RÉSUMÉ EXÉCUTIF
La machinerie électorale formelle d'Haïti progresse à un rythme inédit depuis 2016, mais le processus porte une
contradiction structurelle susceptible de compromettre tout scrutin tenu le 13 décembre 2026 : le Département
de l'Ouest qui contient Port-au-Prince et environ 34 pour cent de la population nationale a été entièrement exclu
de l'inscription électorale en raison du contrôle territorial des gangs. Cette exclusion, combinée à 1,47 million de
personnes déplacées à l'intérieur du pays, une transition de leadership du CEP en cours de processus non
résolue, et la candidature non vérifiée de Youri Latortue, figure sous sanctions OFAC, signifie que les élections
sont simultanément les mieux préparées sur le plan institutionnel depuis une décennie et les plus précaires sur
le plan opérationnel. L'enseignement actionnable pour toutes les missions : la date de clôture de l'inscription
électorale du 13 octobre 2026 et non le 13 décembre est le premier indicateur décisif permettant de déterminer
si un scrutin crédible est possible.
RÉSUMÉ RAPIDE POUR LES PARTIES PRENANTES
Le CEP a confirmé le 13 décembre 2026 comme date du premier tour pour les élections présidentielle,
législatives et locales, le deuxième tour étant prévu pour le 21 février 2027. Il s'agit de la troisième révision du
calendrier ; la date cible initiale était le 30 août 2026. Le nouveau président du CEP, Peterson Pierre-Louis, entre
en fonction le 1er octobre, en plein milieu du processus. Sur le terrain présidentiel, la coalition VIKTWA a
sélectionné Wilner Joseph via une primaire interne le 10 septembre 2026 ; REKONSILYE a sélectionné Gary
Bodeau ; Youri Latortue de Haïti en Action demeure un candidat de premier plan selon les informations
disponibles, malgré des sanctions actives de l'OFAC et du Canada. En bas du scrutin, 105 regroupements
politiques ont reçu des numéros d'accréditation officiels vers le 13 septembre 2026, consolidant ce qui était un
champ de 316 partis enregistrés. La figure nécessitant la surveillance la plus étroite est Youri Latortue, dont la
candidature si le CEP omet d'appliquer son propre décret d'intégrité du 2 juin représenterait le seul échec de
crédibilité le plus dommageable du processus. Le risque central pesant sur la tenue des élections selon le
calendrier prévu n'est pas politique mais territorial : sans corridor sécuritaire permettant l'inscription électorale
dans le Département de l'Ouest avant le 13 octobre, tout scrutin de décembre sera dépourvu d'un fondement de
légitimité capable de résister aux contestations post-électorales.
DÉVELOPPEMENT 1 : CALENDRIER ÉLECTORAL, CEP ET FAISABILITÉ
Le Conseil Electoral Provisoire a publié un calendrier officiel fixant le 13 décembre 2026 comme date du premier
tour du scrutin présidentiel, législatif et de ratification constitutionnelle, le deuxième tour étant prévu pour le 21
février 2027. Selon Le Nouvelliste, la date de décembre représente la troisième révision d'un calendrier électoral
qui ciblait initialement le 30 août 2026, soumis au Conseil Présidentiel de Transition en novembre 2025. La
première révision a suivi l'arrêté exécutif du 20 mars 2026 exigeant l'alignement sur les Articles 12 et 14 du
Pacte national une condition imposée par l'exécutif qui a effectivement associé les élections à un ensemble
d'amendements constitutionnels. Le CEP a publié une note opérationnelle supplémentaire le 8 avril 2026
annonçant des délais dans l'inscription des électeurs et l'enregistrement des candidats. Le Canada s'est engagé
directement avec le CEP le 21 avril 2026 sur les ajustements du calendrier et l'harmonisation des décrets, une
réunion qu'AlterPresse et Le Nouvelliste ont rapportée comme reflétant une pression externe continue sur le
September 13, 2026
calendrier du processus.
Le cadre juridique régissant ces élections est le Décret électoral du 2 juin 2026, publié sur cephaiti.ht. Le décret
va au-delà des minimums constitutionnels, ajoutant des exigences de conformité administrative, des obligations
de déclaration financière et des normes d'intégrité pour les candidats à la présidence, explicitement conçues
pour remédier aux conditions de corruption et d'insécurité qui ont marqué une décennie sans gouvernement élu.
Radio Télévision Caraïbes a rapporté le 18 juin 2026 que le décret avait suscité une controverse autour de
critères d'éligibilité ambigus désignés dans les commentaires haïtiens comme zones d'ombre dont l'application
pratique dans la phase de vérification des candidats du CEP reste non testée. Le Haitian Times a rapporté le 7
août 2026 que cette question de vérification constituerait le portail décisif pour plusieurs figures du champ des
candidats.
Le tableau opérationnel est compliqué de manière la plus aiguë par l'inscription électorale. L'inscription a débuté
le 20 juillet 2026 dans neuf des dix départements d'Haïti ; le Département de l'Ouest, qui comprend
Port-au-Prince et environ quatre millions de résidents, a été délibérément exclu en raison du contrôle du territoire
par les gangs. L'inscription se déroule jusqu'au 13 octobre 2026. Vantbefinfo.com a rapporté le lancement le 22
juillet 2026. La base de données de l'ONI recense environ six millions d'Haïtiens en âge de voter, mais
l'inscription de nouveaux électeurs et la base de données CIN existante représentent des chiffres différents et ne
sont pas directement comparables, selon le tableau de bord de la Haiti Policy House mis à jour jusqu'en
septembre 2026. Une campagne civique menée par Banj Media et Centre Muse du 12 août au 15 septembre
2026 a visé à faciliter l'accès aux pièces d'identité. Le Secrétaire général adjoint de l'OEA, Ramdin, a
publiquement signalé que l'inscription devait s'accélérer pour les populations déplacées et touchées par les
gangs une reconnaissance implicite que la date limite du 13 octobre pourrait se refermer avant que le processus
ne soit crédible.
Une transition de leadership en cours de processus au CEP complique davantage les opérations. Le président
sortant Jacques Desrosiers doit être remplacé par le président entrant Peterson Pierre-Louis le 1er octobre
2026, selon le reportage de Gazette Haïti du 9 septembre 2026. Cette transition survient au moment
opérationnellement le plus critique de la période pré-électorale : la fenêtre entre le 1er octobre et le 13 octobre
englobe les deux dernières semaines d'inscription électorale et l'ouverture de la phase de vérification des
candidats. Un nouveau président du CEP qui s'inscrit dans cette période devra établir immédiatement des
relations avec les partenaires internationaux, les représentants des partis et le bureau du Premier ministre, tout
en gérant la clôture de l'inscription et le début des décisions d'éligibilité.
CONTEXTE HISTORIQUE
La dissolution du parlement en janvier 2015 sous le président Martelly a établi le modèle définissant : lorsque les
élections s'interrompent, l'exécutif gouverne sans législature et sélectionne effectivement son propre conseil
électoral, créant un déficit de légitimité qui marque chaque étape ultérieure. La dissolution du CPT en février
2026 et l'autorité exécutive exclusive du Premier ministre Fils-Aimé reproduisent ce schéma précisément. Le
cycle de fraude de 2015 dans lequel les résultats contestés du premier tour du 25 octobre 2015 sous une
observation limitée ont produit des protestations, un report, une annulation et un nouveau scrutin plutôt qu'un
transfert de pouvoir établi est le précédent structurel direct de ce qu'un premier tour de décembre 2026 disputé
générerait vraisemblablement.
POINTS DE DISCUSSION :
September 13, 2026
La clôture de l'inscription électorale du 13 octobre, et non le 13 décembre, est le premier test décisif de crédibilité
électorale, car tout scrutin tenu sans l'inscription du Département de l'Ouest fera face à une délégitimation
immédiate et soutenue par les acteurs de l'opposition et les observateurs internationaux. La transition de
leadership du CEP le 1er octobre introduit un risque réel de perturbation opérationnelle au pire moment possible
; les missions devraient chercher un engagement immédiat avec Peterson Pierre-Louis pour établir des relations
de travail avant l'ouverture de la phase de vérification des candidats. L'arrêté exécutif du 20 mars 2026 associant
les élections à la réforme constitutionnelle crée une dimension référendaire constitutionnelle à ce scrutin qui n'a
pas reçu une attention suffisante ; le rejet des amendements du Pacte national pourrait produire un résultat
scindé entre les résultats électoraux et constitutionnels. La consolidation de 316 partis en 105 regroupements
accrédités est une amélioration structurelle réelle par rapport à la fragmentation passée, mais 105
regroupements en compétition représente encore un champ suffisamment large pour produire des votes divisés
et des résultats contestés dans des circonscriptions législatives uninominales. Le soutien financier et technique
international aux opérations de la FSS et à l'infrastructure d'inscription de l'ONI sont interdépendants ; les
progrès sur l'un ou l'autre seul sont insuffisants.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions et les organisations d'observation devraient formellement demander au CEP par écrit et avant le
1er octobre un protocole de contingence écrit pour l'inscription électorale dans le Département de l'Ouest,
incluant les conditions sécuritaires seuils sous lesquelles l'inscription s'ouvrirait et une date de clôture
d'inscription alternative. Les missions d'observation devraient déployer une équipe de surveillance
spécifiquement pour la transition du CEP le 1er octobre, suivant la continuité de la mémoire institutionnelle entre
Desrosiers et Pierre-Louis. Les ambassades disposant d'un levier bilatéral sur le bureau du Premier ministre
devraient insister pour une clarification publique quant à savoir si la date du 13 décembre reste ferme dans tout
scénario sécuritaire, ou si une nouvelle révision est possible ; l'ambiguïté ici est elle-même un signal
déstabilisateur. Les investisseurs et les missions commerciales ne devraient pas ajuster leur posture
opérationnelle sur la seule base de la date du 13 décembre ; les progrès opérationnels de la FSS vers
Port-au-Prince et les tendances sécuritaires dans le Département de l'Ouest sont les indicateurs avancés
déterminant si un nouveau gouvernement prend effectivement ses fonctions d'ici février 2027. Les journalistes
couvrant la phase d'inscription devraient publier des articles spécifiques sur le pipeline de transfert de données
de l'ONI au CEP, étant donné que l'écart entre la base de données ONI de six millions de personnes et le
nombre réel d'électeurs inscrits n'a pas été clarifié publiquement.
CONFIANCE
Confiance modérée basée sur des rapports institutionnels partiels.
DÉVELOPPEMENT 2 : CANDIDATS PRÉSIDENTIELS ET COALITIONS
Au 13 septembre 2026, le champ présidentiel contient des candidats de coalition confirmés, des candidats
déclarés et des figures dont les intentions sont rapportées de manière crédible mais pas formellement
confirmées. AYITI INTEL note que l'enregistrement des candidats n'a pas encore officiellement débuté selon le
September 13, 2026
calendrier du décret du CEP du 2 juin ; les figures décrites ci-dessous comme candidats ou nominés ont soit été
sélectionnées par leurs coalitions, soit se sont déclarées publiquement, mais l'enregistrement formel et la
vérification par le CEP n'ont pas encore eu lieu. Les positions, les partis et les bases sont attribués à des
sources nommées tout au long.
Wilner Joseph de la coalition VIKTWA a été sélectionné comme candidat présidentiel par une primaire interne le
10 septembre 2026, remportant avec ce que Gazette Haïti du 10 septembre 2026 a décrit comme une large
majorité. VIKTWA, qui a présenté sa coalition au Cap-Haïtien et a explicitement appelé à l'unité inter-partisane,
représente l'un des rares regroupements à avoir achevé un processus de sélection interne plutôt que de
désigner un candidat par décret de direction. L'événement de lancement nordique de la coalition au Cap-Haïtien
signale une stratégie intentionnelle de construction d'une base géographique en dehors de Port-au-Prince.
Évaluation d'AYITI INTEL : l'achèvement d'une primaire interne confère à VIKTWA un argument de légitimité
procédurale que les autres coalitions ne peuvent actuellement pas revendiquer, bien que la notoriété nationale
de Wilner Joseph et sa base financière demeurent peu claires dans les sources disponibles.
Gary Bodeau de la coalition REKONSILYE a été sélectionné comme candidat présidentiel de ce regroupement,
selon des sources citées dans le tableau de bord de la Haiti Policy House mis à jour jusqu'en septembre 2026.
Bodeau apporte une expérience législative il a précédemment servi comme président de la Chambre des
Députés donnant à REKONSILYE un candidat familier des institutions et disposant d'un réseau politique
existant, principalement centré dans la capitale et ses circonscriptions environnantes. Sa sélection n'a pas été
accompagnée d'un grand événement de lancement public dans les sources disponibles.
Maryse Narcisse est répertoriée comme candidate de premier plan représentant Fanmi Lavalas, le parti fondé
par l'ancien président Jean-Bertrand Aristide, selon l'entrée Wikipedia sur les élections générales haïtiennes de
2026 et Haiti-Reference. Narcisse s'est présentée comme candidate présidentielle de Fanmi Lavalas lors des
élections de 2016 le dernier cycle électoral général qu'Haïti a achevé lui conférant la distinction d'être la seule
figure du champ actuel à avoir derrière elle une campagne présidentielle complète au sein d'un grand parti.
Fanmi Lavalas conserve une profondeur organisationnelle significative dans les communautés ouvrières de
Port-au-Prince et dans certaines villes de province, bien que l'exclusion du Département de l'Ouest de
l'inscription électorale désavantage directement un parti dont la base est concentrée dans cette zone. Évaluation
d'AYITI INTEL : la viabilité de Narcisse dépend structurellement de l'inscription dans le Département de l'Ouest
et de l'accès au jour du scrutin dans des proportions qu'aucun autre candidat déclaré ne connaît.
Edgard Leblanc Fils, représentant l'OPL (Organisation du Peuple en Lutte), est signalé comme candidat potentiel
par de multiples sources de suivi. Leblanc Fils a servi comme membre du CPT, ce qui crée à la fois un argument
de familiarité institutionnelle et une responsabilité politique : le CPT a terminé son mandat sans avoir rétabli la
sécurité ou la stabilité, et Leslie Voltaire et Leblanc Fils ont tenu une conférence de presse finale le 23 janvier
2026 reconnaissant le dysfonctionnement politique, selon HLIVE TV. Sa candidature n'a pas été formellement
confirmée dans les sources disponibles à la date du présent rapport. AYITI INTEL traite ceci comme une
candidature potentielle rapportée de manière crédible, et non comme une candidature confirmée.
Fritz Jean est répertorié comme candidat représentant Inite-LAPEH, caractérisé comme une formation libérale
conservatrice et progressiste, dans l'entrée Wikipedia sur les élections de 2026. Fritz Jean a précédemment servi
comme gouverneur de la Banque de la République d'Haïti, lui conférant un profil économique technocratique qui
le distingue des figures principalement politiques du champ. Aucune information supplémentaire provenant de
sources sur les développements de coalition ou les activités de campagne n'est disponible dans les données de
September 13, 2026
recherche pour cette figure.
Claude Joseph, fondateur et dirigeant du parti EDE, s'est inscrit comme électeur le 11 septembre 2026 dans un
acte public documenté par Gazette Haïti le 11 septembre 2026. Son inscription électorale est un geste
symbolique pendant la phase de mobilisation civique mais ne constitue pas une déclaration de candidature.
Joseph a précédemment servi comme Premier ministre par intérim dans la foulée immédiate de l'assassinat de
Jovenel Moïse en juillet 2021. AYITI INTEL traite sa candidature présidentielle comme non confirmée mais
politiquement visible ; son acte public d'inscription électorale pourrait être un précurseur d'une déclaration
formelle. Son engagement devrait être surveillé lors de la prochaine fenêtre d'enregistrement des candidatures.
La figure la plus conséquente et non résolue du champ présidentiel est Youri Latortue de Haïti en Action,
également connu sous le nom de parti AAA. Latortue est simultanément répertorié comme candidat présidentiel
de premier plan dans l'entrée Wikipedia sur les élections haïtiennes de 2026 et sur Haiti-Reference, et désigné
en vertu du Décret présidentiel exécutif 14059 de l'OFAC pour des liens avec le narcotrafic, tel que confirmé par
home.treasury.gov. Il est également inscrit sur la liste des sanctions canadiennes, mise à jour en dernier lieu le
12 juin 2026. Le décret électoral du 2 juin ajoute explicitement des exigences d'intégrité pour les candidats à la
présidence, mais l'application de ces exigences contre Latortue n'a été confirmée dans aucune source
disponible. Il s'agit de la contradiction juridico-politique la plus significative du processus actuel. La question de
savoir si le nouveau président du CEP, Peterson Pierre-Louis, applique les critères d'intégrité du décret aux
candidats sous sanctions lors de la phase de vérification d'octobre définira la crédibilité de l'ensemble du cadre
juridique. Évaluation d'AYITI INTEL : une candidature de Latortue passant la phase de vérification du CEP
déclencherait des dommages immédiats et graves à la crédibilité du processus aux yeux des gouvernements
américain, canadien et de l'UE, et déclencherait vraisemblablement des déclarations formelles de
non-reconnaissance ou un engagement conditionnel des observateurs.
Joseph Lambert, également désigné sous sanctions américaines, est référencé comme une figure dans une
situation similaire selon globalsanctions.com et le suivi des sanctions de Baker McKenzie. Son statut de
candidature direct n'est pas confirmé dans les sources disponibles.
Pierre Dieu-Donné Délice de Outils pour un Autre Haïti a soumis un enregistrement de parti en mars 2026, selon
un reportage vidéo de l'AP du 2 mars 2026. Aucun développement ultérieur de candidature ou de campagne
n'est disponible dans les données de recherche.
Le PHTK Parti Haïtien Tèt Kale, le parti associé aux anciens présidents Michel Martelly et Jovenel Moïse est
confirmé absent du processus actuel. Sa base électorale, notamment dans certaines parties de l'Artibonite, du
Nord et des circonscriptions de la côte caribéenne, demeure une variable de mobilisation latente. Un alignement
informel entre les circonscriptions sympathisantes du PHTK et d'autres regroupements, ou des dynamiques
délibérées de perturbateur, ne peuvent être exclus à partir des sources disponibles.
CONTEXTE HISTORIQUE
Le premier tour du 25 octobre 2015, dans lequel le CEP a déclaré Jovenel Moïse vainqueur du premier tour dans
des conditions d'observation limitées, a produit un cycle de protestations, une annulation et un nouveau scrutin
complet en 2016 la dernière élection présidentielle haïtienne achevée. Le processus actuel, avec 105
regroupements en compétition et une éligibilité non résolue des candidats sous sanctions, est structurellement
susceptible à la même dynamique : un premier tour disputé dans un champ fragmenté produit historiquement
September 13, 2026
des protestations et des reports plutôt qu'un transfert établi. L'expérience de 2015 a également démontré que la
réticence des observateurs internationaux à qualifier les résultats de frauduleux n'empêche pas les acteurs
domestiques haïtiens d'y parvenir avec succès.
POINTS DE DISCUSSION :
La question d'éligibilité de Latortue est la décision unique présentant le plus fort potentiel de dommages en
cascade pour le processus ; les missions devraient formellement s'enquérir auprès du CEP avant la publication
de la liste des candidats en octobre des critères de vérification et de la manière dont les normes d'intégrité du
décret du 2 juin seront appliquées aux personnes sous sanctions internationales. Le modèle de primaire interne
de VIKTWA est le processus de sélection des candidats procéduralement le plus défendable visible dans le
champ actuel et représente un précédent positif que les autres coalitions devraient être encouragées à adopter
ou à expliquer leur déviation de. L'absence du PHTK de la participation formelle n'élimine pas sa circonscription ;
tout regroupement qui absorbe discrètement les réseaux organisationnels du PHTK acquerra un avantage
significatif d'infrastructure électorale, particulièrement en Artibonite. La dispersion géographique du champ avec
VIKTWA ancré au Cap-Haïtien, Fanmi Lavalas concentré à Port-au-Prince et Latortue puisant dans l'Artibonite
signifie que le schéma géographique du vote, s'il a lieu, reflétera les conditions sécuritaires autant que les
préférences politiques. Aucun mécanisme de vote pour la diaspora n'est référencé dans les sources disponibles ;
cette exclusion persistante touche entre un et deux millions d'Haïtiens à l'étranger et représente un écart de
légitimité récurrent.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les missions diplomatiques devraient envoyer une démarche coordonnée au CEP avant le 1er octobre
demandant une confirmation écrite des procédures par lesquelles l'éligibilité des candidats sera vérifiée au
regard des exigences d'intégrité du décret du 2 juin, incluant spécifiquement le statut des personnes sous
sanctions internationales. Les missions journalistiques devraient prioriser la publication de la liste des candidats
en octobre comme un moment d'investigation majeur, avec des reportages préalables sur la base juridique et les
précédents antérieurs du CEP en matière d'exclusions d'éligibilité. Les organisations d'observation devraient
préparer à l'avance un cadre de déclaration publique pour deux scénarios : Latortue admis à la candidature, et
Latortue disqualifié, étant donné que l'un ou l'autre résultat générera une réaction publique majeure et que les
observateurs ne devraient pas être pris sans position analytique préparée. Les homologues acteurs politiques
devraient être encouragés à achever les processus internes de sélection des candidats avant l'ouverture officielle
de l'enregistrement, car le modèle VIKTWA démontre que c'est réalisable et offre une couverture procédurale
contre les allégations ultérieures de fraude. Les missions devraient suivre indépendamment l'activité politique
informelle du PHTK pour identifier les premiers signaux d'alignement avec des candidats ou de stratégie de
perturbateur avant la clôture des listes formelles de candidats.
CONFIANCE
Confiance modérée basée sur des rapports institutionnels partiels.
DÉVELOPPEMENT 3 : BAS DU SCRUTIN, COURSES DANS LES GRANDES VILLES ET ACTEURS DE POUVOIR
September 13, 2026
CORPS ANALYTIQUE
Le bulletin du premier tour du 13 décembre 2026 englobe non seulement la course présidentielle mais
également les 119 sièges de la Chambre des Députés, les sièges du Sénat pour le cycle de renouvellement d'un
tiers, et les élections locales du premier tour dans les principales villes d'Haïti, incluant Port-au-Prince,
Cap-Haïtien, Gonaïves, Les Cayes, Jacmel, Jérémie, Port-de-Paix, Fort-Liberté, Hinche et Miragoâne. Aucun
candidat nommé et déclaré pour les législatives ou la mairie n'a été confirmé par nom spécifique dans les
sources de recherche disponibles au 13 septembre 2026. AYITI INTEL respecte strictement son mandat de
sourçage : il n'invente ni n'infère de candidatures. L'analyse suivante aborde les conditions structurelles, les
acteurs institutionnels et les acteurs de pouvoir qui façonnent le paysage du bas du scrutin.
La consolidation de 316 partis enregistrés à 105 regroupements de coalitions accrédités, publiée par le CEP vers
le 13 septembre 2026 selon RTVCH, est le développement structurel le plus significatif dans l'espace du bas du
scrutin. Dans le système électoral haïtien, les candidats législatifs et locaux se présentent sur des listes de parti
ou de coalition ; un parti en dehors des 105 regroupements accrédités est effectivement exclu de la contestation
de tout siège lors du scrutin du 13 décembre. Cette échéance de consolidation, qui s'est écoulée le 14 août
2026, signifie que le champ actuel de 105 regroupements est fixé pour les courses législatives et municipales.
Les implications pour des circonscriptions spécifiques sont substantielles : dans les circonscriptions où le parti
d'une figure politique locale dominante n'a pas rejoint une coalition accréditée, cette figure soit se présente au
sein d'une coalition qui n'est pas de son choix, soit est absente de la course.
Le Département de l'Artibonite et sa capitale Gonaïves représentent l'environnement le plus risqué pour le bas
du scrutin. Le déploiement de personnel sri-lankais de la FSS à Gonaïves en août 2026 rapporté par Caribbean
National Weekly reflète une reconnaissance que l'Artibonite est une zone électorale critique sur le plan
sécuritaire. L'Artibonite a historiquement été le théâtre des violences électorales les plus graves dans le cycle
post-1986 d'Haïti et est le département le plus étroitement associé à la mobilisation des gangs comme
instrument de contrôle politique. La présence de la FSS là-bas avant l'ouverture de la période de campagne est
opérationnellement significative, mais son efficacité dépendra de la posture de la force, des règles d'engagement
et de la coordination avec la Police Nationale d'Haïti des détails non confirmés dans les sources disponibles. Les
candidats législatifs dans les circonscriptions de l'Artibonite particulièrement ceux associés à des réseaux
politiques historiquement liés au patronage des groupes armés seront les figures du bas du scrutin nécessitant
une attention prioritaire des observateurs.
Port-au-Prince et le Département de l'Ouest présentent un tableau paradoxal pour le bas du scrutin. La ville et le
département sont entièrement exclus de l'inscription électorale en raison du contrôle des gangs, ce qui signifie
qu'à la date du présent rapport, aucun résident de Port-au-Prince n'est en train d'être enregistré pour voter lors
des élections qui détermineront qui les gouverne. La course à la mairie de Port-au-Prince sans doute l'élection
municipale la plus conséquente d'Haïti ne peut pas se dérouler légitimement si les résidents du Département de
l'Ouest ne peuvent pas s'inscrire et voter. Évaluation d'AYITI INTEL : une élection à la mairie de Port-au-Prince
conduite sur une liste électorale qui exclut la majeure partie de la population de la capitale serait soumise à une
délégitimation immédiate et crédible, indépendamment de l'intégrité procédurale du dépouillement lui-même.
Les acteurs de pouvoir non candidats façonnant l'environnement du bas du scrutin incluent le Premier ministre
Alix Didier Fils-Aimé, qui porte désormais la pleine responsabilité exécutive des conditions du jour du scrutin et
dont les décisions sur l'allocation des ressources, le déploiement sécuritaire et les relations avec le CEP
détermineront la faisabilité opérationnelle. Fils-Aimé gouverne sans législature le parlement est dissous depuis
September 13, 2026
janvier 2015 selon le schéma établi par Martelly et une élection réussie rétablissant une Chambre des Députés
fonctionnelle représenterait le premier corps législatif depuis plus d'une décennie. L'enjeu pour les structures de
pouvoir existantes à favoriser ou bloquer ce résultat est significatif et ne doit pas être sous-estimé. Le départ du
CPT sans avoir livré la sécurité crée un vide de responsabilité que Fils-Aimé détient désormais entièrement. De
plus, le régime de sanctions de l'UE renouvelé jusqu'au 31 juillet 2027 et les désignations OFAC continues
affectent non seulement les candidats à la présidence mais également les financiers et les opérateurs politiques
dont les ressources et les réseaux façonnent la sélection des candidats législatifs de manières qui ne sont pas
publiquement visibles dans les sources disponibles.
CONTEXTE HISTORIQUE
La prise de Gonaïves par l'Armée Cannibale de Buteur Métayer le 5 février 2004 précurseur historique
direct du paysage moderne des groupes armés en Artibonite a établi un schéma dans lequel Gonaïves
sert spécifiquement de point d'entrée pour la perturbation armée de la politique nationale. L'offensive de
Viv Ansanm sur Port-au-Prince le 29 février 2024 qui était opérationnellement supérieure à l'événement
de 2004 dans son ciblage simultané de l'aéroport, des prisons et des postes de police représente
l'itération moderne. La présence du personnel de la FSS à Gonaïves doit être comprise dans ce contexte
historique : il s'agit d'une tentative de briser le rôle de la ville comme zone de rassemblement pour la
perturbation électorale.
POINTS DE DISCUSSION :
La clôture de l'inscription électorale du 13 octobre produira une liste électorale du bas du scrutin dans le
Département de l'Ouest de zéro, à moins qu'un corridor sécuritaire ne s'ouvre avant cette date ; les missions
d'observation doivent publiquement et formellement signaler ceci comme un défaut structurel du processus avant
que la date ne soit passée, et non après. La question sécuritaire en Artibonite est opérationnellement plus
tractable que la question de Port-au-Prince, parce que les forces de la FSS sont déjà présentes à Gonaïves ; les
missions devraient pousser pour une évaluation opérationnelle publique de la FSS sur la sécurité électorale en
Artibonite avant l'ouverture de la période de campagne en octobre. Les courses du bas du scrutin dans les
circonscriptions ayant des antécédents de patronage politique lié aux groupes armés nécessitent des cadres de
surveillance ciblés distincts de l'observation législative standard ; les organisations d'observation devraient
développer des protocoles spécifiques pour les circonscriptions de l'Artibonite, du Nord-Ouest et de l'Ouest.
L'élection à la mairie de Port-au-Prince ne peut pas être organisée de manière crédible sans l'inscription du
Département de l'Ouest ; le CEP devrait être pressé de publier un calendrier public précisant quand ou si
l'inscription de la capitale s'ouvrira. La base électorale du PHTK est la plus concentrée dans les courses du bas
du scrutin particulièrement les concours de député et de maire où l'infrastructure organisationnelle locale
compte davantage que la marque nationale et son alignement informel avec d'autres regroupements sera le plus
visible et conséquent à ce niveau.
DÉCISIONS RECOMMANDÉES
Les organisations d'observation devraient immédiatement développer un protocole de surveillance spécifique
pour les soumissions de listes de candidats législatifs des circonscriptions de l'Artibonite, du Nord-Ouest et de
l'Ouest, en priorisant l'identification des candidats ayant des liens connus avec des réseaux de groupes armés.
Les ambassades devraient formellement communiquer au bureau du Premier ministre Fils-Aimé que l'absence
d'inscription électorale à Port-au-Prince est le principal obstacle de crédibilité pour l'ensemble de l'élection, et
September 13, 2026
non un détail opérationnel secondaire, et que tout soutien de légitimité post-électoral de la part des partenaires
internationaux sera conditionné à la résolution de cette lacune. Les investisseurs ayant des intérêts dans les
quartiers commerciaux de Port-au-Prince devraient intégrer le scénario de la course à la mairie et la probabilité
d'un résultat contesté ou retardé dans leur planification de continuité pour le premier trimestre 2027. Les
journalistes devraient demander au CEP la liste complète des 105 regroupements accrédités avec leurs
déclarations de couverture départementale, afin d'identifier quels regroupements ont une présence
organisationnelle dans quels départements et de cartographier l'alignement entre les listes présidentielle et
législative. Les missions et les multilatéraux devraient immédiatement demander un plan opérationnel formel
écrit au commandement de la FSS concernant le déploiement sécuritaire le jour du scrutin, avec une référence
spécifique au Département de l'Artibonite et au corridor logistique de la Baie de Port-au-Prince.
CONFIANCE
Faible confiance en raison de rapports limités ou contradictoires.
À SURVEILLER
PROCHAINES 24 À 48 HEURES
Surveiller toute annonce du CEP ou de l'exécutif concernant un protocole d'urgence pour l'inscription électorale
dans le Département de l'Ouest, ce qui serait le signal le plus positif que le processus pourrait générer. Suivre
les déclarations publiques de Peterson Pierre-Louis en amont de son entrée en fonction à la présidence du CEP
le 1er octobre son ton sur les candidats sous sanctions et l'inscription dans le Département de l'Ouest sera le
premier indicateur de la manière dont il gérera les décisions les plus politiquement sensibles du processus.
Surveiller Radio Métropole, Radio Kiskeya et AlterPresse pour toute annonce de campagne de Latortue ou
déclaration du CEP sur les critères d'éligibilité des candidats, ce qui serait un signal précoce de la manière dont
la phase de vérification d'octobre sera gérée.
CETTE SEMAINE
La clôture de la campagne d'accès aux pièces d'identité civiques de Banj Media et Centre Muse le 15 septembre
crée un écart immédiat dans le soutien à l'inscription civique ; surveiller tout programme de remplacement ou
toute initiative gouvernementale pour combler cet écart, particulièrement pour les populations de personnes
déplacées à l'intérieur du pays. Suivre les annonces de sélection de candidats au niveau des coalitions, dans la
continuité des précédents de VIKTWA et REKONSILYE ; tout regroupement achevant des sélections internes
avant l'ouverture officielle de l'enregistrement des candidatures renforce sa position de légitimité procédurale.
Surveiller tout signal de figures alignées sur le PHTK concernant un engagement informel avec des
regroupements de coalitions accrédités ; ceci sera le plus visible dans les commentaires radiophoniques et sur
les réseaux sociaux en Artibonite et dans les départements du Centre. Surveiller les réunions du Groupe des
Amis de l'OEA les derniers points de l'OEA sur Haïti dataient du 1er au 3 septembre 2026 pour tout
changement de positionnement international sur la faisabilité de la date du 13 décembre.
HORIZON STRATÉGIQUE
La voie réaliste vers un premier tour crédible le 13 décembre nécessite la résolution séquentielle de quatre
September 13, 2026
conditions interdépendantes : premièrement, un corridor sécuritaire permettant l'inscription électorale dans le
Département de l'Ouest avant ou peu après la clôture du 13 octobre, même selon un calendrier prolongé ;
deuxièmement, une transition de leadership fluide au CEP le 1er octobre qui préserve la continuité et la
crédibilité institutionnelles ; troisièmement, une phase de vérification des candidats qui applique les normes
d'intégrité du décret du 2 juin de manière cohérente y compris contre les figures sous sanctions sans quoi
l'ensemble du cadre juridique est creux ; et quatrièmement, des progrès opérationnels suffisants de la FSS pour
établir des corridors de sécurité le jour du scrutin en Artibonite et, au minimum, le corridor logistique de la Baie
de Port-au-Prince. Si l'une quelconque de ces quatre conditions échoue avant novembre, un report
supplémentaire est le résultat le plus probable qu'une élection tenue dans des conditions manifestement non
crédibles. La date d'inauguration présidentielle de février 2027 est directement dépendante d'un premier tour de
décembre 2026 ; tout délai fait cascader l'ensemble du calendrier de transition et prolonge la période de
gouvernance exécutive sans mandat élu. Le schéma historique établi en 2015 et répété à chaque cycle ultérieur
est que les élections haïtiennes produisent des protestations et des renégociations plutôt que des transferts de
pouvoir établis lorsque les conditions opérationnelles et de légitimité ne sont pas réunies avant le jour du vote, et
non après.
SOURCES PRIMAIRES
Le Nouvelliste (lenouvelliste.com) 17 novembre 2025 ; 20 mars 2026 ; 8 avril 2026 ; 21 avril 2026. Calendrier du
CEP, rapports sur l'arrêté, engagement du Canada.
Portail officiel du CEP (cephaiti.ht) Décret électoral du 2 juin 2026 ; calendrier électoral officiel ; listes
d'accréditation des partis et coalitions ; annonce du lancement de l'inscription électorale.
Gazette Haïti (gazettehaiti.com) 9 septembre 2026 ; 10 septembre 2026 ; 11 septembre 2026. Transition de
leadership du CEP ; primaire VIKTWA ; inscription électorale de Claude Joseph.
AlterPresse (alterpresse.org) Couverture continue des décrets du CEP et de la transition politique ; référencée
dans le tableau de bord de la Haiti Policy House jusqu'en septembre 2026.
Portail officiel de l'OEA (oas.org) Dates multiples en 2026 jusqu'au 3 septembre 2026. Déclarations du
Secrétaire général Ramdin ; réunions du Groupe des Amis ; avertissements sur les lacunes d'inscription.
Tableau de bord de la Haiti Policy House (haitipolicyhouse.org) Tableau de bord du processus électoral mis à
jour jusqu'en septembre 2026 ; synthèse des données sur les personnes déplacées à l'intérieur du pays ;
paysage des sanctions.
Vantbefinfo.com 22 juillet 2026. Lancement de l'inscription électorale dans neuf départements.
Haitian Times (haitiantimes.com) 7 août 2026. Controverse sur l'éligibilité du décret électoral.
Radio Télévision Caraïbes (RTVCH) 18 juin 2026 ; vers le 13 septembre 2026. Zones d'ombre du décret
électoral ; annonce des 105 regroupements accrédités.
Caribbean National Weekly (caribbeannationalweekly.com) Déploiement de personnel sri-lankais de la FSS à
Gonaïves, août 2026.
OFAC / Trésor américain (home.treasury.gov) Dossiers de désignation de Youri Latortue et Joseph Lambert en
vertu du Décret présidentiel exécutif 14059.
Portail des sanctions du gouvernement du Canada (canada.gc.ca) Liste des sanctions canadiennes mise à jour
le 12 juin 2026 ; décision de la Cour fédérale Raymond Deeb de février 2026 ; désignation de Latortue.
September 13, 2026