 2026 (Me Micardo Vreus et gouvernance municipale de Cap-Haïtien)
Haiti24 17 septembre 2026 (confirmations de candidatures présidentielles) ; 19 août 2026 (controverse sur les
décharges)
The Haitian Times 16 octobre 2026 (inscription en ligne de Martelly) ; 11 octobre 2026 (analyse post-report) ; 23
septembre 2026 (étendue des dépôts de candidatures législatives) ; 12 septembre 2025 (base d'inscription des
électeurs)
Vantbef Info 1er octobre 2026 (évaluation du champ présidentiel) ; 22 juillet 2026 (mise à jour de l'inscription des
électeurs) ; 28 janvier 2026 (sanctions américaines sur les conseillers du conseil présidentiel)
RHINEWS 13 septembre 2026 (analyse des conditions sécuritaires et de la faisabilité électorale)
Haiti Policy House Election Tracker, octobre 2026 (probabilité nulle en décembre ; projection de juin 2027 ;
signalements de sanctions des candidats)
October 30, 2026